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 Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]

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mangemort ◊ soldat

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MessageSujet: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Ven 17 Aoû - 17:49

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


Cela faisait un moment que l’on s’envoyait des hiboux. Je ne pouvais m’en prendre qu’avec moi-même : lorsque je m’étais souvenu que j’avais eu une petite amie, cette dernière était fiancée, elle travaillait au Ministère en tant qu’Auror et alors que j’allais essayer de m’excuser pour mon immaturité, elle partait à Poudlard en tant que professeur. Quel con !
Ca faisait un an ou deux que l’on ne s’était pas vu : son emploi du temps étant chargé par les cours et mes fonctions de tireur d’élite le jour n’aidaient pas à ce qu’on se voit régulièrement. Je doutais qu’elle veuille de toute façon et ce n’était qu’une amie. Non. Ce n’était pas une amie, c’était une connaissance. Je ne pouvais pas prétendre à plus, je n’avais pas le droit. J’avais perdu n’importe quelle étiquette avec Ravenna et je doutais pouvoir en vêtir une autre qu’ami. Il y avait tellement d’années que nous étions sortis ensemble. En y repensant, j’étais tellement mélancolique. Innocent et plein de vie, être étudiant à Poudlard était magique. J’enviais les élèves parfois. Ils ne savaient pas quelle chance ils avaient.

Assis au comptoir des Trois Balais, Rosmerta commençait à s’impatienter de ne pas me voir commander. J’étais dans mes pensées, lui parlant à peine, mais levant les yeux vers elle lorsqu’elle s’adressait à moi. Éducation oblige, je n’étais pas forcément agréable aux yeux de la tenancière, mais je restais un minimum poli. J’avais envoyé mon dernier hibou à Ravenna il y a trois jours, lui donnant rendez-vous ici à vingt-et-une heure. J’étais à la fois anxieux qu’elle me pose un lapin et nerveux. Je ne savais pas pourquoi je lui avais donné rendez-vous. Nos correspondances avaient l’air de lui convenir, tout comme moi, mais peut-être que j’étais dans une période nostalgique et que voir la belle blonde me redonnerait le coup de fouet dont j’avais besoin. Les missions du Ministère étaient assez éprouvantes ces derniers temps, mais le fait de devoir cacher ma double vie l’était encore plus. Je ne l’avais pas dit à Ravenna et je ne comptais jamais lui dire d’ailleurs. Elle n’avait pas besoin de le savoir… Tout ce qui importait, c’était que ma vengeance serait comblée. Tout n’était qu’une question de temps.

Je sursautais presque lorsque j’entendis parler à ma gauche. Ma tête se tourna rapidement et mon visage se fendit en un sourire. Le masque était posé et la soirée pouvait commencer.

« Bonsoir Ravenna, dis-je en me levant avant de jeter un coup d’œil et de voir une banquette dans un coin en retrait. Je te laisse t’installer là-bas, fis-je en tendant mon bras vers le lieu que j’avais repéré, je vais prendre quelque chose à boire. Que veux-tu ? »
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poudlard & directeur de serpentard

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Lun 27 Aoû - 12:47


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
Jusqu'à présent. Nos hiboux nous avaient suffi. Pas la peine de plus entre lui et moi. Et pourtant, je me doutais qu'un jour Adriaan me fasse cette demande. Je la redoutais autant que je l'attendais. Cela serait mentir que d'affirmer le contraire. Lui et moi avions connu l'histoire d'une année, bien que brève, elle fut suffisamment importe pour que je ne lui pardonne pas son abandon. Être avec lui, c'était goûter à la liberté, celle dont je n'avais pas le droit quand je retournais chez moi à me morfondre sur la noirceur de ces jours où je vivais avec mon père. Alors oui, lorsqu'il s'en est allé et m'a délaissé, je lui en ai voulu. Je n'étais qu'une toute jeune fille qui avait beaucoup espéré de lui. Sans doute trop, je dois l'avouer. Puis, j'ai repris le dessus comme tant de fois, j'ai pu le faire. Il faut bien reprendre sa vie en main. Tout comme il a poursuivi sa route, j'en ai fait de même de mon côté. Oubliant doucement ou peut-être, le pensais-je pour mieux l'accepter. Alistair a été un pansement pour moi puis le venin de la déception. Cependant, je n'ai pas arrêté de l'aimer même si je voulais mettre un terme à cette mascarade. Cependant, il semblerait que la vie ait décidé de nous rappeler à l'ordre à sa manière.

Je me suis formalisée à ma vie comme un être qui n'attend plus grand chose de celle-ci. Un être qui sent les tensions s'élever dans l'air, mais qui n'y prête que peu d'attention. En fait, pour tout vous avouer, j'ai déjà bien du mal à accepter certaines choses. Néanmoins, je me dois de les cacher, de rester forte et impassible. Sans doute, suis-je ennuyeuse, sans doute devenais-je sans saveur. Mais mon but n'a jamais été de plaire et pourtant, il semble que cela s'harmonise avec mon sang de vélane m'offrant plus de charme que de répulsion.

Pourquoi avais-je accepté un rendez-vous qui allait sans aucun doute me rendre nerveuse et peut-être brute dans ma façon de m'exprimer. Bien malgré moi, je dois l'avouer, mais je suis faite ainsi. Élevé par une mère voulant préserver cette once d'humanité en mes chairs tandis que mon cher père a souhaité l'éteindre et me rendre plus sombre.

Ombre et lumière joue une bataille sans merci dans mon être. Un match de quidditch qui n'a connu de début que ma naissance, mais qui ne comporte, jusqu'à présent aucune fin. C'est d'un pas pourtant, bien naturel et nonchalant que je me rends au Trois Balais. C'était le mieux pour nous, de nous retrouver en terrain neutre et pourtant, emplie de nos souvenirs. Peut-être cela nous aidera à trouver une certaine ligne de douceur dans notre futur échange. Nos retrouvailles depuis tellement longtemps. Trop pour certain, mais il vaut mieux tard que jamais.

Je n'oublie pas que nous étions jeunes. Que la vie et ces épreuves nous ont séparé nous donnant assez d'armes pour nous renforcer contre le reste. Mais que ce soit pour lui ou pour moi, il faut le dire et l'accepter surtout, nous nous serions passés de certaines de ces épreuves. Injuste à bien des égards. Peut-être qu'Adriaan et moi aurions-nous poursuivi notre histoire. Si tel est le cas, où est-ce que cela nous aurait mené ?

Peut-être que c'est bien ainsi. Je n'ai pas regretté ce que j'ai fait, ce n'est pas dans mon caractère que d'éprouver un tel sentiment. Je suis heureuse d'avoir pu connaître Alistair, même si au fond, il s'est joué de moi. Je vis avec de bons souvenirs de mon fiancé malgré ce qu'il y a pu avoir à côté. Malgré la décision que j'avais prise ce jour-à où son laboratoire a explosé. Son ambition en alchimie l'a perdu. Les grandes ambitions sont autant bénéfiques que problématiques, il faut savoir les mesurer, savoir quand on ne peut pas y prêter suite ou au contraire persévérer.

Je pousse la porte des Trois Balais croisant le regard de la tenancière. Un bref échange de regard tandis qu'un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Il disparaît aussitôt ceci dit. Voilà tellement longtemps que je n'ai pas souris, mais cela ne veut pas dire que j'en suis incapable. Peu sont les occasions où je peux le faire voilà tout.

Doucement, mes yeux se posent sur lui. Pensif et absent. Je le remarque bien. Je ne suis pas dépourvu de mon sens de la vue. Et je sais voir bien plus que la plupart des gens. Mon silence n'est pas inutile ou ennuyeux, mais pratique et instructif surtout pour moi.

