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 Rin Rin • La voyante à l'horloge

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conformiste ◊ du côté du ministère

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Messages : 54
Date d'inscription : 24/03/2018

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MessageSujet: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:30


 
Kim Rin Rin Tiffany
 La voyante à l’horloge

 

 

 
Pseudo
: Lau, Lys’, Mav’, Rin Rin, comme vous voulez :zad:
Âge
: Et aujourd’hui j’ai 17 plumes :elec: (ouais, toujours)
Comment as-tu connu le forum ?
Et sinon on mange quoi à midi ? :v: En me perdant sur google :v:
As-tu des remarques à faire ?  
 Franchement, la seule chose que je peux vous reprocher c’est le trop plein d’amour que vous m’avez donné :shy:
Fréquence de connexion :
 3/7 jours
un dernier mot ?  
Bouh !

 
Code:
[b]Seo Ye Ji[/b] – Rin Rin T. Kim

 
crédit gif/avatar
:  Google et moi

     

     
Carte d'identité
Prénom
: Rin Rin est son prénom coréen qui trouve pourtant sa signification dans la langue japonaise : Rin veut dire sévère, froid ou honoré. La répétition, au sens de ses parents, signifie « Sévère froid » comme pour désigner la nuit de sa naissance, même si aujourd’hui à ses oreilles il ne reflète plus que l’état de son propre cœur. A l’orphelinat, on lui en a donné un autre, Tiffany, parce qu’ils trouvaient que ça lui allait bien. Pourtant, c’est toujours le premier qu’elle donne quand on lui demande son nom, seul reste du passé.
Nom
: Kim ; l’«or », mais qui est porté par tellement de personne en Corée qu’il en perd sa valeur. Celui-la ils ont décidé de le garder, par manque d’imagination, sans doute.
Date de naissance
: Une nuit à 22 heures et 49 minutes, le 12 décembre de l’année 1959, alors que la neige commençait à peine à tomber et que le sol était gelé. C’est le jour où elle est née, dans un froid glacé et désespéré.
Nationalité
: Sud-coréenne, elle a vu le jour -où plutôt la nuit- à Busan, grande ville portuaire, mais peut-être a-t-elle d’autres origines cachées.
Statut de Sang
: Née-moldue, elle pensait, car ses parents ne lui avaient jamais parler de magie -pas qu'ils parlaient souvent. Aujourd'hui elle sait qu'elle est un sang-mêlée. Son géniteur, peut-être, était un sorcier.
Métier/Maison
: A Poudlard, c'est Poufsouffle qui l'a vue grandir. Aujourd’hui, elle vaque de-ci, de-là, à la recherche d’un quelconque rêve -puisqu’il est de coutume d’en avoir un. En attendant, elle use de sa magie pour se faire de l’argent : dans le monde moldu comme sorcier, les gens viennent la voir pour connaître leur avenir.   
Orientation sexuelle
: C’est une question à laquelle elle n’a pas vraiment réfléchie, sans doute car elle ne s’est jamais sentie attirée que par les hommes, attirance dénuée de tout autre sentiment, car l’amour a un goût d’inconnu et une odeur de rêve inatteignable.

      Un brin de magie :
Votre Epouvantard
Elle serait affolée si elle ne pouvait plus voir l’avenir, elle est effrayée à l’idée de ne pas voir ses visions se réaliser en temps et en heures, que son don puisse devenir inutile -et elle avec lui.
Votre Patronus
Elle a trop de mal à en réaliser un pour qu’il prenne réellement la forme animale qu’il devrait. Pourtant elle croit avoir un jour aperçu une masse informe avec des ailes. Un oiseau certainement. 
Votre baguette
Épine de monstre du Fleuve Blanc, qui donne à ses sorts un aspect raffiné reflétant le charme de sa propriétaire, faite d’orme, le bois de la dignité, qu’Ollivander n’a pas hésité une seconde à lui donner. Un bois qui n’entraîne presque pas d’accident et qui entre ses mains devenait aussi utile qu’un bout de bois. Lui aussi participe à la beauté caractéristique des enchantements de la coréenne. Trente centimètre tout rond, plutôt fine et flexible. En un mot : élégante.  
L'amortencia :
Ce qu’elle aime n’a pas d’odeur. Mais quand elle se penche au dessus de la potion, elle croit reconnaître l’effluve que dégageait ses parents le matin : un délicieux arôme de chocolat au lait mélangée à celle du café. Derrière, celle plus étrange de l’encre bleu. Et enfin, l’odeur désagréable de sa chambre d’orphelinat : une alliance entre la transpiration des sept autres filles de la chambrée, de l’humidité et de la cannelle.  
Particularité magique
Depuis sa naissance, la barrière entre l’autre monde et le sien est si mince qu’elle peine à discerner présent et future, réalité et paranormal. Médium, puis voyante à l’horloge comme elle aime se surnommer depuis ses 12 ans, elle est la seule, à sa connaissance, capable de prédire l’heure précise de ses visions. On peut aussi parler de son obsession pour le temps, les heures et les minutes qui passent, filent, sans ne jamais s’arrêter ; la collection inestimable de montres et horloges qui en découle. Une certaine affinité avec la magie sans baguette, parce qu’elle a mis un an à comprendre comment la sienne marchait.   


     
Caractéristiques
Caractère
:  La porte du bar à peine poussée, tous les regards s’étaient déjà retournés. En temps ordinaire, les buveurs seraient de nouveau concentrés sur leur boisson ou auraient plus simplement continué leur conversation, cependant leurs yeux restèrent figés sur la silhouette étroite de la jeune femme qui venait d’entrer. Le temps sembla s’arrêter, laissant aux habitués le loisir d’observer l’étrange aura qui se dégageait d’elle. Un mystère, c’était là la première chose qui émanait d’elle, vite suivie par une certaine dignité innée, comme si elle avait toujours porté sur son visage cette fierté sauvage, voire animale. Elle avait quelque chose de bestial dans sa manière de se déplacer, de félin plutôt, parce que c’était à pas de velours qu’elle marchait : sans un bruit, comme si elle était un fantôme, comme si elle n’existait pas. Et pourtant c’était bien un corps et non un spectre qui s’avançait sur le parquet ne craquant même pas sous le poids plume de la sorcière. Ses jambes, qu’on devinait longues et fines, balayaient avec facilité le tissus souple et délicat de sa jupe, rendant ses pas un peu plus fascinants à chaque fois. Ses bras, balançant, rendaient le tout élégant, agréable à regarder. Et même si ses épaules étaient un peu abaissées -témoins des années passées- cela rajoutait un charme imparfait à sa beauté, l’humanité qui lui manquait.
Le serveur, jusqu’alors obnubilé, pouvait enfin détailler son visage, dû de leur proximité. La première chose qui le marqua fût à n’en pas douter sa froideur, le teint de marbre qui la caractérisait les jours d’hiver. Une peau lisse et parfaite, avec pour seul point de repère le grain de beauté en bas à droite de son visage. Pas une expression ne trahissait sa pensée, pas une imperfection ne venait gâcher ce portrait irréaliste. Ses yeux, seulement, attestaient de toute la fatigue de son corps, d’un jugement certain sur le monde qui planait autour d’elle sans pour autant l’atteindre. Séduisante. Attirante. Elle semblait échapper à l’emprise du temps. Ses pupilles, qui se mélangeaient avec ses iris noirs, rendant ses yeux encore plus profonds qu’ils ne pouvaient l’être, reflétaient toute sa volonté de vivre, sa volonté d’être et d’exister au moins à travers sa discrète présence. Pas besoin d’attirer l’attention puisque les gens la remarquaient sans qu’elle n’ait besoin de s’annoncer. A cet instant, on ne voyait qu’elle, elle et ses cheveux de jais encadrant un visage mince doté d’une bouche rouge. Mais une fois partie, on l’aurait oubliée.
Soudainement, trop sans doute, sa voix résonna dans la pièce, demandant une chambre pour la nuit, puisque le bar faisait aussi office d’auberge. Les aiguilles recommencèrent à tourner, sa voix ayant l’effet inverse de sa présence, fit frissonner quiconque en entendit le timbre : grave, suave, presque sensuel. Dès lors que l’homme face à elle eu reprit ses esprits, il s’empara de la clef d’une chambre et la lui présenta. L’influence qu’elle avait sur le monde le dérangea, l’emprise de sa voix et de son charisme doux était bouleversant pour ceux en ayant fait une fois l’expérience. Toutefois, ils n’avaient pas encore eu une réelle discussion avec la jeune femme et le caractère de cette dernière pouvait aussi bien correspondre à l’aura qu’elle dégageait qu’en briser tout le charme.
Rin Rin, car tel est le prénom qu’elle donne, peut aussi bien être d’une grande sensibilité que d’une froideur extrême. Et le monde qui veut, pour parfois d’honnêtes sentiments, se rapprocher d’elle, est bien souvent accueilli de manière sauvage, voir vulgaire. Parce que la jeune coréenne aime être seule, indépendante et autonome, qu’elle l’est depuis sa plus tendre enfance, elle a beaucoup de mal à accepter que des inconnus entre dans son petit cercle privé, franchissent la ligne de bienséance. De nature solitaire, bien qu’ayant la volonté d’exister aux yeux de tous, petite bulle de contradiction, elle aime sa liberté. Libre de ses choix, de ses ambitions, libre d’être elle. En marge de la société, en connaissant pourtant bien ses règles et ses coutumes, résultat des années passées à l’observer, à l’analyser, elle s’y aventure de temps en temps, quand elle sent qu’elle doit se sociabiliser, qu’elle doit peut-être se nourrir et répondre aux besoins primaires de l’Homme. Observatrice, discrète, curieuse aussi -bien qu’elle a du mal à accepter cette part d’elle, la jeune Kim a toujours été de nature calme et patiente, une enfant sage et attentive -trop sans doute. Devant les adultes comme auprès de ses petits camarades, elle avait tendance à d’abord suscité l’intérêt avant d’être relayer au grade de la « bizarre » de la classe. Son mutisme volontaire, son introversion, encore aujourd’hui, participent à son exil social. Silencieuse, elle peut aussi bien être apaisante que gênante : tout dépend des habitudes des gens. A l’aise avec les mots, en contrôlant les ficelles, elle ne fait malheureusement que rarement des efforts en les employant. Souvent tranchante, voir blessante, favorisant des phrases courtes plutôt que des longues vident de sens, c’est un aspect qui brise régulièrement l’idée qu’on se faisait d’elle. Ses paroles directes, trop honnêtes, la rendent prétentieuse aux yeux de ce qui s’arrêteront à cette caractéristique. Toutefois, en creusant un peu, on peut s’apercevoir que Rin Rin est une personne logique, peu influençable et bienveillante.  C’est qu’elle peut être attentionnée, quand elle veut et qu’elle aime. Quoiqu’aimer est probablement un mot un peu fort. Qu’est-ce que l’amour ? Dans les livres, cela paraît être à la fois quelque chose de simple et de compliqué. On croit aimer alors que ce n’est que possessivité, on croit détester alors qu’on aime. L’amour, donc, son cœur y est devenu imperméable. Glacé, insensible à leurs yeux -ceux des autres. Consciencieuse, méticuleuse, travailleuse. Elle suit paisiblement son chemin, fait ce qu’elle doit faire.
Il y a quand même des choses pour lesquelles son cœur s’affolent : le temps qui passe, trop vite, irrattrapable, les heures qui filent, les minutes qui défilent, les secondes qui glissent. Obsession. Des horloges, des montres, si nombreuses qu’elle ne sait plus où les ranger autre part que dans son sac sans fond. Ses visions, par moment trop violentes pour qu’elle puisse le supporter. Cœur renforcé et pourtant fragile. Son don lui reste utile : il l’a sauvée de nombreuse fois, lui a appris la langue et la vie alors que ses parents ne le faisaient pas. Manques d’amour, d’éducation, comblés par ses connaissances, données par la voyance. Imitation de ce qu’elle voit, son corps se souvient de chaque mouvement, son esprit de chaque parole. Elle ne peut compter que sur son don et sa mémoire. Seules les expressions des visages restent flous à ses yeux, pas qu’elle ne sache pas les décrypter, seulement que le sien refuse de s’y prêter. Courage. Entêtement. Rin Rin sait où elle va ou ne va pas. Femme de glace, sévère, comme son nom l’indique, petite humaine qui apprend toujours la vie et qui grandit. Elle se laisse vivre, paisiblement, silencieusement, tandis que les aiguilles tournent et le monde avec elles.  
Allégeance
: Parce que ce qu’elle est passe avant tout autre chose, depuis le début, parce que c’était une évidence, elle n’a jamais prêtée allégeance qu’à ses visions. La voyance, son don, est sans doute la seule chose en quoi elle peut assurément faire confiance -parce qu’en un sens c’est ce qui l’a sauvée de nombreuse fois. Son allégeance va donc à ce qui la sauvera de la guerre. Cependant, après avoir souvent observé ses petites sœurs, silencieusement, aujourd’hui, peut-être qu’elle serait prête à beaucoup de sacrifices pour elles.   