« Bonsoir Adriaan. » Fis-je en m'arrêtant à côté de lui le sortant ainsi de son état de méditation. Il se lève rapidement comme si une brûlure s'était faite sentir sur sa peau.

« Bonsoir Ravenna ... Je te laisse t’installer là-bas … Je vais prendre quelque chose à boire. Que veux-tu ? »

« Une biéraubeurre s'il te plaît. » Je n'ai jamais caché ma préférence pour cette boisson. Du premier jour où je l'ai goûté, j'ai toujours pris plaisir à la commander bien que parfois, j'aime à prendre du thé.

Je le laisse partant m'installer sur la banquette en l'attendant l'observant pour tenter de découvrir les changements qui se sont déclarés en lui. Lorsqu'il revint, je fis un bref merci de la tête. Les mots me manquent après tout ce temps à être loin.

Au Ministère, nous avons échangés brièvement, quelque chose de cordial et de froid à la fois. Rancunière, je n'ai su faire d'effort à ce moment-là trouvant cela inutile et sans doute avais-je peur de blesser Alistair en parlant avec quelqu'un qui a été important pour moi.

Néanmoins, quelque chose me gêne et m'exaspère venant de lui. Pense-t-il que les choses ont autant changé ? Que j'ai autant changé ?

« Adriaan, si tu veux que cet échange soit agréable, tu dois arrêter de revêtir ce masque. » Fis-je de but en blanc pour amorcer la conversation ou plutôt poser des bases que je voudrais saine, bien que je ne suis pas du genre à prendre des pincettes. « Je trouve ça insultant que tu te forces à sourire. Ne le fait pas, si tu ne le souhaites pas. J'ai accepté de voir Adriaan et non un comédien. »


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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Dim 2 Sep - 10:59

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


Ravenna était encore plus belle que dans mes souvenirs. Le temps n’avait comme pas eu de réelle emprise sur elle. En un regard, je savais qu’elle était plus mature, de corps et sûrement de caractère, mais peut-être était-ce son côté demi-vélane qui m’induisait en erreur ? Je passais commande et, une bièraubeurre dans chaque main, je me dirigeai vers la professeur de Poudlard, déposant la première chope devant elle. Je m’installai en face d’elle, le dos droit, comme si je passais un entretien alors que pas du tout. Cela faisait parti des restes de mon éducation de sang-pur : toujours avoir le dos droit lorsque l’on se trouve en face de quelqu’un. C’était la moindre des choses, la politesse la plus élémentaire.

Mon regard se posa sur son visage, mais pour la première fois depuis très longtemps, les mots me manquaient. Parler dans nos lettres était facile, mais être face à face changeait incroyablement la perspective des choses. Je sentais à travers son regard la rancœur qu’elle avait à mon égard. Comment pouvais-je ne serait-ce qu’un seul instant lui en vouloir ? Puis, le ton de la rencontre changea du tout au tout et je ne pus que hausser les sourcils, étonné.

« Préfères-tu que je fasse la gueule ? Ca, ça serait insultant face à une belle femme. »

Je ne lâchai pas ses yeux, mais mon sourire diminua légèrement, partant dans un coin de ma bouche. Ma main droite attrapa mon verre, le levant et je l’entrechoquais avec celui de la blonde, sans rien dire, juste pour trinquer. Trinquer à quoi ? Cette rencontre ? Ce n’était pas comme si nous ne nous connaissions pas, mais il semblerait que Ravenna voyait plus de choses que je ne le pensais. J’espérais qu’elle ne voit pas tout…

« Je ne me force pas à sourire, ajoutai-je avant de boire deux gorgées de ma boisson. Je suis content d’être ici… avec toi… même si j’ai été un peu con d’avoir mis de la distance entre nous. »

Dire que je le regrettais serait hypocrite. Je ne regrettais nullement mes actes. Si c’était à faire, je le referais pour la bonne et simple raison que c’était ma sœur jumelle qui avait subi des atrocités. C’était elle qui se trouvait toujours à Sainte-Mangouste aujourd’hui et que nos parents ne s’occupaient plus. J’étais sa seule et unique famille désormais, je devais l’aider en temps et en heure, pas comme cette fameuse nuit.

Je chassais mes pensées dans un coin de mon esprit. Mes yeux s’étaient baissés sur la table et je les relevais pour croiser de nouveau le regard de Ravenna. Elle était intelligente, ce n’était plus à prouver, mais qu’est-ce qu’elle attendait de cette rencontre ?

« Dis-moi, quel est cet Adriaan que tu es venu voir ? Je le connais ? »

J’avais dit cela sur un ton désinvolte, amusé, comme si la situation était encline à plaisanter. Cependant, il fallait bien détendre un peu les choses, non ?
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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Mar 18 Sep - 13:37


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
Comment exprimer ce que je ressens au fond de moi ? Je n'en ai aucune idée, je me suis enfermée dans un cocon d'impassibilité et de froideur pour me protéger contre le monde et contre les autres. Les déceptions intenses ont sur moi de vives réactions et je ne peux pas me laisser aller stupidement. Les Osborne sont connus pour ce flegme qui leur est propre, leur intransigeance, cette froideur calculée et tellement de chose qui, au final, ne sont peut-être pas des exemples à suivre vraiment. J'ai grandi de cette façon, tout du moins avec mon père tandis que ma mère m'offrait un tableau radicalement différent. Il y a des moments où je me pose cette question : Comment a-t-elle pour être attiré par cet homme ?

J'avoue que malgré mes multiples réflexions, je ne suis parvenue à aucune réponse, qu'importe le temps que j'y ai passé à observer le ciel et les étoiles. J'envie les constellations d'être à la fois solitaire, mais aussi accompagné par ces pairs et cette couverture céleste. Je regarde Adriaan dos à moi, à commander au bar et je me rappelle de ces moments passés ensemble avant que le destin ne soit cruel pour lui, mais surtout pour sa sœur. Comment pourrais-je véritablement en vouloir de son éloignement. Les raisons étaient plus que bonnes et compréhensibles, je pense que j'en aurais fait de même. Cependant, perdre quelque chose qu'il m'offrait m'a rendu amère, blessée au plus profond de mon être et puis, je n'étais qu'une adolescente encore immature pour les histoires de cœurs. Mais on ne peut pas dire qu'en tant qu'adulte, je me sois montrée clairvoyante sur ce point.

C'est la vision de la bièraubeurre sous mon regard qui me fait sortir de mes réflexions. Et bien entendu, je ne peux m'empêcher de dire mes fonds de pensées, à défaut bien souvent, mais Adriaan doit le savoir puisque déjà adolescente, j'étais ainsi.

« Préfères-tu que je fasse la gueule ? Ca, ça serait insultant face à une belle femme. »

Je me retiens. J'ai bien failli lui dire d'être lui, cela me serait amplement suffisant. Cependant, j'ai réussi à tenir ma langue de serpent. Oui, parfois, on me définit ainsi parce que mon honnêteté peut paraître bien glaciale. Je n'y peux rien, c'est dans le sang, mon père est ainsi et je ne peux renier que je tiens certaines choses de lui.

Après qu'il ait trinqué en silence avec moi, je porte la chope à mes lèvres pour boire quelques gorgées de cette boisson qui a le don de me calmer et me rendre un peu plus aimable. Engin, en toute logique, n'est-ce pas ?