     


Dernière édition par Rin Rin T. Kim le Dim 25 Mar - 10:13, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:31


Be strong, little girl.
The color of my hair is a shining black
My eyes are a silent black


물들어 버린 City Lights
차가워진 목소리
돌이킬 수 없어 Sorry

12 décembre de l’année 1959, 22 heures et 49 minutes
Dehors, c’était la nuit noire, pas une lumière pour éclairer le chemin des derniers passants, pas une étincelle pour venir réchauffer le cœur des habitants. Seul restait le sol gelé, les flocons qui commençaient à tomber. Dans un appartement, non loin de la mer, persistaient des cris de souffrance, des larmes de désespoir. Une mère accouchant, un homme à ses côtés ; l’enfant est né. Les sages femmes, l’une vieille, l’autre jeune, accueillirent le bébé avec un bonheur silencieux. Jolie petite fille tout juste venue au monde. « Vous voulez la prendre ? » Demanda la plus âgée au seul homme de la pièce. Le visage du dernier se fendit en un minuscule sourire blessé. Comment pouvait-il alors que l’enfant n’était pas de lui ? Son regard se porta sur la femme encore allongée. Les cheveux collés sur sa peau épaisse et douce, les larmes et la transpiration se mélangeant, le regard perdu dans le vide, anéanti et épuisé. Elle ne sentit pas la main de son mari prendre délicatement la sienne, trop perdue entre la culpabilité et le désir d’oublier. « Comment allez-vous l’appeler ? Quel rêve votre femme a-t-elle fait ?* » Continua de questionner la plus jeune. Mais pas un mot ne franchis les lèvres des nouveaux parents. Finalement, Hyun Ki se décida à lâcher sa main pour venir prendre le bébé. Dans son regard, les deux sages-femmes purent lire toute sa reconnaissance mais, pas à un seul instant il ne regarda l’enfant. Elles comprirent qu’il était temps pour elles de partir, que le mari et la mariée se débrouilleraient seuls à partir de maintenant.
En bas de l’immeuble, la plus jeune des deux finie bien par exprimer son scepticisme quant à la scène qu’elles venaient de vivre. La plus vieille répondit comme la vie le lui avait appris. « Il y a des enfants qui naissent alors qu’on a désespérément souhaité qu’ils disparaissent. » Scandalisée, la cadette répondit que si vraiment ils n’en voulaient pas, ils auraient dû faire plus attention, cependant, elle ne l’ouvrit plus du chemin lorsque la grand-mère répliqua que l’homme présent cette nuit là n’en était certainement pas le vrai papa.
Dans la chambre, He Ran était toujours disgracieusement allongée, ses deux jambes écartées, attendant patiemment qu’elle se réveille de ce qui ne pouvait être qu’un cauchemar. Hyun Ki, quant à lui, après avoir déposé le nouveau-né dans la pièce à côté, alla s’occuper de la nouvellement mère. Il la redressa dans un premier temps, avec une douceur telle qu’elle n’eut peut-être même pas remarqué qu’elle changea de position, puis il la souleva et l’amena dans la baignoire, lui enleva les tissus recouvrant son frêle corps, la lava. Une fois propre et séchée, sans un mot toujours, il l’amena dans la même pièce que sa fille et la coucha non loin d’elle. Il retourna dans la salle d’accouchement après avoir pris de quoi la nettoyer et ouvrit d’abord les fenêtres afin de faire disparaître l’odeur du sang et de la transpiration et avec elle peut-être le souvenir douloureux de sa naissance.
He Ran s’était tournée dos au lit de sa fille, se maudissant d’avoir laissé l’enfant naître. Elle avait pourtant essayer de la faire partir avant l’heure mais le destin en avait décidé autrement puisque aujourd’hui, derrière elle reposait sagement une enfant. La gamine, à peine née, s’accommodait déjà à l’absence de bruit dans la maison. La femme finit bien par se lever. Elle alla s’asseoir contre un mur et regarda difficilement l’enfant né de ses entrailles. Elle lui reconnu une trop grande ressemblance avec elle, fût déstabiliser par ses yeux qui reflétaient aussi les siens. Elle la maudit muettement, secrètement, d’avoir vu le jour. Puis se releva, s’approchant à pas de loup, de prédateur, de sa propre fille. Mais elle s’arrêta, observant cette petite chose encore innocente et qui ne savait rien de la vie. Elle resta là, devant le berceau, jusqu’à ce que son mari ne revienne.
Lorsqu’il les trouva toutes les deux, face à face, se jugeant, se découvrant, il sentit qu’il était arrivé au bon moment. Une fois à la hauteur de sa femme, celle-ci s’écroula sous le poids de la honte et de la fatigue. Il s’installa avec elle dans le lit à côté du berceau et la garda dans ses bras toute la nuit, sans bouger, sans parler. Dans leur maison, le malheur était entré ; leur fille était née.

가끔은 실수해도 돼
누구든 그랬으니까
괜찮다는 말
말뿐인 위로지만

15 décembre de l’année 1959, 6 heures et 7 minutes
L’homme déjà debout fit chauffer le lait pour le bébé avant même de prendre son petit déjeuner. Il mangea. Puis se leva sans débarrasser lorsqu’il entendit les gémissements de l’enfant. Elle ne pleurait pas, la fille de sa femme, comme si elle savait qu’au moindre bruit, tout exploserait. Elle était silencieuse, comme la maison. Hyun Ki, devant le berceau, s’arrêta et observa réellement pour la première fois l’enfant. Même encore imparfaite elle ressemblait à sa mère. Elle avait ses mêmes yeux noirs profonds, transperçant, qui observait le monde avec calme et tranquillité. Des cheveux d’un noir éclatant qui poussaient à une allure folle. Elle était fine. Elle était belle. Mais il lui manquait quelque chose pour qu’on puisse s’attendrir comme devant les autres nourrissons. Il l’a prit dans ses bras, la détaillant d’un peu plus près sans pour autant trouver ce qui clochait. Alors tout simplement il retourna dans la cuisine la nourrir, dans la salle de bain la changer, dans son lit la coucher. Au moment où l’homme dû partir travailler, il s’arrêta une nouvelle fois dans la chambre du bébé. En entrant dans la pièce, il cru un instant que la température avait chuté d’une dizaine de degrés mais le thermomètre affichait toujours 20 degrés. S’approchant du lit, de l’enfant, il comprit qu’une aura glacée l’entourait. De nouveau, il l’a pris dans ses bras, sans un mot toujours, et l’examina. « Rin Rin. » Fût ses premières paroles pour elle, d’une tendresse que lui-même ne connaissait pas. Dans un élan de culpabilité sans doute, il offrit son premier vrai cadeau à sa fille. Son prénom. Parce qu’il faudrait bien l’appeler un jour, parce qu’elle devait avoir une identité malgré le refus de sa femme à penser que l’enfant puisse exister. Sa femme qui passait des heures durant à observer ce petit phénomène sans pour autant s’en occuper. Pauvre enfant, pensa-t-il. Petite fille qui grandirait sans l’amour d’une mère et d’un père.
Les jours suivants, puis les semaines et les mois d’après, le coréen répéta les mêmes mouvements. Nourrir, laver, coucher. L’enfant survit. Le père laissa tomber : quoiqu’il eu fait, ses sentiments pour elle ne changèrent pas. Hyun Ki avait essayé de l’aimer, mais ce ne fût pas le cas.

Like a twinkle twinkle little star
저기 반짝 반짝이는 이 도시
뿌연 회색 하늘 밑 눈이 부신
잠들지 못하는 이 도시의 이 밤

4 Juin de l’année 1962
8 heures et 53 minutes. Dans le métro, confortablement assise face à Hyun Ki qui se tenait droit et fermement à la barre de fer à côté, la petite fille observait le monde autour d’elle, émerveillée, apeurée, surprise qu’on puisse autant parler, surprise qu’on puisse faire autant de bruit -et pourtant elle apprendra plus tard que les métros coréens étaient parmi les plus calmes du monde. Tout ce qu’il se passa autour d’elle, même petite fille, elle s’en rappela et l’analysa de nombreuse fois. Lors d’un changement de ligne, elle reproduisit les mêmes mouvements que la grand-mère qui s’était précédemment assise en face d’elle. Elle tapota un peu la place vide du haut de ses deux printemps avant de facilement poser ses fesses dessus même si le siège était trop haut pour pour sa taille -agile, on l’était ou pas. « C’est une enfant bien douée que vous avez là. » Les surpris un homme âgé. Rin Rin le regarda étrangement, de ses deux perçants, cherchant à décrypter ce qu’il avait dit, mais il sembla que ce n’était pas important puisque He Ran, sa mère, fit un geste lasse de sa main après que le grand-père ait, semble-t-il, posé une question. Ce fût la voix de Hyun Ki qui fini par résonner dans l’esprit de la petite brune. « Elle est un peu timide, ne lui en voulez pas si elle ne répond pas. » Son père souri, mal à l’aise, ne sachant quoi dire, quoi donner comme mensonge pour expliquer que Rin Rin ne savait toujours pas parler. Et même si elle ne comprit pas tout à ce qu'avait dit le grand homme qui s’occupait d’elle tous les jours, elle pensa que ça devait être gentil, une excuse peut-être. Elle lui attrapa le bas de sa chemise, l’incitant à baisser la tête vers elle et à son tour, sourit. Hyun Ki s’accroupit devant elle et maladroitement posa sa main sur l’épaule de sa fille adoptive. Elle se sentit soudainement fière, comme si on venait de lui donner là une preuve d’amour alors que ce n’était que la culpabilité qui avait poussé le coréen à agir de la sorte. « Pardon. » Fût la seule chose qui franchit les lèvres de l’homme depuis longtemps et elle le prit comme un "je t’aime".
12 heures et 22 minutes. Devant une grande maison, gigantesque, même, pour les yeux d’une petite fille, ils s’arrêtèrent. Une grand-mère vint accueillir chaleureusement Hyun Ki, n’offrit qu’un regard à la mère et la fille, puis les invita à entrer. Ils parlèrent tout au long du repas, si bien qu’à la fin de ce dernier, Rin Rin se souvint de quelques mots et en comprit le sens de certains autres. Kimchi*, c’était ce qu’ils avaient mangé tout au long du repas. Elle fût même invitée par la grand-mère à se joindre à elle sur le canapé à la fin de ce dernier. Elle lui parla un moment, sans qu’elle ne comprenne grand-chose, toutefois, l’enfant avait l’impression qu’elle lui disait des mots doux. He Ran, quant à elle, resta longuement assise à table, sans parler. He Ran ne parlait jamais de toutes façons, du moins pas lorsque Rin Rin était là. Parfois, elle l’entendait dans la pièce à côté de sa chambre, discuter avec Hyun Ki, quand ils étaient à la maison. Mais c’était sur les mots de la grand-mère qu’elle devait se concentrer pour peut-être espérer comprendre un peu de quoi il en retournait. Finalement, la petite eut l’impression que la vieille attendait une réponse, comme elle se penchait vers elle avec un regard insistant. Sans trop savoir quoi dire, peut-être parce qu’il n’y avait que ça qui pour elle avait un réel sens, elle laissa s’échapper, d’une voix trop rauque pour une fillette : « Rin Rin. » Les deux hommes étant peu avant revenus dans la pièce, avaient assisté à la scène. La mère se tourna vers le fils. « Tu lui as appris le japonais ? » Gêné, presque tremblant, Hyun Ki répondit. « Non, maman. Rin Rin, c’est son nom. » Et de nouveau le silence prit l’emprise sur le monde qui entourait la petite fille. Elle comprit qu’elle n’aurait pas du dire ça. Elle comprit que son prénom n’était pas la réponse. Elle comprit que ses premiers mots n’avaient servi à rien. Mais ce n’était pas de sa faute si elle ne savait dire que ça.
Comme pour échapper à la folie qui s’installait, la vieille femme l’emporta à l’extérieur. Rin Rin prit de nouveau le métro -ou le tram, elle ne sait pas trop- et toutes les deux, elles allèrent ensemble en direction de la grande cité avec toutes ses tours. Quand elles sortirent des souterrains, Rin Rin fût émerveillée par le monde, le bruit, les lumières et les couleurs, les grands immeubles, plus grands encore de la maison de ses grands-parents. Elle fût admirative de ses gens qui semblaient vivre dans le son et la musique jours et nuits. Séoul respirait la vie.
Elles rentrèrent bien trop tôt au goût de la gamine, mais elle ne s’en plaignit pas, puisque de toutes façons elle ne savait pas parler. Ils restèrent dans la grande maison une petite semaine avant qu’il ne soit l’heure de partir et en cette semaine déjà, Rin Rin, même si elle ne parlait toujours pas, comprenait quand on lui parlait -un peu mieux du moins. La petite coréenne semblait prendre vie elle aussi.

돌아가려 하는 길은 미로 뺨에
스치는 바람은 위로 두 팔을 벌리고
It Doesn't Matter I Need An Angel's Hand
Cause A Devil Kissed Me Kissed Me

11 juin de l’année 1962, 13 heures et 52 minutes.
C’était l’heure du départ, ils devaient retourner dans leur petit appartement de Busan, éloigné de Séoul, bien loin de la grande maison des grands-parents. Ça l’a rendue triste, Rin Rin, parce qu’elle aimait bien cette grand-mère et cette ville pleine d’animations. Mais ça ne brisa pas son petit cœur. Une dernière fois, elle alla jouer dans le jardin, avec le chien qui n’existait pas mais qu’elle voyait bien. Elle lui envoya plusieurs fois un bâton qui revenait à chaque fois que personne ne regardait. On lui demanda finalement d’arrêter de jouer avec son ami imaginaire et de venir se préparer. Elle l’abandonna sans comprendre la signification du mot chingu*, espérant revenir le voir d’ici peu de temps. En passant près de la porte du bureau, elle s’arrêta un instant et y jeta un rapide coup d’œil. Il n’y avait personne à l’intérieur et pourtant, en posant sa main sur l’encadrement de la porte, elle y vu soudainement deux hommes en train de discuter avant de partir comme ils étaient apparus. Elle n’y prêta pas plus d’attention et alla seulement ranger ses affaires.
En repassant un peu plus tard, devant la même pièce, elle y trouva son père et son grand-père en train de discuter. Et pour une fois, elle aurait souhaiter ne pas comprendre. « Comment peux-tu encore rester avec cette femme ? Comment peux-tu élever un enfant qui n’est pas le tien ? » En colère, effrayant même, le grand-père révéla des choses que la petite ignorait encore. Son père, ou plutôt Hyun Ki, ne fit que baisser la tête avant de sortir du bureau, s’arrêta devant Rin Rin puis continua son chemin comme si elle n’existait pas. Elle tenta de le rattraper tout de même, de glisser sa petite main dans celle de son papa mais il ne la prit pas, la laissant disgracieusement tomber. Rin Rin se retrouva seule.