« Je ne me force pas à sourire. Je suis content d’être ici… avec toi… même si j’ai été un peu con d’avoir mis de la distance entre nous. »

« Je comprends pourquoi tu l'as fait. » Même si je ne l'ai compris que plus tard. Mais la perte de quelqu'un, c'est une épreuve affreuse, plus encore quand celle-ci se trouve à Sainte-Mangouste sans pouvoir faire la différence entre rêve et réalité. Plongée d'une folie qui est loin d'être passagère. « On a de bons souvenirs ici. À cette table. » Fis-je remarquer, parce qu'instinctivement, il m'a montré celle que nous partagions quand nous étions ensemble à Poudlard. De simples élèves rêveurs avec des projets plein la tête. C'est souvent le cas quand nous sommes jeunes. Je peux constater ce fait chez la plupart de mes élèves.

« Dis-moi, quel est cet Adriaan que tu es venu voir ? Je le connais ? »

« Tu te trompes si tu penses que je veux revoir celui que j'ai connu à Poudlard. » Fis-je un peu trop promptement. Je n'ai jamais été quelqu'un de particulièrement plongé dans le romantisme. C'est une chose qui m'était éloignée voir même interdite avec mon père. Sauf peut-être avec ma mère qui m'offrait les beautés du monde. « Je veux connaître celui que tu es devenu, c'est lui qui est en face de moi. Les années ont passé et nous avons grandi chacun de notre côté. Nos expériences bonnes et mauvaises nous ont porté plus loin sur la découverte de nos personnalités. Je veux ré-apprendre à te connaître. » Je lève à nouveau les yeux vers lui alors, que je les avais plongé sur ma bièraubeurre. « On dirait que c'est plus simple de s'écrire. On choisit ce que l'on met sans que l'on voit nos réactions. Et pourtant... J'ai pu la sentir. Ta rage et ta tristesse, celles que tu peines à contrôler par moment. » J'ose un petit sourire. « Je les connais parce qu'elles m'ont appartenu un temps. Elles vont et viennent maintenant, mais je parviens à mieux les contrôler. J'espère simplement qu'elles ne t’empoissonneront pas trop. Je sais que tu n'es pas du genre à regretter, mais viendra sans doute un jour où tu regretteras un acte commis poussé par elles. » Les yeux ancrés dans les siens, je garde mon sérieux et ce calme qui me définissent depuis tellement longtemps. « Je sais que le temps nous a séparé Adriaan, mais si tu as besoin, je suis là. En tout cas, maintenant, je le suis. »


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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Dim 23 Sep - 21:40

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


Je souris en coin. Comprenait-elle réellement ? J’en doutais. Nos pertes n’étaient pas semblables. Ma sœur jumelle était et est ma seule famille. Son ex-fiancé, l’aimait-elle vraiment ? Et même si c’était le cas, était-ce comparable à l’amour que l’on éprouve pour sa sœur ? On dit que le lien entre les jumeaux est indescriptible, fusionnel, c’est tellement loin de la vérité.

« Comprends-tu vraiment ? »

Je ne peux m’empêcher de poser cette question.
Et je prends soudainement conscience des lieux. Cette table, ce meuble -là en particulière, nous y allions lorsqu’on sortait ensemble. Ma bouche s’étira en un sourire en coin, me souvenant par flash de ces moments que nous avons passé tous les deux, que de bons souvenirs. Ravenna me parlait souvent de ses rêves et je faisais en sorte d’avoir des rêves en adéquation avec les siens, parce qu’en réalité, je ne savais pas quoi foutre de ma vie, mais je voulais rester auprès d’elle.
Ne voulant pas devenir trop mélancolique, je voulus changer de sujet, mais cela foira totalement et je pouffais à sa remarque.

« Cet Adriaan n’était qu’un petit con, répondis-je avant de prendre ma chope et de boire une gorgée. »

Et je l’étais toujours d’ailleurs. Un p’tit con. On me le disait souvent, la plupart du temps s’était des collègues qui me faisaient cette remarque, mais ce n’était pas comme si j’en avais quelque chose à faire. Ils n’avaient pas de sens de l’humour !
Je l’écoutais attentivement, mes avants-bras sur la table, croisés, retenant en quelque sorte mon buste au-dessus. Mes yeux observaient les traits de son visage, son nez, ses lèvres, ses joues et mes oreilles buvaient ses paroles. En avais-je le droit ? Avais-je réellement le droit à une nouvelle chance, avec cette femme ? Pour une obscure raison, j’avais le sentiment que je n’avais pas le droit. Je jouais aussi bien avec les Mangemorts qu’avec le Ministère. Si on récoltait la moitié des crimes que j’avais fait, que dis-je ?, un quart de mes crimes, j’écoperais de la peine maximale à Azkaban. Quel avenir avait-elle avec moi ? Aucun. Pourquoi étais-je là alors ? Qu’est-ce que je foutais ? Moi qui planifiait tout, la moindre chose, le moindre détail, de mon lever à mon coucher.
Je me noyais littéralement dans ses yeux, ces billes qui me promettaient mille et une chose. Une phrase supplémentaire et elle m’avait démasqué, brisant mon masque, mon regard surpris. Deuxième phrase et elle me mettait littéralement à genoux. Comment pouvait-elle savoir ? Que pouvais-je bien dire après un tel discours ? Elle venait de tout balayer, tous mes mots, toutes mes résolutions. Je n’avais qu’une envie : l’embrasser et lui donner tout de moi. Lui donner mes mauvais, très mauvais, côtés et les quelques qualités que j’avais gardées. Je voulais me laisser tomber à genoux, balançant cette table à l’autre bout du bar et la supplier de faire ce qu’elle voulait de moi du moment qu’elle me laisse auprès d’elle. Mon cœur se serra douloureusement et au lieu de me dire que c’était peut-être mon ex qui me faisait ressentir des émotions que j’avais oublié, je me dis que j’étais encore vivant, car je ressentais quelque chose.

« Très bien, fis-je en acquiesçant d’un signe de tête, prenant ma bière pour y boire deux grosses gorgées. C’est vrai que les lettres, c’est plus évident… mais je suis surpris que tu aies réussi à en deviner autant. »

Je m’arrêtais, tentant de trouver mes mots, observant la table quelques instants. Devais-je vraiment revenir sur Anneleen ? Je n’avais pas envie. Je voulais laisser ma sœur jumelle en dehors de ce premier rendez-vous, cette rencontre. Je me reconcentrais sur l’instant présent, éloignant mes pensées. Il fallait que je réfléchisse et trouve rapidement les mots.

« Je vais te faire une confidence alors, déclarai-je après quelques secondes, mes yeux toujours dans les siens. Je n’ai jamais eu un rencard depuis notre relation… Je ne dis pas que je n’ai rencontré personne… mais pas comme ça… »

Non, c’était le moins que l’on pouvait dire. Si j’avais un prénom, c’était peut-être le bout du monde, mais qu’est-ce qu’on en avait à foutre de toute façon ? On pouvait bien baiser la première personne sans le regretter et ce n’était pas un crime, heureusement d’ailleurs ! Et puis, je n’avais jamais fait de promesses à qui que ce soit dans ce genre de situation.

« Peux-tu m’aider ? arrivai-je finalement à prononcer. Qu’est-ce que tu veux savoir ? Tu sais déjà que je suis tireur d’élite à la baguette et je ne peux pas te parler des dossiers en cours. »

Était-ce vraiment de boulot qu’elle voulait parler ? J’en doutais, elle a dit vouloir réapprendre à se connaître. Mais comment faisait-on ? Qu’est-ce qu’on disait ? Alors que mon cerveau tournait aussi vite qu’un Vif d’Or, je tentais de détourner le sujet pour me laisser un peu plus de temps.

« Il y a des choses que tu regrettes ? »

Mauvais sujet. Je revoyais les fautes que j’avais commises… mais je ne lâchais pas et je ne fuyais pas. Je pris mon verre et bus quelques gorgées de ma boisson.

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Mer 26 Sep - 13:39


Is it a date ?  
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« Comprends-tu vraiment ? »

Pourquoi cette simple question me blessait-elle ? Je n'en montrais rien, mon visage pouvait être aussi impassible que le sien, si ce n'est plus. J'ai été élevé par un homme froid, exigeant et implacable avec qui mes relations sont désastreuses depuis que la vérité s'est faite connaître. Rien ne reste caché, c'est une chose qu'il aurait dû comprendre et j'ai toujours été une personne observatrice même si je dois avouer que mes sentiments envers Alistair m'ont complètement aveuglé. Je me suis sentie tellement stupide, égarée entre chagrin et colère.

Il est vrai que d'un côté, je ne peux pas être dans le même état d'esprit que lui. Savoir un membre de ma famille à Sainte-Mangouste perdu entre réalité et folie. Moi, j'ai perdu définitivement ma mère et mon fiancé. Mais au fond, j'estime que la douleur reste là et que nous pouvons nous comprendre lui et moi-même si la situation en est différente. Sinon, comment pourrais-je savoir ce qui traverse son esprit ou bien décrire ce regard qui se veut souriant, mais qui est au fond emplit d'une tristesse sans mesure.

« Après avoir perdu ma mère et mon fiancé. Oui, je peux comprendre. Les situations sont différentes certes, mais les sentiments restent les mêmes. » Peut-être que ma voix est plus froide que je ne l'avais voulu. Peut-être en sera-t-il surpris, mais depuis la dernière fois, j'ai énormément changé. Je ne plonge plus dans les grandes émotions et les sensibilités inutiles parce que je sais que je ne pourrais pas les contrôler.

Je ne lui en voudrais pas s'il le prenait mal. Mais depuis toujours, j'ai dû mal à m'extérioriser à cause de l'égarement dans lequel je me trouvais avec mes deux éducations différentes. L'une plus vivante et positive que l'autre. J'étais tellement mieux avec ma mère et sa petite-amie, alors qu'avec mon père, tout était sombre, être constamment sur mes gardes. Je n'ai jamais réellement raconté les maltraitances psychologiques dont j'ai été victime de sa part. Physiquement, il avait la main facile, c'est vrai, mais d'un côté, cela m'a rendu plus forte. Aujourd'hui, je peux affronter la vie par moi-même au point de lui faire face sans peur et la haine au ventre.

« Cet Adriaan n’était qu’un petit con. »

« Je ne dirais pas ça... Il a su me rendre plus vivante et heureuse. » C'est vrai qu'il a toujours su me faire rire et sourire même quand mon esprit se prêtait à la mélancolie. C'est dommage qu'il ait perdu cette part que j'affectionnais tellement. Adriaan a toujours un pouvoir que d'autres n'ont pas eu même pas Alistair. Sans doute me suis-je fourvoyée durant tout ce temps. Maintenant, que j'y pense, peut-être n'était-ce là qu'une affection illusoire que j'avais envers ce dernier. Peut-être l'a-t-il remarqué au point d'accepter cet arrangement avec mon père pour me blesser comme je le blessais. Sauf que pour ma décharge, je ne me rendais compte de rien.

Ce ne sont que des suppositions, mais cela me hante d'une certaine manière. Si c'est ce qu'il a ressenti, j'en suis désolée, mais je ne pourrais pas lui pardonner de s'être moqué de la sorte de moi. C'est la seule chose que je ne pourrais pas offrir. Le pardon... Tout comme je ne pardonne pas à ma mère d'être morte. Ce sentiment d'abandon ne m'a pas quitté avec le temps.

« Très bien. C’est vrai que les lettres, c’est plus évident… mais je suis surpris que tu aies réussi à en deviner autant. »

« Pourquoi cette surprise Adriaan ? Tu sais pourtant que j'ai toujours su observer et lire entre les lignes. » Fis-je simplement en portant la chope à mes lèvres pour me désaltérer de quelques gorgées bien mérité et qui me permettent de reprendre une certaine contenance en balayant les pensées sombres et négatives.

« Je vais te faire une confidence alors. Je n’ai jamais eu un rencard depuis notre relation… Je ne dis pas que je n’ai rencontré personne… mais pas comme ça… »

Pourquoi me raconter cela ? Je ne comprends pas. Veut-il me mettre au pied du mur. Me dire qu'il n'a pas eu de relation aussi sérieuse que j'ai pu avoir avec Alistair. Même si le mot sérieux se révèle en fond qu'une vague blague. Une fumisterie sans nom. Veut-il me rassurer ? Ou bien au contraire me blesser. Je n'en sais trop rien pour dire vrai.

« Peux-tu m’aider ? Qu’est-ce que tu veux savoir ? Tu sais déjà que je suis tireur d’élite à la baguette et je ne peux pas te parler des dossiers en cours. »

« Ton travail ne me concerne pas. Je sais que c'est délicat. Je l'ai été, il y a 5 ans à présent. Je veux juste savoir qui est l'homme qui se trouve devant si l'Adriaan de mon souvenir n'est plus. » Un sourire, léger et furtif s'inscrit sur mes lèvres. « Je veux simplement savoir qui tu es vraiment. Cette personne que tu caches aux autres. »

« Il y a des choses que tu regrettes ? »

J'ai été éduqué pour n'éprouver aucun regret et pourtant, j'en éprouve. « Comme tout à chacun, je regrette certaines choses oui. Plus que je ne le voudrais réellement. Mais je n'y peux rien parce que pour la plupart, ce ne sont pas des choses que je peux arranger. Sauf pour toi. Par le passé, je ne me suis pas suffisamment accroché à toi pour t'aider et comprendre ce revirement de situation. J'ai accepté et je me suis pliée à ta décision sans chercher à savoir le pourquoi de tout cela. Mais à présent que nous sommes face l'un à l'autre, dois-je vraiment souligner cet événement de regret ? » A nouveau, je souris avant de reprendre. « Nous avions besoin de nous éloigner et de grandir encore avant que nos routes se croisent à nouveau. Même si j'ai longuement souhaité que tout s'arrange pour toi et que tu puisses à nouveau sourire et être bien. »

Je n'ai malheureusement pas été exaucé sur ce point.


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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Mer 3 Oct - 16:57

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


« Après avoir perdu ma mère et mon fiancé. Oui, je peux comprendre. Les situations sont différentes certes, mais les sentiments restent les mêmes. »

De part cette phrase, je savais que je l’avais blessé. Je me mordis la langue, jurant intérieurement. Je réfléchissais pourtant à ce que je faisais, à ce que je disais, à chacun de mes gestes, de mes actes, et pourtant, je venais de la blesser. Ce n’était pas mon attention, ce n’était pas ce que je voulais, mais que voulais-je réellement ? Je ne le savais pas vraiment. Je savais déjà ce que je ne voulais pas, c’était déjà un bon début, non ?
Je ne voulais pas impliquer des personnes innocentes. Je ne voulais pas montrer mon double jeu. Je ne voulais pas aller en prison. Je ne voulais pas être détourné de ma vengeance. Je ne voulais pas…

« Je suis désolé, dis-je en plongeant mon regard dans le sien, lui montrant réellement que je l’étais et que je ne voulais pas. »

Un sourire en coin déforma mon visage. Quelle belle année que cette septième à Poudlard… L’apogée de notre jeunesse, de ma jeunesse, de ma joie, de mon bonheur. Une époque où ma soeur me parlait, riait, stressait, m’engueulait, me frappait. Une époque où elle était vraiment vivante. Une époque où j’étais insouscient et où être avec Ravenna était comme être sur une île déserte avec le soleil toute la journée et les problèmes à la dérive. Le fait qu’elle soit heureuse, qu’elle ait été heureuse, me fait chaud au coeur, ça me réchauffait sans que je ne puisse le contrôler. Pourquoi ? Pourquoi cela me faisait-il autant d’effet ? Ce n’était pas son côté vélane, j’avais fait la différence depuis bien longtemps…