너의 현실에는 내 자리가 없었어
문득 불어온 설렘 때문에
자리 잡았어 시간이 지날수록
죄여오는 세상이 무섭지만

3 septembre de l’année 1962, 8 heures et 27 minutes.
La rentrée de ses trois ans arriva trop vite. Sans qu’on ne lui expliqua comment et pourquoi, on l’eut mise avec d’autres enfants du même âge. La majorité se connaissait déjà, venant de quartiers proches, se retrouvant depuis le plus jeune âge dans des parcs pour enfant. Rin Rin n’avait jamais rien connu de tel. Rin Rin, lorsqu’elle eu l’âge de se déplacer seule, n’avait fait qu’observer les gamins jouer du haut de sa fenêtre, sans ne jamais les avoir un jour rejoint. Rin Rin, elle était pas comme les autres enfants qui ne cessaient jamais de parler et de bouger. Les maîtresses, d’abord, furent admiratives devant le calme de la petite fille avant de se rendre compte qu’elle ne se mélangeait pas aux autres enfants. Elles tentèrent de lui parler mais même si la coréenne comprenait -avec difficulté car cela faisait longtemps qu’on ne lui avait plus autant parlé- elle restait bien souvent incapable de répondre. Les adultes responsables furent alors contraintes de demander à He Ran venu la chercher -car Hyun Ki devait travailler- si sa fille n’avait pas quelques problèmes de timidité. La femme fini bien par inventer un grotesque mensonge : sa pauvre enfant était atteinte d’une maladie psychologique, il ne fallait donc pas s’étonner si elle éprouvait des difficultés à parler. La rumeur se répandit trop vite pour que qui que ce soit puisse l’arrêter s’il l’eut voulu. Rin Rin, a qui on n’avait jamais appris la langue, devint alors l’enfant handicapée d’une école maternelle de Busan.
Le douze décembre, toujours de la même année, la petite coréenne fût réveillée, comme tous les matins depuis la rentrée, par le seul homme de la maison. Sans un mot, toujours, elle se leva, se changea avec les vêtements mis à disposition et partie manger dans la cuisine. Contrairement à d’habitude, un bol de chocolat chaud l’attendait déjà et elle éprouva une certaine joie de ne pas devoir attendre que le lait finisse de chauffer. Elle s’installa, pris une tranche de brioche et la trempa dans le chocolat. Devant elle, Hyun Ki faisait les mêmes gestes. Ou plutôt c’était elle qui reproduisait les siens. Habitude, qu’elle soit bonne ou mauvaise, Rin Rin imitait ce qu’elle voyait. C’était comme ça qu’elle apprenait, comme ça qu’elle survivrait. Cependant, ce jour-là, le coréen eu un mouvement inhabituel. Il se leva, fouilla dans son sac avant d'en sortir un paquet mal fait qu’il tendit à l’enfant. Intriguée, celle-ci s’en empara doucement avant de l’examiner. « Ouvre-le. » Elle l’écouta et y découvrit un objet similaire à celui que sa mère et Hyun Ki avait de poser sur le table de chevet. Un réveil. Elle releva ses yeux vers l’homme. « Pour que tu ne sois pas en retard quand je ne pourrais pas t’amener à l’école. » Qu’il lui expliqua tendrement. Seulement, elle ne savait pas encore lire l’heure -et encore moins comment fonctionnait son réveil. « C’est ton cadeau d’anniversaire. » Anniversaire ? C’était quoi ? Un pardon de plus ? Toutefois elle ne s’en offusqua pas. C’était la première fois qu’on lui offrait autre chose qu’un mot.
La journée, elle la passa à l’école, avec les autres élèves, a observer les aiguilles tourner inlassablement. L’une des maîtresses, Min Ha, vint s’installer à côté d’elle afin de voir ce qu’elle faisait. « Tu veux apprendre à lire l’heure ? » Relevant la tête vers la plus vieille, s’interrogeant sur ce qu’était l’heure, elle finit par hocher la tête. Toutes deux, jusqu’à ce qu'il soit temps de manger, répétèrent inlassablement les heures et les minutes, laissant le temps filer tout en l'apprenant. A la fin de la journée, Rin Rin, pour la première fois de sa vie, courra sur le chemin du retour -puisqu’il avait été décidé qu’elle pouvait maintenant rentrée toute seule- afin de rattraper le temps perdu.
Son réveil, elle l’emmena partout avec elle. Si bien que les autres enfants commençaient à réellement s’interroger sur leur petite camarade. Elle était étrange. Elle ne parlait presque jamais, préférait rester à l’intérieur lors des récréations plutôt que d’aller jouer dehors. Parfois, elle les fixait d'un regard gênant, presque effrayant. Et sa nouvelle obsession du temps les dérangeait encore plus. Alors ils tentèrent de lui voler son objet, histoire de s’amuser un peu. Mais c’était comme-ci Rin Rin savait exactement qu’ils allaient faire ça, car bizarrement, même pour allée aux toilettes, la petite fille ne lâchait pas son réveil. Faut dire qu’la coréenne voyait des trucs parfois, dans sa petite tête, et qu’souvent, elle voyait la même chose un peu après, dans le monde réel. Alors dans le doute, elle préféra ne pas abandonner son cadeau, histoire qu’il ne finisse pas dans la marre à côté de l’école.
C’comme ça, cependant, que trois des autres élèves lui sont tombés dessus. Trop bizarre, trop silencieuse pour être normale, trop passionnée par les minutes qui passent et qui défilent sans ne jamais s’arrêter, trop en retard pour qu’on l’apprécie. Ils lui demandèrent l’objet, mais ils essuyèrent un non catégorique. Après tout, c’était le sien, pourquoi en aurait-il besoin ? Ils la poussèrent. Elle tomba, sans ne jamais lâcher l’objet dans ses mains. Alors ils la bousculèrent de nouveau, la frappèrent un peu jusqu’à ce qu’elle daigne enfin abandonner l’horloge. Elle s’énerva, se rua sur l’un, mordit le deuxième, sauvagement les frappa. Elle grogna presque, se défendit avec une hargne qu’elle ne se connaissait pas. L’enfant calme laissa place à l’enfant bestial. Et puis Min Ha arriva, la saisie, la disputa et pour la première fois Rin Rin pleura. C’est qu’c’était injuste. C’était eux les responsables. Mais elle ne dit rien. Parce qu’elle ne savait toujours pas correctement utiliser sa voix.
Hyun Ki dû venir la chercher, il dû s’excuser. Il ne la disputa pas plus. Le chemin du retour passa lentement, et pourtant les aiguilles tournaient toujours au même rythme. Le temps. Le temps. Elle le trouva beau, elle le trouva libre. Elle souhaita devenir le temps. Elle souhaita voir, sentir, respirer le temps. Et soudainement, dans sa tête, elle vue la voiture foncer droit sur eux tandis que la grande aiguille passait sur le 1. En traversant la rue, elle regarda l’heure, vit que la grande aiguille était sur le 9, pressa le pas pour qu’ils soient arrivés de l’autre côté avant que la voiture ne soit passée sur eux. Hyun Ki ne comprit pas tout de suite, lorsque Rin Rin attrapa sa main et le força à courir. Sur le trottoir, il entendit la voiture passée beaucoup trop vite derrière eux. Il ne s’aperçut que tardivement que la petite l’avait sauvé. S’accroupissant près d’elle, plongeant ses yeux dans les siens, il la remercia. « Gomawo.* » Merci. Le cœur de l’enfant explosa, il explosa de joie. Pour la première fois de sa vie, elle se sentit utile, elle se sentit exister. Elle ne savait pas trop comment ni pourquoi de temps en temps elle voyait des choses dans sa petite tête, mais elle était ravie que cela puisse lui servir, puisse lui donner une importance.
Avec le temps, Rin Rin appris à mieux maîtriser son don : ses visions étaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus claires, de plus en plus longues. Plus précises aussi. Il arrivait qu'en se concentrant sur quelque chose, elle aperçoive des fragments du futurs. Rien de bien exceptionnel, mais cela lui permis d’éviter les ennuies avec ses camarades, d’apprendre des mots qu’elle ne connaissait pas, d’apprendre à lire aussi, d’apprendre des choses de la vie qu’on ne lui aurait jamais appris. Ses visions, à force, devinrent quelque chose dont elle ne pouvait plus se passer, tout comme le tic-tac incessant de la petite montre offerte par Hyun Ki pour la remercier de l’avoir sauvé. Rin Rin commença a parler, parfois, pas tout le temps et Min Ha, la plus gentille des deux maîtresses, l’en félicita. Rin Rin, elle était contente, par moment.

텅 빈 회색 빛 거린 참 허전해
쓸쓸한 기분에 유리창을 열어
내민 두 손위로 떨어진 빗방울
가득 고이는 그리움 나의 맘에 흘러

Premier janvier 1963, 8 heures et 1 minutes.  
Rin Rin observait la pluie tomber sur Busan. Elle rendait la ville aussi froide et perdue qu’elle. Elle donnait un aspect sombre à la rue en bas de chez elle. Dans la vitre, la coréenne pouvait voir son visage à elle, fermé et sombre, malgré ses trois ans, malgré la quatrième année qu’elle entamait. Elle était toujours seule à l’école. Mais c’était supportable, car maintenant elle existait, au moins à ses propres yeux, la gamine. Un doux fumet de café et de chocolat chaud parvint à ses narines, la prévenant qu’il était temps pour elle de se nourrir. Discrètement, elle se rapprocha de la cuisine et y pénétra, se faisant plus petite que jamais car sa mère aussi était là et qu’elle savait, Rin Rin, elle savait que cette femme n’aimait pas la voir, la sentir. Alors juste pour elle, la petite fille éteignit dans son cœur toute volonté de vivre, d’être, jusqu’à ce que leur chemin se sépare. Dans le frigo, elle prit le lait qu’elle versa un peu maladroitement dans un bol, puis elle y versa trois cuillères de chocolat, comme Hyun Ki peu avant elle mais laissa l’homme de la maison faire chauffer le tout. C’était dangereux, elle le savait, elle l’avait vu, de laisser un enfant jouer avec le feu et c’était certainement pour ça qu’on ne lui permettait pas de le faire. Attendant patiemment que ça soit prêt, elle osa poser de petits yeux sur He Ran. Son ventre avait gonflé. Rin Rin se remémora le jour où elle avait pointé du doigt le ventre de sa mère, prononçant deux syllabes. « Agi.* » Avait-elle dit. He Ran l’avait traitée de folle.
Finalement, la mère attendait bien son deuxième enfant. Hyun Ki avait retrouvé le sourire. Hyun Ki paraissait revivre. Alors Rin Rin avait son petit cœur léger. Léger d’savoir que la maison serait peut-être plus heureuse, léger d’penser qu’elle aurait un petit être avec elle maintenant. Rassurée à l’idée de ne plus être seule, que la maison n’sera plus silencieuse. Heureuse d’avoir une petite-sœur.

알 수 있었어 널 본 순간
뭔가 특별하다는 걸
눈빛 만으로도 느껴지니까
마음이 움직이는 걸

Bo Yung
He Ran avait fini par accoucher. Bo Yung était née et au contraire de la naissance de Rin Rin, celle-ci apporta le bonheur. On la nomma Trésor Prospère, car se fût leur plus beau présent. Rin Rin ne se sentit pas plus abandonnée que d’habitude, elle était déjà devenue une petite fille assez autonome et même si des fois Hyun Ki devait s’occuper d’elle, la plus part du temps, elle se débrouillait très bien toute seule.
Bo Yung était belle, elle aussi, quoiqu’un peu moins fine que l’aînée, elle resplendissait de joie et d’amour. Elle devint rapidement la deuxième obsession de Rin Rin. Trop pure, trop belle, trop innocente. Trop tout. Et tandis qu’Hyun Ki n’était pas là pour s’occuper d’elle, c’était Rin Rin qui en prenait soin. Son rôle de grande sœur, elle l’avait à cœur. Elle passait des heures à la regarder, à l’amuser. Elle aurait voulu la changer aussi, si seulement elle avait été un peu plus grande. Bo Yung, on lui laissait même lui donner à manger, Hyun Ki surtout, comme s’il ne voulait pas priver sa fille de sa sœur. Ça la rendait heureuse, Rin Rin, d’avoir quelqu’un avec qui partager ses nuits, même si parfois elle ne dormait pas beaucoup parce que le bébé pleurait, mais il se calmait vite quand elle lui fredonnait quelque chose. Elle l’avait vu, déjà, une fois, que si elle chantait, sa petit sœur se calmerait. Et quand ça fonctionnait pas, c’était Hyun Ki qui se levait pour aller l’apaiser. He Ran, elle, elle l’aimait déjà plus que Rin Rin, mais elle s’en occupait pas tellement. Elle devenait folle, elle pensait, la grande sœur. Leur mère, elle passait ses journées à coudre, mais quand la petite coréenne se risquait à passer un œil dans la chambre des adultes, elle voyait bien qu’He Ran n’y faisait rien, observant juste dans le vide, profondément perdue dans ses pensées.
Ce qui la tortura le plus, Rin, c’était lorsqu’elle dû retourner à l’école, abandonnant Bo Yung à leur mère. Elle avait eu peur pour elle, et même après avoir rêvé qu’une fois seules, He Ran prendrait soin de sa sœur, elle ne fût pas rassurée. Bo Yung était passée devant le temps, dans l’cœur d’sa sœur. Elle pensait à elle sans arrêt, n’était rassurée que lorsqu’elle était là, avec elle. Elle lui racontait des histoires, lui parlait, d’peur qu’elle finisse en retard, elle aussi -même s’il n’y avait pas d’risque car depuis sa venue, les deux parents étaient plus bruyants. Elle tenta même d’lui apprendre à marcher rapidement, parce qu’elle espérait secrètement que d’ici peu d’temps, elles puissent aller ensemble s’amuser dans le parc pour enfant. Bo Yung née, c’était comme-ci Rin Rin l’était aussi. Elle ne comptait plus le temps passé avec elle, elle ne comptait plus les minutes qui partaient sans elles. Rin Rin aimait, seulement.