« Oui, je sais lire entre les lignes. Mais ce n’est plus une barrière avec des trous que tu as érigé. C’est un mur en briques. »

Pouvais-je la blâmer ? Non. Et je n’étais pas en train de le faire. C’était un fait, une simple constatation et elle ne pouvait pas le nier. Je savais également qu’elle pouvait en découvrir énormément en très peu de temps et je devais être très prudent de ce qu’elle pouvait apprendre. Elle voulait apprendre à me connaître, mais je devais faire attention à lui révéler seulement les parties acceptables. Il était hors de question qu’elle prenne conscience de ce que je faisais, de mes agissements, de mon double-jeu au sein même du Ministère. Ma vengeance en serait menacée et il était hors de question qu’une telle situation se produise. Je l’appréciais énormément, je l’ai aimé comme un fou, peut-être que certains sentiments étaient toujours présents, mais je ne la laisserais pas faire. Pas cela.

Alors je lui dis que je ne sais pas comment m’y prendre avec elle, que je ne sais pas quoi lui dire, que j’ai besoin de son aide… mais je n’ai pas l’impression qu’elle m’entende. Je cachais énormément de choses, surtout en tant que tireur d’élite, mais c’était également le cas dans ma vie privée. Il y avait plusieurs Adriaan : celui du Ministère, celui qui buvait avec des potes, celui qui voulait un peu de chaleur dans son lit, celui qui possédait la marque des Ténèbres, celui qui récoltait des informations, celui qui formait des recrues, celui qui tuait. Toutes ces personnalités cohabitaient et parfois, un épais brouillard m’entourait, comme si l’une de mes personnalités prenait le dessus. La vengeance animait mon corps, je le savais, mais je n’arrivais pas à prendre conscience. Sarah me l’avait expliqué, une fois que j’étais calmé, mais je ne savais pas vraiment ce que je faisais lorsque la colère et la violence me possédaient.

J’acquiesçais à ses mots et finis ma boisson, en gardant dans ma barbe de cinq jours. Prenant une serviette, je m’essuyais la bouche, les yeux sur la table, avant de me redresser. Face à Ravenna, je ne pouvais que bien me tenir.

« Tu n’as pas à regretter, Ravenna. Tu n’es en rien responsable de ce qu’il s’est passé entre nous, je suis le seul responsable. Je t’ai occulté de ma vie et pour être honnête, je pense que c’était la meilleure chose qui te soit arrivée. »

Je voulus boire un coup, mais ma chope était visiblement vide. Je me pourléchais les lèvres, joignant mes mains pour délaisser le verre. Mes yeux remontèrent le visage de la belle blonde en face de moi.

« Néanmoins, je suis content qu’on soit là aujourd’hui, face à face, qu’on discute à nouveau. Et puis… tu sais… moi aussi j’aimerais bien connaître la Ravenna que j’ai en face de moi. Déjà qu’elle a physiquement changé, j’imagine bien qu’elle a aussi changé psychologiquement. »

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Jeu 18 Oct - 13:04


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
« Comprends-tu vraiment ? »

« Je suis désolé. »

Comment pouvais-je lui en vouloir ? Je sais ce que c'est que de penser que nous sommes seuls, enfermé dans un chagrin qui nous est insurmontable. À ce jour, je ne suis pas sortie de ces deuils consécutifs. Le premier m'a désespéré parce que ma mère était mon point d'humanité, de douceur et d'insouciance, mais j'ignorais que celui d'Alistair me serait tout autant difficile malgré le fait qu'il ait pu me mentir et me tromper aussi ouvertement. Il n'y a rien de pire que de découvrir qu'un mariage a été arrangé et que ce soit plus un intérêt pour l'autre partie alors que moi, oui, je peux l'avouer, j'ai été amoureuse. Mais était-ce bien cet homme dont je suis tombée amoureuse ou bien une facette inventée totalement pour être sûr de me conquérir. J'avoue qu'à ce jour, j'ai peine à découvrir la vérité. La mort de mon fiancé n'a fait qu'engendrer de nouvelles interrogations et je crains que la plupart me restent sans réponse.

Quand mon regard se pose sur Adriaan, je ne peux l'ignorer. Je replonge dans un temps qui m'est précieux et que j'ai envie de revivre, mais aussi de le stopper pour que rien ne change. Si j'en avais le courage peut-être, le ferais-je, ainsi, il pourra revoir sa sœur tel qu'il voudrait que celle-ci soit. Heureuse et en pleine santé. Malheureusement, il y a des choses que même des sorciers ne peuvent changer. Quand le Destin a choisi qu'une chose se produit, alors on ne peut rien y faire.

« Oui, je sais lire entre les lignes. Mais ce n’est plus une barrière avec des trous que tu as érigé. C’est un mur en briques. »

Je ne suis pas étonnée. Adriaan me connaît depuis le temps, plus que je ne l'aurais pensé en tout cas. Ce dernier sait autant lire en moi, que le contraire. Cependant, je n'ai pu empêcher de suspendre mon geste alors, que je m'apprêtais à boire une nouvelle gorgée de cette boisson dont je raffole.

« Je ne peux pas te contredire. Seule, j'ai dû apprendre à renforcer mes défenses. »

C'est un instinct de survie que lui et moi, nous connaissons que trop bien. Je souris, furtivement, malgré tout. Il semble aussi perdu et gêné que moi. Comme quoi, certaines choses n'ont pas véritablement changé. On semble être ces deux étudiants d'autrefois qui ne trouvent pas grand chose à dire durant leur rendez-vous hormis, se regarder et tenter de lire dans le silence de l'un et l'autre.

Néanmoins, je ne peux m'empêcher de partager un regret. Celui de ne pas avoir saisi les attentions véritables d'Adriaan lorsqu'il a décidé de partir et de m'oublier. Je pensais qu'il s'était lassé de moi, que ce n'était que le plaisir d'avoir séduit une demi-vélane, mais la vérité était tout autre. Plus profonde et sombre.

« Tu n’as pas à regretter, Ravenna. Tu n’es en rien responsable de ce qu’il s’est passé entre nous, je suis le seul responsable. Je t’ai occulté de ma vie et pour être honnête, je pense que c’était la meilleure chose qui te soit arrivée. »

« Sans doute. » Fis-je dans un premier temps, regardant ce verre que je tiens entre mes mains. « Le penses-tu réellement que cela ait été une bonne chose ? Être seul dans ce genre d'épreuve n'est en rien salvateur. Crois-moi. Si tu me l'avais demandé, si tu m'avais laissé le choix, je ne t'aurais pas quitté. Je t'aurais épaulé comme tu as pu le faire pour moi quand j'ai perdu ma mère. »

À l'époque, nous n'étions pas encore ensemble, on se côtoyait à peine, mais il a su me faire sourire et alléger ma peine. Un sentiment qui aujourd'hui, reprend et se fait plus vivace encore. Comme une mauvaise herbe dont on ne parvient pas à se débarrasser.

« Néanmoins, je suis content qu’on soit là aujourd’hui, face à face, qu’on discute à nouveau. Et puis… tu sais… moi aussi j’aimerais bien connaître la Ravenna que j’ai en face de moi. Déjà qu’elle a physiquement changé, j’imagine bien qu’elle a aussi changé psychologiquement. »

Je lève les yeux vers lui, un sourire se dessinant pour de bon cette fois-ci. « Plus ou moins. Mais... Comme tu l'as dit, j'ai érigé une barrière bien plus solide encore. » Je n'ai personne pour me protéger à part moi-même. Si je suis retournée à Poudlard, c'est parce que c'est le seul lieu qui, à ma connaissance, possède un pouvoir apaisant sur moi où je n'ai guère besoin de me cacher plus que je n'ai pu le faire au Ministère où je devais faire à attention où je mettais les pieds, à qui je parlais et à supporter les surveillances de mon père.

Poudlard rimait avec liberté et j'en ressens tellement le besoin.

« Je suis la seule à pouvoir me protéger à présent. »


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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Mar 20 Nov - 20:29

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


« Je ne peux pas te contredire. Seule, j'ai dû apprendre à renforcer mes défenses.
- C’est une chose que tu ne peux faire que seule, en effet. »


J’approuvais, mais ce n’était pas nécessaire. C’était tellement évident que ma réponse était risible. Je finis cul-sec ma bièraubeurre, appréciant le goût fin de l’alcool mélangé au sucre et au gras. Cette boisson portait bien son nom après tout.
Pour en revenir à Ravenna, je trouvais ça étonnant, avec quelque part une pointe de comique : nous nous étions éloignés et nous avions vécus les mêmes choses. Pourtant, nous n’étions pas semblables. La sorcière en face de moi était une bonne personne, gentille, douce, franche, intransigeante aussi. Je l’imaginais sévère avec ses élèves, mais juste. Je n’étais pas comme elle. J’avais mal tourné. Perdu dans mes pensées, je ne remarquais même pas mon sourire en coin face à cette constatation : elle était allée à Serpentard, j’étais chez Gryffondor, elle avait réussi et n’était pas tombée dans la noirceur des ténèbres, j’avais changé mon fusil d’épaule et j’étais aussi vicieux qu’un serpent. Le Choixpeau avait vraiment dû boire trop de whisky Pur Feu ce soir-là pour se tromper à ce point.

J’essayais de la rassurer, de la soulager d’un poids, de faire une bonne action - la seule de ma journée sans doute. Je ne savais pas si mes mots la touchaient, mais j’espérais vraiment. J’espérais pouvoir lui montrer qu’elle était la personne qui avait illuminé ma vie et qui, d’une certaine façon, le faisait toujours. Ravenna était mon étoile.
Même si elle regardait son verre, ma main droite approcha la sienne, posée sur le récipient. Délicatement, du bout de mes doigts, je touchais sa peau, me brûlant presque. J’avais l’impression de commettre un impair, de faire quelque chose d’interdit et dans un sens, ça me poussait à continuer. Je surveillai tout de même sa réaction, appuyant un peu plus mon toucher puis, délicatement, j’attrapai sa main dans ma mienne, la serrant légèrement. Geste réconfortant, mais extrêmement maladroit.

« Je ne suis pas prêt à tout te dire ce soir, lui confiai-je en observant son visage, et oui, je suis d’accord, j’aurais dû te laisser le choix. Mais je pense que je t’aurais encore plus perdu et sans jamais te retrouver cette fois-ci. »

C’était bien mystérieux. Néanmoins, je me comprenais : si Ravenna avait été à mes côtés, elle aurait vu un jour ou l’autre la marque des Ténèbres sur ma jambe gauche au niveau du tibia, elle aurait compris que je ne me déplaçais pas que pour des enquêtes, elle aurait compris que je jouais sur les deux fronts. Je l’aurais mise en danger bien plus vite que cela et peut-être même qu’elle aurait perdu la vie. Je m’en serais éternellement voulu.

« Je suis la seule à pouvoir me protéger à présent. »

J’acquiesçai. Il était inutile d’ajouter quoique ce soit. On pouvait croire qu’elle disait ça avec tristesse, mais je voyais cela comme une force extraordinaire. Personne ne protégeait une tierce personne. La meilleure défense que l’on pouvait avoir, c’était notre propre défense, nos barrières personnelles, car il n’y avait que nous qui pouvions nous protéger réellement. Je souris en coin - m’en rendant compte cette fois-ci. Le Ministère disait qu’il faisait en sorte de protéger les sorciers menacés, mais c’étaient des conneries ! Il ne pouvait pas. Il était incapable d’anticiper la moindre attaque des Mangemorts.

« Je pensais me reprendre une bièraubeurre. Je t’en prends une ? demandai-je avec un sourire légèrement pincé. »

Je me levai une fois qu’elle me répondit et me dirigeai vers le bar. Je passai ma commande, m’appuyant sur le bois du bar, les yeux dans le vague. Je devais profiter du moment. Vraiment. Réellement. J’avais entendu la venue d’Eurus chez les partisans de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Nous ne nous étions pas encore croisés, mais dès que cela se ferait - et ce n’était qu’une question de temps - j’allais probablement être en cavale. Je ne pouvais pas demander quoique ce soit à Ravenna, elle était professeur à Poudlard. Je ne devais pas lui faire défaut et je n’avais pas le droit de lui demander asile.
Je payai et pris ma commande, retournant à la table.

« Ca te dit d’aller danser ? lui demandai-je à peine assis, me mordillant la lèvre inférieure, j’avais parlé avant même de réfléchir deux minutes à mes mots - d’où venait ce courage ? »

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Jeu 22 Nov - 11:41


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
- C’est une chose que tu ne peux faire que seule, en effet.

C'est ce que j'ai toujours fait. Une chose que je voudrais lui dire, mais je crains qu'il vienne à le prendre mal et qu'il comprenne que malgré mes sentiments quand nous étions ensemble, je suis toujours restée sur mes gardes. A tort ou à raison, je ne sais pas pourquoi j'ai continué de le fréquenter en sachant cela tout comme je l'ai fait avec Alistair. Sans doute, parce que les paroles de ma mère me hantent encore aujourd'hui.

On ne peut pas tout faire seule. Il faut savoir ouvrir son cœur et avoir confiance.

On ne peut pas dire que mon éducation ait été typique, loin de la même. Partagé entre Hadès et Déméter, le mode d'emploi pour élever un enfant était loin d'être le même. Entre lumière et ténèbres, j'ai été partagé. Me voilà à devoir me battre plus fort que la plupart des gens contre deux aspects de ma personnalité que j'ai dû mal à saisir parfois. Pourquoi suis-je si tendre ? Pourquoi suis-je si odieuse ? Certains peuvent en connaître les réponses de leur comportement, mais pas moi. On ne m'a pas réellement appris ce genre de chose, uniquement comment me conduire sans me dire pourquoi il le fallait.

Faire le bien ou le mal. J'en sais rien, pour moi, ce sont deux choses qui se distinguent l'une de l'autre et qui trouve son droit d'existence dans ce monde qui est partagé entre ces deux dernières. Mangemorts ou Ministère, j'avoue que je l'ignore. Dans un certain état d'esprit, je pourrais partir à la dérive pour l'un ou l'autre. C'est sans doute pour cela que j'aime tant Poudlard et sa neutralité. Enfin, pour le moment, il viendra un jour où ce terme n'aura plus de sens pour plus personne.

Perdue dans mes pensées, je me suis détachée du monde alors que mon regard est dirigé vers mon verre comme si le liquide qui y est contenu pourrait m'offrir une réponse. Mais c'est la main hésitante d'Adriaan qui me replonge dans la réalité. J'y retrouve le touché d'un jeune homme qui ne sait pas comment se conduire avec la demoiselle qui ne le laisse pas indifférente. Doucement, alors, mon regard se relève vers lui. Je pourrais presque le voir rougissant et hésitant.