새까맣게 짙은 어둠 속
길 잃어버린 아이처럼
아무리 소리 질러봐도
아무도 듣지않는 걸

5 novembre 1963, 7 heures et 30 minutes.
Pour fêter la naissance de cette petite joie, fallait marquer l’coup, fallait changer de pays. D’abord, ils voulaient aller au Japon, parce que Hyun Ki connaissait la langue, mais c’était trop près. Trop près de la Corée, de Busan, de cet appartement qui avait vu naître la première fille. Trop près du malheur, de la souffrance d’He Ran. Ils ont finalement décidé d’aller en Angleterre, à Londres, parce qu’ils avaient tous les deux les bases en anglais. C’est comme ça qu’ils se sont retrouvés à 7 heures trente du matin, dans le froid hivernal, devant un autre appartement, dans une autre ville, un autre pays, un autre continent. Loin des grands-parents que Rin Rin n’avait plus jamais revu, que Bo Yung n’avait jamais connu. Elle apprit plus tard que les adultes s’étaient disputés, sûrement à cause de l’enfant d’He Ran, celui qui n’était pas d’Hyun Ki. Londres, Rin Rin aimait bien -moins que Séoul cependant. Elle trouvait l’architecture jolie, gothique, parfois trop… trop. Mais elle aimait bien. C’était pas la Corée, c’était sûr. Y avait pas la même histoire, pas la même langue, pas les mêmes mentalités non plus. Mais ça semblait bien. Il faisait pas beau aussi, mais ça, ça lui passait au dessus. Elle n’avait pas de préférence concernant la météo, elle s’adaptait à tout. Au final, y avait pas eu de grand changement pour elle. C’était juste blessant de penser que ses parents l’envoyaient de nouveau à l’école sans connaître la langue. Elle avait cette impression que tous les efforts fournis pour déjà apprendre le coréen n’avaient servi à rien. Mais elle était têtue, alors elle appris l’anglais. Ce fût plus facile, parce qu’y avait un fantôme, dans l’immeuble où ils habitaient, qui venait lui parler régulièrement -trop ravi que quelqu’un puisse le voir et lui faire la conversation. Alfred, il s’appelait -et s’appelle toujours. Un homme dans la quarantaine, mort d’une overdose -il croit, il est pas sûr- après que ça femme se soit barrée avec leurs gosses -qu’il lui racontait à la petite. Il employait des mots vulgaires, avait l’air souvent bourré -allez savoir comment- mais il lui tenait compagnie quand He Ran refusait de laisser Bo Yung et Rin Rin ensemble. Elle devenait de plus en plus bizarre, leur mère. Mais Rin Rin savait, elle finirait folle -elle l’était déjà de toutes façons.
L’anglais fût moins difficile à apprendre que le coréen, entre Alfred et ses camarades de classes qui lui parlaient, faisaient des efforts parce qu’ici, elle était pas handicapée, elle le comprit et le parla en moins d’un an -alors qu’il lui en fallu trois pour sa langue natale. Mais elle resta toujours un mystère pour les enfants de son âge. Y en avait bien quelques uns qui s’entêtaient à vouloir lui parler, à vouloir être ses amis. Friend qu’ils disent ici -bien différent du mot chingu*. Elle restait impassible avec ces cas là. Elle voulait pas le avoir dans les pattes, elle voulait pas non plus être dans les leur. Rin Rin, elle avait besoin de personne, de personne sauf de Bo Yung, sauf peut-être un peu de Hyun Ki aussi. De personne, mais de ses visions et du temps. Rin Rin, elle voulait être solitaire, puisque c’est la seule chose que ses parents lui avaient appris.

그 어색한 침묵
널 사랑하지 않아
너도 알고 있겠지만
눈물 흘리는 너의 모습에도 내 마음
아프지가 않아

13 juillet de l’année 1964, 13 heures et 25 minutes.
Ils venaient tout juste de finir de manger. Rin Rin aida même à débarrasser -histoire de se sentir utile, peut-être de se faire apprécier. Quand elle eut finit, elle monta voir sa petite sœur -comme l’appartement était sur deux étages. Là-haut, elle tomba sur Alfred, qu’elle salua avant d’aller dans la chambre de Bo Yung et de lui parler pendant des heures. Elle lui raconta, en coréen, ses visions, Alfred, leur maison. En anglais ensuite, elle parla de l’école, de comment il était dur pour elle par moment de tout comprendre. La plus petite lui sourit, du haut de sa première année. Rin Rin ne parlait pas beaucoup, pas souvent, elle préférait les phrases courtes aux longues, sauf quand il s’agissait de discuter avec la plus petite de la famille. Elle devait le faire, pour qu’elle apprenne vite les deux langues, pour qu’elles puissent vite se parler. Y avait des mots que la plus âgée répétait souvent. "Eonni.*", surtout. Ça lui tenait à cœur, qu’elle l’appelle grande sœur. Elle lui murmurait souvent des phrases toutes faites comme "grande sœur est là", "grande sœur te protégera". Si bien qu’inévitablement, le 13 juillet à 14 heures et 2 minutes. « Eonni. » Après ça, tout se passa très vite, trop vite. Le temps eu l’air de s’arrêter dans la pièce, Rin Rin aurait pu pleurer de joie. Mais He Ran s’avança, empoigna l’aînée, la secoua dans tous les sens, si bien que cet instant parfait se transforma en cauchemar. « Micheosseo ?* » Cria-t-elle, alertant Hyun Ki au passage, qui se précipita dans la chambre rose. A la vue de ce dernier, Rin Rin s’apaisa un peu, se retenant de sauter à la gorge de sa propre mère. Mais un bruit raisonna et elle valdingua contre les barreaux du lit de Bo Yung, sa tête heurtant le métal dur, froid. Quand elle reprit conscience, à peine quelques secondes plus tard, sa mère était écroulée dans les bras de l’homme, sa joue la lançait, gonflait et quelques gouttes de sang longeaient le long de son visage. Mais ce qui la préoccupa le plus fût Bo Yung qui pleurait. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras, lui chuchoter que tout va bien. « Gwaenchanh-a.* » Elle approcha sa main de la petite tête de sa sœur, prête à la caresser mais les cris d’He Ran l’en empêchèrent. Hurlant des "hajima*" à tout va. Son regard se porta alors sur le coréen à ses côtés qui fit un lent geste de la tête pour lui demander à son tour de ne pas la toucher. Rin Rin eu envie de disparaître. De devenir le temps et de revenir en arrière. De changer le cours des évènements. Elle aurait voulu que ses visions lui montrent ce qu’il venait de se passer pour pouvoir l’éviter. Mais d’un autre côté, Rin Rin était heureuse, fière, que le premier mot de sa sœur lui soit destiné.
Elle décida de se relever, de quitter la pièce sans un mot de plus. Elle mit ses chaussures sous le regard d’Alfred qui savait ce que la petite allait faire. « Tu ne devrais pas partir, Rin Rin. C’était seulement une erreur de sa part. Pardonne-lui. » Le pardon, yongseo, en coréen. C’était quelque chose d’abstrait pour elle, quelque chose de faux, de difficile à donner. Le pardon insinuait qu’on avait fait quelque chose de mal, qu’on regrettait, le pardon signifiait qu’on acceptait la situation, qu’on continuerait d’aimer. Mais Rin Rin n’acceptait pas, n’aimait pas. Rin Rin ne voulait plus aimer, alors elle n’aimerait plus. Malgré les efforts du fantôme pour la retenir, la coréenne ouvrit la porte et s’en alla. « Fais attention à toi. » Qu’il lâcha avant qu’elle ne referme la porte derrière elle.
Une fois dehors, seule, pour la première fois de sa vie, la coréenne se sentit libre. Elle prit le temps de s’essuyer le visage tout de même, parce que le sang commençait à sécher et que ce n’était pas agréable, puis elle entama sa découverte de la grande ville. Il faisait chaud. Elle aimait bien ça, mais il faisait lourd et elle avait l’impression que c’était comme pour refléter l’état de son cœur. Du haut de ses mêmes pas quatre ans, elle parcourrait les rues jusqu’à en oublier par quel chemin elle était passé. L’appartement devait être loin à présent, assez pour qu’elle puisse ne pas y retourner. Elle ne voulait pas de toutes façons. Personne ne l’y attendait. Pas même Bo Yung qui pleurait et qui ne comprenait pas. Pas même Hyun Ki qui n’aimait que sa femme et sa fille. Alfred peut-être mais il avait accepté son départ. « Tout va bien petite ? » C’était une écolière qui passait par là qui lui demanda. Elle était grande, elle était belle. Elle regardait la petite coréenne avec des yeux inquiets, sincères. « Oui. » Elle répondit. Parce qu’au fond, ça allait bien. Elle n’avait pas peur. Elle n’avait plus mal. Tout allait bien. « Tu es sûr ? Ta joue est toute enflée. » Elle remonta sa propre main sur sa joue, la palpant un peu, se rendant compte que par moment elle la lançait. « Oui, je suis sûr. » Et parce qu’elle n’avait pas envie de s’attarder davantage, qu’elle voulait continuer de marcher dans la ville qui s’illuminait, elle partie simplement, ne prétextant rien, marchant juste comme si elle savait où elle allait, alors qu’elle errait comme une âme en détresse.



Dernière édition par Rin Rin T. Kim le Dim 25 Mar - 12:20, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:31


And the needles turn...
Sink or swim.



눈물은 흐르질 않더라
이별이라 하는 게 대단치도 못해서
이렇게 보잘것없어서

15 juillet de l’année 1964, 8 heures et 48 minutes.
Rin Rin avait fini par retourner devant l’appartement après avoir marcher pendant presque deux jours, parce que son ventre commençait à la tirailler. Au final, elle voulait rentrer. Elle n’était pas sûr d’avoir les épaules pour rester toute sa vie dehors. Et puis, Bo Yung lui manquait. Pas Hyun Ki et He Ran, juste Bo Yung. Juste elle.
Elle toqua à la porte. Sa mère vint ouvrir, souriante. Sourire qu’elle perdu à la vue de sa première fille. Elles se contemplèrent pendant plusieurs minutes -minutes qui parurent des heures. On ne l’invita pas à rentrer, on la laissa juste sur le pallier. Et au fond elle comprit. Encore une fois on l’abandonnait. « Va-t-en. » Même pas en coréen. On lui avait dit en anglais, comme si elle était anglaise, comme si elle n’était pas venue de Corée, comme si on ne la connaissait pas.
Hyun Ki arriva à ce moment là. Elle vu qu’il voulait dire quelque chose, alors elle attendit un peu que peut-être il prenne sa défense. Mais les mots avaient toujours manqué entre eux.
De nouveau devant l’immeuble, Rin Rin avait toujours faim et pas d’argent pour se payer quoique ce soit. Mendier, elle connaissait pas. Voler non plus. Tout ce qu’elle savait faire, c’était voir et elle vu que plus tard, sans elle, sa famille serait heureuse. Bo Yung deviendrait encore plus belle. Une autre enfant serait aussi présente. Une autre petite sœur qu’elle n’aurait pas l’occasion de connaître mais qui aurait une belle vie. C’est avec ses seules pensées que Rin Rin recommença à marcher, s’éloignant de l’appartement.

넌 외로운 꽃 차갑게 얼은
눈빛 깊숙이 숨은 별빛

Premier septembre de l’année 1964, 12 heure et 30 minutes.
« Et soyez gentils avec elle. » Les autres enfants la regardaient durement. Presque aussi durement qu’elle observait elle aussi le monde. Ça faisait plus d’un mois qu’elle était dehors, Rin Rin, à survivre grâce à ses visions. Parfois, elle allait voir les gens, leur disait ce qu’y allait s’passer dans leur vie et leur demandait de l’argent. Y en avait qui lui donnait quelques pièces, parce qu’elle les avait fait rire, mais bien souvent ils se moquaient d’elle et repartaient. Pour gagner un peu d’sous, elle avait faillie vendre la petite montre qu’Hyun Ki lui avait offerte, le jour où elle l’avait sauvée. Mais c’est là qu’elle avait vu un autre gosse de la rue voler -elle sait plus trop si c’était dans sa tête ou pour de vrai d’ailleurs. Alors elle avait tenté de faire pareil. Elle s’était plutôt bien débrouillée. C’est qu’elle était agile et souple, comme un chat, adroite pour une enfant. C’était la seule chose pour laquelle elle n’avait jamais été en retard. Puis elle avait été attrapée. On l’avait emmenée au commissariat où elle n’avait rien dit. A quoi bon ? Il l’aurait ramenée chez ses parents, qui l’auraient de nouveau mise à la rue -elle l’avait vu. On lui donna une nouvelle identité, après qu’elle ait expliqué -mentit- que ses parents étaient morts en tentant d’atteindre le sol britannique. Tiffany, parce que ça sonnait bien, mais on lui laissa Kim, car fallait conserver un peu de son identité asiatique. « C’est pour si jamais t’as de la famille qui te cherche. » Elle aurait voulu leur dire que des Kim, y en avait trop pour qu’on l’eut retrouver avec ce nom, mais elle resta silencieuse, comme toujours.
Finalement ils l’avaient placée dans un orphelinat, avec d’autres gosses comme elle, abandonnés. Eux aussi, dans leur yeux, on pouvait lire qu’ils étaient pas aimés et qu’ils aimaient plus. Ça l’a rassurée. Elle a jamais été proche des filles de sa chambrée. C’était des petites pestes entre elles. Pas avec Rin Rin parce que quand qu’elles tentaient quelque chose, y avait la pluie qui se mettait à battre les vitres d’un coup, parfois c’était même le tonnerre qui grondait et quand y avait rien de tout ça, c’était la rage dans les yeux noirs de la coréenne qui les en dissuadait. Elle faisait peur, Rin Rin. Elle parlait pas, bougeait pas. A peine si elle respirait, comme si elle existait pas. Mais tout le monde la connaissait. Tout le monde la voyait quand elle rentrait dans une pièce. Les garçons bavaient devant elle aussi. Sauf quand elle était trop maigre. Y avait des fois où elle oubliait de manger parce que ses visions étaient de plus en plus présentes, de plus en plus difficiles à contrôler. Rin Rin perdait pieds.

항상 난 홀로 살아 가려고 했어,
하루하루가 솔로만의 이야기였어
나 무인도 에서도
잘만 지냈었지 벽까지 쌓으려고 했어

Un jour, en 1967, à une heure imprécise.
C’était une fois de trop qu’elle ratait le repas. Une fille de sa chambrée le lui avait fait remarquer : du haut de ses presque huit ans, elle était trop maigre. « Je sais, Merry. » Elle avait répondu. C’était rare qu’on entende sa voix, c’était rare qu’elle parle. La dénommée Merry -la plus vieille du dortoir soit dit en passant- haussa ses épaules. « C’pas que je suis inquiète, c’est juste qu’tu vas finir par crever. » Y a eu le silence pendant un petit moment, un moment où Rin Rin attendit patiemment qu’elle continua de lui parler, puisqu’elle avait l’air de lui vouloir du bien. « Tu devrais peut-être écrire, puisqu’tu parles pas. Faut faire sortir un peu tout c’que t’as en toi. » Elle n’y avait jamais pensé, Rin Rin. Déjà parce qu’elle avait jamais su écrire le coréen -à peine le lire- et ensuite parce que son niveau d’anglais était approximatif lui aussi -on leur apprenait à l’orphelinat, mais elle était pas douée pour ça. Elle avait toujours été en retard malgré ses efforts. « Tu m’apprendrais à écrire ? » C’était parti tout seul. C’était la première fois qu’elle demandait quelque chose d’ailleurs. « Bah, moi t’sais, j’fais plein d’fautes. » Merry c’est pas qu’elle voulait pas, c’était juste qu’elle avait honte. « Mais le but, c’est pas juste que ça sorte ? » Elle marquait un point la plus jeune, le but, c’était juste de poser des mots, on s’en foutait de l’orthographe. Finalement Merry a pu qu’accepter.
Les deux sont pas devenues proches pour autant, y avait juste un petit soutient qu’il n’y avait pas entre les autres enfants de la maison. Elles se sont aidées régulièrement. Y avait des petites attentions bienveillantes entres elles. Merry est devenue quelqu’un pour Rin Rin. Elle aurait plus l’appeler chingu*, elle pense. Puis Merry a été adoptée. Ils avaient l’air cool, ses nouveaux parents. Plus que ses anciens de ce qu’elle avait raconté un jour à Rin Rin. La coréenne était de nouveau toute seule, mais c’était pas grave, parce qu’elle avait un carnet et un stylo plume maintenant. Elle y notait ses visions, ce qu’il s’y passait, l’heure et la date quand elle les voyait. Son esprit devenait plus léger, elle ratait plus de repas, elle retrouvait pieds.

Don’t make me fight
더는 화나게 만들지 마

15 juin de l’année 1970, 8 heures et 15 minutes.
C’était l’heure de la distribution des lettres -pas qu’y en avait souvent. Parfois, Rin Rin en recevait de Merry. Rarement, mais parfois. Aujourd’hui devait être un jour avec, puisqu’on annonça à la brune qu’elle avait reçu quelque chose. Se levant après avoir fini son petit déjeuné, elle alla la récupérer mais fût étonnée de voir que ce n’était pas l'écriture de l'ancienne orpheline sur l’enveloppe. Intriguée, curieuse même de savoir qui avait pu lui écrire, elle ne perdit pas de temps à l’ouvrir.
Elle aurait voulu rire, si elle avait su comment faire. Une école de sorcellerie, comme si ça existait. Comme si c’était possible. Le pire c’est que cette connerie était bien faite. Mais elle la jeta au feu. C’vrai qu’elle pouvait voir l’avenir, mais de là à faire de la magie, fallait pas exagérer non plus. Pourtant, elle en reçu d’autres, des lettres l’invitant à s’inscrire à Poud-quelque-chose et ça l’énerva. Elle savait pas qui était le petit con qui s’amusait avec ça, mais si elle mettait la main dessus, il se pisserait dessus. Finalement, au bout d’un certain temps, y avait plus rien pour elle. Ça la soulagea, en un sens, parce que recevoir des lettres alerta les autres de l’orphelinat qui commençaient donc à lui poser des questions. « Ça vous regarde pas. » C’est ce qu’elle répondait mais ils étaient intrusifs et se permettaient parfois de fouiller dans ses affaires. Pas qu’elle avait des choses à cacher, juste que ça l’énervait davantage. Elle avait fini par en frapper un, d’ailleurs. Il avait eu raison de sa patience légendaire en fouillant dans le petit carnet où elle marquait ses rêves et ses visions. Une rouste dans l’œil, le garçon de trois ans son aîné avait eu un bleu pendant une semaine. De quoi le calmer un certain temps. Trop court. Beaucoup trop court.
Premier juillet de l’année 1970, 16 heures et 7 minutes. Le garçon avait voulu lui planter une fourchette dans la cuisse lors du goûter, pour se venger. Mais la coréenne était vive même si elle ne bougeait pas beaucoup et avait eu le temps d’esquiver. Elle a pas eu le temps de répliquer qu’il lui foutait à son tour son point dans la tête. Elle valsa jusqu’au hall où elle évita un nouveau coup et où elle finit par se jeter contre son adversaire. Rapide, souple, adroite. Rin Rin ne se battait pas souvent mais on sentait qu’elle maîtrisait le moindre de ses gestes. Les adultes vinrent finalement les séparer. Elle se calma vite, plus que l’autre type. Elle était pas colère, à la base, elle l’était pas maintenant non plus, en fait. Elle avait juste fait le nécessaire pour vivre, pour survivre. Pour protéger la seule chose qu’elle avait, qu’on ne pourrait lui enlever. Puis y a un homme qui s’avança un peu ; il était grand, il était vieux. Elle l’avait pas remarqué jusque là, trop concentrée à échapper aux coups et à les rendre. Il demanda un nom, pas le sien, l’autre, Tiffany. Elle s’avança quand même. Ils allèrent dans une pièce à côté, réservée aux rencontres pour les futur parents et futurs enfants. Il commença à parler, lui expliquant qu’il y avait d’autres moyens que la violence, qu’on pouvait discuter. « Vous n’êtes pas mon père. » C’est tout ce qu’elle a répliqué. Elle était pas vulgaire, pas irrespectueuse, elle venait seulement d’énoncer la vérité. Elle se serait attendu à ce qu’il soit démuni face au tranchant de ses mots -comme les autres- mais il resta aussi serein qu’elle, n’en fit pas d’histoire non plus et révéla enfin ce pourquoi il était là. « Nous t’avons envoyé plusieurs lettres déjà, mais puisqu’il était difficile de te trouver, nous ne sommes pas certains qu’elles te soient parvenues. » « Elles sont bien arrivées, c’est juste que je les ais jetées. » Y a eu un instant de silence pendant lequel les aiguilles continuaient de tourner sans les attendre. « Tu devrais t’inscrire à Poudlard, ça te permettrait d’apprendre la magie, de la maîtriser et d’éviter les ennuis. » Le fou croyait qu’elle était sorcière. Il lui parla des avantages à étudier les astres, les créatures, les sorts et les potions -le genre de truc qu’on trouve que dans les livres fantastiques. Il lui montra même un petit tour de magie devant son scepticisme. « Voir l’avenir, c’est de la magie aussi ? » Il hocha simplement la tête. Elle fronça les sourcils -première expression devant le professeur de "xillomensie" -qu’il lui avait dit. Elle réfléchit. « C’est bien, Poudlard ? » Il lui certifia que oui. Après tout pourquoi pas ? Ça pourrait pas être pire qu’ici, elle croyait. Et Poudlard, ça sonnait bien.