- Je ne suis pas prêt à tout te dire ce soir et oui, je suis d’accord, j’aurais dû te laisser le choix. Mais je pense que je t’aurais encore plus perdu et sans jamais te retrouver cette fois-ci.  

« Tu en as l'air convaincu. » Fis-je dans un premier temps alors, qu'à mon tour, je sers sa main sans savoir pourquoi. Ai-je peur de le voir partir comme quand j'ai compris qu'il ne reviendrait plus vers moi. « Pourquoi vends-tu toujours la peau de l'ours avant de l'avoir tué. »

Ce n'était pas une question, une simple constatation tout au plus. Cependant, au fond de moi, je le remercie d'être parti, cela m'a permis de vivre d'autres expériences, pas des plus heureuses sans doute, mais que j'ai considéré au fil du temps comme nécessaire pour me renforcer et grandir un peu plus. Pour lui sans doute que l'expérience n'a pas été des plus positives avec ce que la vie lui a retiré, j'ignore ce qu'il advenu de lui. Il me cache tellement de chose que je pourrais prendre ça comme une insulte, mais je n'en fais rien. Si je me montre trop pressante, il va se braquer et s'en aller.

- Je pensais me reprendre une bièraubeurre. Je t’en prends une ?

Être autant égaré dans mes pensées ne m'est plus arrivé depuis très longtemps. On dirait qu'Adriaan a un pouvoir sur moi que je ne m'explique pas. Ai-je seulement envie de le comprendre ? Je ne pense pas parce que je crains de comprendre pourquoi je me sentais encore comme l'adolescente d'autrefois. Celle à la fois perdue et éperdue.

« Oui, je veux bien, merci. »

Je le regarde s'éloigner et je n'arrive pas à le nier. Sa présence ne me rend pas aussi indifférente que j'aurais pu le croire avant de venir ici et de croiser ce regard. Il est tellement perdu, j'ai l'impression de faire face à un enfant qui n'arrive plus à saisir le sens de la vie, mais surtout de sa propre existence. Remettant même en cause sa place dans un monde qui parfois, dépasse bien des gens. Même moi, il m'arrive de me sentir dépasser sans savoir où je dois me diriger pour retrouver ne serait-ce qu'un petit sentiment de sérénité.

- Ça te dit d’aller danser ?

Prenant ma pinte, je fixe un regard quelque peu étonné sur lui. Venait-il de me proposer de danser ? Réellement ? De simplement parler, il est venu à désirer autre chose. Regrette-t-il le dernier bal où nous avons été ensemble lui et moi, enlacé l'un contre l'autre jusqu'à nous embrasser. Je mentirais si je disais que je ne m'en souviens pas. Parce que c'est faux. Je me rappelle de chaque détail de cette soirée et de tous les autres. Plus qu'avec ce que j'ai pu vivre Alistair. Plus les minutes s'égrènent et plus j'ai la sensation qu'Alistair était un ersatz d'Adriaan. Suis-je tellement mauvaise comme femme ? Est-ce que je ne suis capable que de cela ?

Je prends le temps de boire une gorgée de la bièraubeurre avant de lui répondre. « Si tu connais un endroit sympa où aller, alors pourquoi pas. » Fis-je finalement après quelques secondes de silence. Cela me fait rire intérieurement en imaginant le stress qu'il a pu ressentir.

« Je ne l'aurais pas épousé. » Pourquoi je dis ça ? Pourquoi avais-je envie qu'il sache ce pan-là de cette foutue histoire. « Ce n'était qu'un jeu entre mon père et lui. » Je bois un peu de ma boisson comme si ça suffirait à m'apaiser. « Me séduire pour je ne sais quelle raison. Mon père a dû songer que si je devais être avec quelqu'un, c'était mieux que ce soit quelqu'un qui a les mêmes visions du monde que lui, quelqu'un qui pourrait me manipuler sans mal. » De mon index, je dessine un cercle sur la table. « À croire que je sois que cela. Quelqu'un qu'on manipule en oubliant que je suis un être avec des sentiments et des émotions, même si, je ne les montre pas... Mais le terme le plus juste serait, que je ne les montre plus. » Je lève mes yeux vers Adriaan. « Qu'en penses-tu toi... T'as toujours su voir une part de moi que je ne voyais pas. »



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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Jeu 22 Nov - 21:26

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« Je ne suis pas prêt à tout te dire ce soir et oui, je suis d’accord, j’aurais dû te laisser le choix. Mais je pense que je t’aurais encore plus perdu et sans jamais te retrouver cette fois-ci.
- Tu en as l'air convaincu
, fit-elle en me serrant la main.
- Et même persuadé, ajoutai-je en lui adressant un sourire en coin, mi-charmeur, mi-chaleureux. »

J’entendais mon cœur battre dans mes tympans aussi vivement que je le sentais dans ma poitrine. Je ne comprenais pas pourquoi, mais j’étais content qu’elle accepte ce simple contact. J’avais perdu ce côté séduction, même si j’aimais faire croire le contraire au boulot, draguant maladroitement les sorcières qui croisaient ma route, sans être sérieux - et elles le savaient. Là, c’était différent. C’était Ravenna. Rien que ce constat, cela changeait tout et ce n’était pas comparable. Je sentais mon corps se réchauffer, d’une chaleur qui n’était nullement due à l’alcool, qui venait de mon palpitant, cet organe que je sentais vibrer comme jamais. Je n’étais pas un sain, loin de là, et je n’allais pas non plus dire que je n’avais pas eu des amantes depuis Ravenna. Cependant, rien n’était sérieux. D’ailleurs, elle avait été la seule personne avec qui j’ai été réellement sérieux, ma seule relation sérieuse.
Mon pouce allait et venait sur l’un de ses doigts, le caressant doucement. J’avais l’impression d’être de nouveau un élève de Poudlard, d’avoir de nouveau dix-sept ans, d’être maladroit et complétement perdu, oubliant même les bonnes manières des sang-purs - qui s’en préoccupait de toute façon ? Ni Ravenna, ni moi.

« Pourquoi vends-tu toujours la peau de l'ours avant de l'avoir tué. »

Je ricanai légèrement. Ce n’était pas vraiment une question et ça m’amusa, car dans un sens, ça montrait mon côté préventif, qui anticipait au maximum les choses, les actes, aussi bien des autres que moi. Je vivais continuellement dans un grand échiquier géant, parfois à la place du fou, parfois à la place du cavalier, mais là, j’espérais sincèrement être à la place du Roi et qu’elle soit ma Reine.

« Pas toujours, répondis-je après quelques secondes, lui lançant un regard appuyé. »

C’était présomptueux - légèrement ? Mais l’atmosphère s’était détendu, je le ressentais ainsi, et une partie de moi avait envie de revivre comme si j’étais encore à l’école - pas complètement tout de même. J'osais lui donner une réponse à double-sens, comme si tout était joué entre nous - alors que pas du tout, loin de là !
Je quittais finalement la table, commandant deux bièraubeurres au bar, laissant quelques instants Ravenna seule. Quelque part, c’était un temps mort pour nous deux, pour que l’on souffle, réfléchisse, que l’on revienne l’un vers l’autre peut-être ? Ca faisait tellement longtemps que l’on ne s’était pas vu que c’était normal que l’on soit un peu gauche - je l’étais d’ailleurs plus qu’elle. Je revins avec les boissons, les posant sur la table, me rasseyant pour lui demander si danser lui tentait. Je ne fus pas surpris qu’elle accepte. J’avais souvenir de notre bal, cette fête spéciale pour nous, de notre bulle à nous, dans les bras l’un de l’autre, de ce baiser échangé - le premier où j’avais mis autant de sentiments. C’était l’un de nos plus précieux souvenirs. Cependant, avant que je ne puisse ajouter quoi que ce soit, elle ajouta quelque chose qui me laissa pendant quelques secondes la bouche grande ouverte.