넌 마치 꿈인 듯이 그대로 사라져
닿을 새도 없이 네게 사로잡혀

17 juillet de l’année 1970, 10 heures et 3 minutes.
Armant Lacroix, puisque tel était -et est encore- le nom du professeur, vint la chercher à l’orphelinat. Ils devaient se rendre sur le chemin de Traverse, une rue sorcière où elle devrait faire ses courses avec la bourse qu’on lui avait transmise. Armant lui montra les endroits où acheter ses fournitures, la conseilla même sur la qualité à acheter. Il fût d’une grande aide et pour la première fois depuis Merry, la coréenne se surpris à apprécier la compagnie d’un être humain. « On peut avoir un animal de compagnie aussi. » Cela sonnait plus comme une proposition qu’une affirmation. Mais la brune fit un non de la tête. Pas question de gaspiller de l’argent. Le professeur ne releva pas : il devait avoir l’habitude du mutisme de la petite à présent qu’il avait presque passé la journée avec elle.
Vint enfin l’heure d’acheter la baguette chez Ollivander -vraisemblablement. En la voyant entrer, le vieil homme n’eut aucun doute sur la baguette qu’elle devait d’abord essayer. C’est que sur son visage était marqué une fierté, une dignité peu commune aux enfants de cet âge et dans sa marche se reflétait une délicatesse et une grâce tout aussi impressionnante. Rin Rin n’en avait sûrement pas encore pleinement conscience, mais elle fascinait par son charme naturel. Elle repartie avec en sa possession sa première et dernière baguette. Les affaires tout juste achetées furent envoyées pour la plus part à l’école, puisqu’elle n’aurait pu les amener à l’orphelinat sans éveiller les soupçons. On lui laissa sa baguette, discrètement cachée sous sa jupe et un livre d’histoire afin qu’elle s’informe un peu sur le nouveau monde dans lequel elle s’apprêtait à entrer. Et toujours sans bruit, Rin Rin dit au revoir à Armant qu’elle retrouverait très vite. C’était encore une fois une autre vie qui l’attendait, mais cette fois, elle ne l'avait pas prédit.

Loser 외톨이 센 척하는 겁쟁이
못된 양아치 거울 속에 넌
Just a loser 외톨이 상처뿐인 머저리
더러운 쓰레기 거울 속에 난 I’m a

Premier septembre de l’année, 6 heures et 45 minutes.
Levée tôt, Rin Rin vérifiait une dernière fois ses affaires. Elle portait toujours sa baguette sur elle, avait rangé son livre et la totalité de ses vêtements dans sa petite valise et placé dans une petite sacoche son réveil, un carnet, de l’encre et une plume. Discrètement, elle sortit de la chambre, faisant à peine craquer le parquet, descendit les escaliers et retrouva quelques uns des enfants les plus âgés. C’était la rentrée. Alors les plus vieux devaient aller à l’école -l’orphelinat ne donnait des cours qu’aux moins de onze ou douze ans. Il était temps pour elle de rejoindre la voie 9 3/4 que lui avait montrée le professeur Lacroix lors de leur dernière rencontre. Elle signa un petit registre, témoignant qu’elle allait partir et ne serait plus sous la responsabilité de l’établissement jusqu’à son retour. Elle referma la porte derrière elle et s'en alla. Ils ne lui manqueraient pas.
Dans le Poudlard Express, elle s’était assise dans un wagon encore vide mais fût trop rapidement rejoint à son goût par d’autres enfants. Ils voulurent lui parler. Elle resta fidèle à elle-même, ne répondant que lorsqu’il le fallait. Elle profita du voyage pour lire les livres achetés avec Armant, s’informer un peu sur ce qu’était la magie. Elle trouva ça ennuyant par moment. Intéressant à d’autre. Elle ne se sentit pas attirée par tout ça mais elle songea qu’il y avait quelque chose d’amusant à faire ce que d’autre ne pouvait faire. Les autres enfants à côté d’elle parlait de différentes maisons à l’intérieur même d’un énorme château -des premières années, comme elle. Chaque maison avait ses propres valeurs. Elle ne s’en soucia pas. Qu’elle aille dans l’une ou dans l’autre, on lui enseignerait la même chose.
C’était l’heure d’entrer dans l’immense domaine. Elle n’était pas impressionnée, pas même un peu. Elle avait fini par le voir dans ses visions, l’château. Puis même si elle l’avait pas vu, elle serait restée calme, zen, comme toujours. Au final, elle faisait tâche parmi les autres enfants qui s’émerveillaient, sourire jusqu’aux lèvres alors qu’pas même un rictus n’ornait les siennes. Le chapeau qui parle à fini par l’appeler elle, avec le mauvais prénom. Tiffany, elle aimait pas ça, mais elle s’y habituerait -ou pas parce qu’au bout d’une semaine, elle alla demander au directeur de rectifier cette erreur.
Sur la chaise, le Choixpeaux se tapait la discut’ tout seul, c’était ennuyant. C’était un peu long aussi, mais elle restait patiente. « POUFSOUFFLE ! » Qu'il lui avait hurlé dans ses oreilles. Elle s'était alors empressée de l'enlever d'elle-même et de descendre de la chaise -sous les applaudissements des jaunes et noirs et les regards médusés des autres élèves. On aurait mieux fait de l'envoyer à Serpentard. Elle s'assit à côté d'un MakeFusquelquechose, en face d'anakonda. Dans leurs yeux brillaient la fougue de la jeunesse. Rin Rin comprit qu'ils seraient les fauteurs de trouble de leur maison mais ne s'en soucia pas davantage -du moment qu'on la laisserait tranquille.
Sa première année, elle l’aima pas -t’façon elle avait décidé d’plus aimer. Mais cette année, particulièrement, elle la détesta. Elle y comprenait rien, les profs parlaient les trois quart du temps trop vite et sa baguette refusait catégoriquement de lui obéir. On lui avait que le bois lui évitait des accidents stupides, forcément, puisque rien ne sortait de ce stupide bout d’bois. Elle était d’nouveau en retard. Le temps l’obséda encore plus. Elle perdit pieds à nouveau. L’écriture n’arrangea rien cette fois-ci. Ses visions s’amplifièrent, elle ne contrôlait plus rien.

미안 미안
지켜주지 못해 미안해
잘 살길바래

Dernier jour de l’année 1970, quelques heures avant le repas.
A moitié dans les vapes, Rin Rin ne s’était jamais sentie aussi démunie, aussi impuissante qu’aujourd’hui, et elle en avait horreur. Rarement dans un tel état de léthargie, des images, des bruits affluaient continuellement dans sa tête. Des images floues, des hurlements. Du sang et des pleurs. Des yeux, terrifiés. Puis le vide. Elle venait de perdre connaissance. Elle souhaita ne jamais se réveiller car pour une fois depuis longtemps, tout était calme. Mais elle n’eut pas le choix, quand elle reprit connaissance, d’affronter encore une fois le futur.
Sans trop savoir comment, elle se retrouva devant une vieille horloge affichant 17 heures et 42 minutes. Juste à côté, un calendrier dont les jours précédents étaient barrés. C’était le 22 août de l’année 1978. Huit ans plus tard. Elle n’eut pas davantage le loisir de s’attarder sur ce qu’y l’entourait car des sorts fusaient dehors, l’alertant, l’effrayant même. Elle sortie de la maison pour y voir deux groupes bien distinct se battre avec acharnement, des corps reposés entre les combattants. Une enfant de son âge sortie à son tour de la même maison, courra jusqu’au no man’s land se jetant à corps perdu au centre de la bataille, pleine d’espoir et de folie. Rin Rin hurla pour la première fois de sa vie, tenta vainement de la rattraper mais ses jambes s’arrêtèrent nettes en voyant la pauvre enfant remuer sous les sortilèges impardonnables, sous la torture, puis tomber, mourir. Une femme vint la rattraper avant que la petite ne s’échoue sur le sol. Ses longs cheveux noirs corbeaux de la femme encadrèrent les deux corps, comme pour les protéger. Mais il était trop tard pour la petite. Rin Rin pleura, trembla, avant même de s’être reconnue avec quelques années de plus. Huit ans plus tard, dans ses bras, mourrait une enfant.
Lorsqu’elle se réveilla, elle était entourée des quelques personnes restées lors des vacances de Noël. Elle se leva sans un mot et fugua jusque dans la forêt interdite. De là, on commença à l’éviter.

사실은 난 더 바라는 게 없어 이제
심장은 뛰긴 하는 건지 무감각해 그래
사람들과의 억지스런 한마디보단
너와의 어색한 침묵이 차라리 좋아

Premier septembre de l’année 1974, lors de la cérémonie de répartition.
« Kim Bo Yung. » C’était elle. C’était son nom. Petit trésor perdu. Elle avait grandi, ce n’était plus un bébé. Une petite fille maintenant. Alliance parfaite de la douceur d’He Ran et de l’énergie d’Hyun Ki. Trop belle, trop parfaite. Mais Rin Rin préféra éteindre la flamme d’joie en elle, préservant son cœur d’une possible peine. Sa petite sœur ne savait sûrement pas qui elle était. Toutefois le cœur de la grande sœur était têtu et il dicta à ses longs doigts une simple lettre.

 


 
Petite sœur
  envoyé par Rin Rin le 3 septembre 1974 à Bo Yung

Bo Yung,

Tu ne dois pas me connaître, mais je suis ta demi-sœur. La première fille de ta mère. Tu étais toute petite quand je suis partie, alors tu ne dois pas t’en souvenir.
Comment vas-tu ?

Rin Rin.

 


C’était sûrement un peu rude. Mais il n’y avait pas besoin de plus. Et Bo Yung le comprendrait certainement vite : un mot d’elle en valait cent des autres.

장난해 장난해 하는데
나는 절대로 장난이 아닌데
뭔말이 뭔말이 필요해

30 juin 1976, 1 heure et 3 minutes.
Nus. Les deux corps se rencontrèrent, se découvrirent. Le garçon s’activa plus que la fille. Elle ne ressentait aucune envie, mais on lui avait soufflé que ce moment était intense, beau à en oublier le monde, à en oublier de penser. A en oublier ses visions qui parfois la noyaient dans de sombres cauchemars. On lui avait murmuré que c’était bon, qu’il n’y avait rien de plus exquis que de sentir la chaire d’un autre être contre sa peau. Curiosité. Elle voulait tester. Et pourtant.
« Arrête. » Sa voix faucha l’air, résonna dans le demi silence. Mais le garçon continua ses vas et viens, changeant à peine de position et de rythme. « Arrête toi tout de suite. » La voix dure, le regard noir, il finit bien par cesser tout geste, la dévisageant. « Sors. » Rin Rin ne laissait place à aucune négociation. Contrarié, il finit bien par se retirer, attendant avec un dernier espoir qu’elle dise quelque chose. Elle se leva, pas le moins du monde gênée par sa propre nudité, se rhabilla pourtant et s’avança vers la porte avant de se faire arrêter par sa première fois. « T’es sérieuse ? » Vexé, c’était la colère qui montait en lui qui avait interpellé la coréenne qui se retourna pour poser sur lui des yeux profondément glacés. « Ça ne me plaisait pas. » Elle n’aimait pas. Ça lui avait fait mal. Alors il était naturel pour elle de partir. « T’peux pas partir comme ça non plus ! » Il se leva à son tour, les sourcils froncés. Elle ne fit qu’hausser les épaules avant de sortir sans un mot de plus.

사람들이 움직이는 게 신기해
팔다리가 앞뒤로 막 움 움 움 움직이는 게
숨 크게 들이쉬면 갈비뼈
모양이 드러나는 것도



7 septembre de l’année 1977, 13 heures pile.
Une petite bridée venait de recevoir une lettre. Explosant de joie, la première chose qu’elle fit fût d’alerter Bo Yung. « Eonni ! Rin Rin m’a aussi envoyé une lettre ! » Au loin, la plus âgée de la fratrie eu un léger sourire devant le bonheur de sa plus petite sœur. Cho Hee, douce enfant à l’avenir de velours et de rose, toujours protégée et chérie. Deuxième petite sœur qu’elle aima aussi. Bien qu’un peu trop curieuse, il était parfois pesant pour Rin Rin d’être suivie partout où elle allait par la plus jeune. Elle lui portait malgré tout une tendresse certaine, à cette joyeuse enfant. A répétition, Rin Rin envoyait des hiboux à ses petites-sœurs. Jamais rien d’extraordinaire, mais assez pour prouver quelque peu son amour pour ces dernières. La dernière année à Poudlard était sans doute la plus belle pour la brune qui pouvait observer les seules personnes qu’elle s’autorisait à aimer un jour -même si le mot aimer restait toujours flou pour elle.

계속 넘어져 쓰러져 버려도
I never give it up
상처 나면 어때
잊어버리면 돼

Il y a peu
On lui donna les ASPICS avec les félicitations. Pas qu’elle ait eu de très bons résultats, seulement que peu savait qu’elle n’était pas mauvaise élève. Par la suite, elle se prit un petit studio avec l’argent récolté pendant des années. Avec un prêt aussi. Qu’elle remboursera à force de travailler. Son travail, on peut en parler. Parfois il lui arrive de postuler pour des petits jobs de vendeurs ou de serveurs -ou juste promener les chiens des voisins. Mais son vrai métier, il est en lien direct avec son don. Celui d’voir l’avenir. Elle s’est dit que ça pourrait être utile, surtout qu’elle avait assidûment suivi les cours de divination. Tarot, chiromancie, boule de cristal dans laquelle apparaissait parfois des visions, elle utilisait chacun de ces moyens afin de faire des consultations dignes de ce nom -et de son don. On la connaissait sous son nom anglais, Tiffany, histoire de garder un peu son anonymat. Elle cachait le bas de son visage dans un long colle et portait régulièrement une veste digne d’une cape de vampire.
Elle donna des consultations chez ses clients, parfois dans des cafés calmes. C’est dans dans l’un d’eux qu’elle rencontra un petit blond insupportable. Cash Lachance. « J’suis médium, moi aussi. » Qu’il lui avait sorti en prenant place devant elle, comme si c’était tout ce qu’il y avait de plus normal. « Mais j’suis pas un sorcier, moi. Toi, tu l’es ? » Impassible, la coréenne détaillait stoïquement le beau blond. Il lui avait sorti tout un petit discours comme quoi il était persuadé qu’elle était bien un être magique. Pendant au moins une bonne vingtaine de minutes, elle n’avait pas pu placer un mot -pas que ça la dérangeait, juste que c’était étrange. Elle se leva toutefois, prête à partir puisqu’elle perdait son temps. Mais il la retint. « T’veux bien m’apprendre à voir l’avenir ? » Une blague. Elle avait l’impression qu’on lui jouait une mauvaise blague. Sa première réaction fût de rouler des yeux, la rendant sûrement un peu plus humaine aux yeux de faux voyant. « Ça ne s’apprend pas. Ça se ressent. » Mais c’était le genre à insister. Il lui demanda d’lui enseigner quand même. « J’ai pas d’la monnaie sorcière par contre. » Il sembla réfléchir un instant. Et il sorti deux joints. « Mais j’ai ça. »
Ce jour là, elle n’avait pas accepté de l’aider, mais pas refusé non plus. Et qui ne dit mot consent. C’est comme ça qu’elle était devenu l’enseignante d’un moldu.

계절에 흩날려
떨어진 꽃잎은
홀로 남아 외로워
슬프도록

별들이 떠나간
하늘은 서글퍼
내리는 빗물처럼
울고만 있네

꽃들은 피고 또 지듯 보내는 마음
바람에 전해주오

첫눈이 내리면
이뤄지는 소원
그 말을 난 믿어요
간절한 소원

애달픈 나의 마음을
그대 안다면
다시 꼭 돌아오리




Lexique (les mots "*"):
 

Les traductions dans l'ordre:
 


Dernière édition par Rin Rin T. Kim le Dim 25 Mar - 14:40, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:41

Twaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa :red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red::red:
Trop heureuse de te voir :red:
Bon courage pour ta ficheeee :fan2: J'ai hâte de la liiiire :red:
Il nous faut plein de liens :fan:
Love love, je t'aime :calin:

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I was the moon and she was the sun. I was war and she was peace. I was disaster and she was beauty. I was sorrow and she was happiness. She was my salvation. I was her destuction.
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:52

MWAAAA  :red:  :red:  :red: Euh, nan, pardon TWAAAAAAAAAA  :red:  :red: :fan: :fan: :fan: :fan:
Trop heureuse de t'vois aussi (toujours) :love:
Merci :fan2: Courage, il va me falloir 2 postes pour l'histoire :ui: Elle doit être presque aussi longue que la fiche d'Happy :ui:
J'VEUX PLEIN D'LIENS :fan2:
Des bisous :calin: Yô tem ossi :love:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 16:57

:red::red::red::red:
ENFINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN :red:
dépêche toi de poster, j'en ai marre d'attendre :nop:
:sors:
Rebienvenue avec c'te bridée :ha:

_________________

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Kiss me like you wanna be loved. This feels like falling in love. We're falling in love. Settle down with me, And I'll be your safety, You'll be my lady. I was made to keep your body warm, But I'm cold as the wind blows so hold me in your arms.


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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 17:03

J'fais comme je veux :ui:
Mais puisque je suis gentille ce soir la première partie devrait être achevée :ha:
Remercy :ha:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 17:12

J'ai l'sentiment d'être le seul à savoir que dalle de Rin rin :rire::rire:
c'parfait - même si une fiche de deux postes j'pas sûre de pouvoir m'y perdre :rire::rire:

BREF. :ha:
bienvenuuuuuuuuuue avec c'nouveau personnage :ah:
bonne chance pour ta fiche du coup :zad:

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Love can make you happier than you've ever been, sadder than you've ever been, angrier than you've ever been. It can elate you and deflate you almost at the same time.



That's all about me:
 

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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 17:30

C'parce que j'en ai trop parler mais tu devais jamais être là :ha:
T'y perds pas alors, c'pas grave :zad: J'comprends :rire: Moi-même j'serais sûrement pas venue la lire :mdr:

MERCIIIII :ah:
Merci :ah: J'vais en avoir besoin pour la mise en page :ui:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 19:38

Héhé j'ai hâte de la lire au complet cette fiche ^^
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 19:42

Elle devrait être postée au complet d'ici quelques jours :zad: -si ce n'est pas ce soir :zad:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Sam 24 Mar - 22:54

Rebienvenue chouchou avec ce perso qui va en jeter :red::red:
Nous faudra un lien entre voyantes avec Jolene :32:

Courage pour la fin :love:

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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Dim 25 Mar - 1:02

CHINOOOOOOOIIIIIIIS :ha:

Bienvenue :love:

R-bienvenue plutôt :32: Tu connais la maison hein :hey:

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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Dim 25 Mar - 9:52

Marraine :love:
Merciiiiii
Évidemment qu'il nous faudra un (des) liens(s) :red:
Encore merci :love:

Muuuus :red:
ELLE EST CORÉENNE :wut:
Merci :love:
Ouais, j'connais maintenant :zad:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Dim 25 Mar - 18:51


Félicitation, tu es validé(e) !

J'ai tout lu :ha: Et c'était très agréable :love: Tu nous refais ça quand tu veux :mdr: C'est dégueulasse l'histoire avec ses parents :sorry: Et elle reprend contact avec sa dernière sœur c'est ça ?

Tu es validée, enjoy !

Bravo, tes efforts sont récompensés et tu rejoins désormais la belle communauté de Maraudeur's Era! L'équipe t'a rajouté au groupe Adulte et est curieux de voir ce que tu vas faire désormais. Maintenant que tu es des nôtres, tu peux donc librement aller ouvrir ta fiche de liens afin de recenser toutes tes relations, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Bien entendu, nous savons que tu auras de nombreuses histoires parmi nous, penses donc aussi à ouvrir ton journal de bord, et à le tenir à jour, ce qui te sera très utile pour avoir un Double-Compte plus tard. Enfin, si tu es un sorcier - ou que tu as un lien avec le monde magique - tu peux tout à faire posséder une chouette/un hibou qui délivrera mots doux et autres colis à vos destinataires. Les étudiants de Poudlard peuvent aussi - et c'est même conseillé - rejoindre un club/association pour passer le temps et s'éclater.

Une fois encore, bravo pour ta validation, et nous te disons à très vite, au détour de tes aventures! Bien entendu, si tu as la moindre question, le STAFF attend tes MPs et y répondra au plus vite .



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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   Dim 25 Mar - 19:34

Merciiiiiiiii J'suis contente si c'était agréable :love:

Je vous referais ça dans 100 ans :ui: Quand j'aurais le time et l'énergie pour gérer 4 comptes :mdr:

Ouais, j'avoue que ses parents sont pas cools :sorry:

Et oui, elle reprend contact avec la dernière de la famille :zad:

Encore merci Mus :love:
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MessageSujet: Re: Rin Rin • La voyante à l'horloge   

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Rin Rin • La voyante à l'horloge
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