« Je ne l'aurais pas épousé. »

C’était une bombe, une information qui tombait comme une pomme trop lourde pour être tenue par le pommier qui alourdit mon cœur, le faisant battre un peu plus vite. Pourquoi s’acccélérait-il d’ailleurs ? Elle continua son histoire et je bus deux gorgées de bièraubeurre. Je ne savais pas pourquoi elle me disait ça et j’essayais de temporiser mon cerveau qui s’imaginait déjà une multitude de choses. Ce n’était pas le moment. Ce n’était pas le moment. Je me répétais ce mantra tout en écoutant attentivement ce que la directrice de Serpentard me disait. J’étais révolté par ce qu’elle me disait et une petite voix dans ma tête me susurrait que ça ne se serait pas passé comme ça si je ne l’avais pas fui, qu’elle n’aurait pas eu à subir cela. Peut-être même que je lui aurais demandé de m’épouser…
Je bus une grosse gorgée pour laver mes propos intérieurs déplacés. Qu’est-ce que je racontais ?!

« Tu n’es pas manipulable, dis-je en soutenant son regard, lui souriant doucement, presque tendrement. Tu es franche et têtue. Ta froideur n’est qu’une barrière supplémentaire et même si tu es une excellente legilimens, je peux le lire dans tes yeux. »

Tu avais raison de faire cela, Ravenna, c’était ainsi qu’il fallait se protéger. Je ne pouvais pas te jeter la pierre, j’étais totalement d’accord avec la jeune femme. C’était un réflexe défensif, une couverture, un pansement, parce que la vie était une garce lorsqu’elle s’y mettait et qu’il fallait bien continuer d’avancer. Je balayai mes pensées moroses, préférant rester dans une attitude plus joyeuse, moins mélancolique - j’avais réussi à passer outre par je-ne-savais-quel-moyen… Non, je le savais en réalité, mais je n’y croyais pas encore : c’était Ravenna qui me faisait cet effet.
Je me levai, ma pinte dans une main, tendant l’autre à la jeune sorcière.

« Suis-moi. »

C’était dit sur un ton tellement calme, détendu, qu’elle ne pouvait pas le prendre pour un ordre. Je traversai la pièce, quittant le bar. La nuit était fraîche, mais pas trop encore. On sentait que les températures estivales étaient propices pour quelques balades nocturnes sans attraper le moindre miasme.
Je sortis ma baguette magique et d’un mouvement du poignet, je fis apparaître une table haute où un phonographe était placé. Je posai ma pinte juste à côté, laissant la place pour celle de Ravenna. J’enclenchai le mécanisme et la musique résonna. C’était la même que notre slow lorsque nous étions étudiants. Nous étions dans la rue, pas trop empruntée pour le moment, mais suffisamment sur le côté pour ne gêner personne. Je m’inclinai donc, présentant ma main.

« Me feriez-vous l’honneur de m’accorder cette danse ? lui demandai-je tel un gentleman. »

On aurait pu croire que c’était sur-joué, mais pas du tout. C’était comme si je voulais réécrire le temps, réécrire quelque chose sur nous en sachant que ce mot ne nous liait plus. Ce n’était plus pareil. Nous étions deux adultes, deux sorciers ayant réussi professionnellement, deux êtres qui recherchaient encore quelque chose.

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Ven 23 Nov - 20:25


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
Lui et moi. On est tellement semblable, mais aussi très différents l'un de l'autre. C'est ce qui m'a plu dans son insouciance d'autrefois, sa façon de persévérer pour me séduire passant outre mon charme vélane que je pensais problématique dans mes relations avec les autres, surtout la gente masculine. J'étais si honteuse de ne pas toujours réussir à contrôler cette part de moi, qu'aujourd'hui, elle est une seconde peau que je peux rendre plus facilement invisible au regard des autres même s'il reste continuellement présent. Une nature que l'on accepte dès que l'on trouve quelqu'un pour nous aimer nous et non la nature qui est autour de soi. Adriaan avait su passer cette barrière autant que la distance que je mettais intentionnellement autour de moi. Une certaine protection face à ce qui me rendait sombre et que mon père cultivait. À chaque fois que ma mère me retrouvait, elle se voyait à nouveau combattre la mauvaise herbe qui a poussé durant tous ces mois de cohabitation avec ce cher père qui n'était quoi, tout au plus un simple géniteur qui aimait m'exposer comme un objet de valeur dans la vitrine d'un antiquaire fier de sa trouvaille. C'est sans doute pour le côté ambitieux que je fus mené à Serpentard, mais aussi bien d'autre que le choixpeau a su percevoir pour le grand plaisir de mon père. Le mien ne vint que plus tard lorsque je pus et su me dissocier de lui. De cette ombre pesant qu'il laissait derrière moi et qui m’étouffait plus que de raison.

Adriaan a su rapidement mettre une touche de lumière. Grande et belle, mais son départ m'avait affaiblit plus que je n'aurais véritablement voulu le reconnaître. Je ne savais plus réellement comment prendre les choses et considérer le monde qui m'entoure. Un peu comme un sort qui ne fait que fonctionner que pour ce à quoi on l'a crée. Alors, l'observer là, face à moi, ces deux bières à la main, ne m'empêche pas de revoir ce jeune homme pimpant et fringuant de vie avec son uniforme de gryffondor. Ce sourire au coin, un peu niais comme tous les jeunes amoureux devant la jeune fille qui a su les séduire et qui a accepté un rendez-vous avec lui. Cela me fait sourire intérieurement, car c'est une époque qui m'est précieuse. Pas tout à fait adulte, l'insouciance et la rêverie nous sont encore permis. Comme j'aimerais y retourner, c'était bien avant ce qu'il s'est passé, bien avant qu'Adriaan n'abandonne tout et surtout moi.

Lui en voulais-je ? Sans doute, un peu, je ne pensais pas que je serais un poids pour lui. Mais en même temps, il était jeune et forcément pas apte à savoir quelle décision prendre. À défaut de le voir dépérir, il a préféré s'éloigner, m'oublier pour me préserver. C'est douloureux, mais compréhensible.

C'est sans doute pour ça que je le lui dis. Que je ne l'aurais pas épousé malgré sa demande. Cette trahison. Ce jeu. Cet arrangement arrangé par mon père pour monopoliser ma vie, mes faits et gestes. Je ne l'aurais guère supporté alors, je n'aurais pas pu avoir confiance en cet homme que j'ai cru connaître et à qui j'ai cru voir Adriaan. En quelque sorte, je me retrouvais affublé d'un mauvais rôle. Est-ce qu'Alistair l'avait remarqué au point de me le faire payer ? Je l'ignore, je ne sais plus trop quoi penser.

- Tu n’es pas manipulable.

« J'ai des doutes parfois. »

- Tu es franche et têtue. Ta froideur n’est qu’une barrière supplémentaire et même si tu es une excellente legilimens, je peux le lire dans tes yeux.

Mon regard se pose sur lui, un léger sourire se dessinant au coin de mes lèvres. Il n'est pas furtif, mais bien présent. J'imagine déjà la surprise que mes élèves ressentiraient en voyant cette scène sortie d'un imaginaire que ces derniers pensaient inexistant.

« J'ai l'impression que tu me connais mieux que quiconque. Mieux que mon père... » Fis-je simplement prononçant ces derniers mots dans un murmure qui me paraît presque audible.

- Suis-moi.

« Où ça ? » Demandais-je en suivant son mouvement, une main dans la sienne tandis que l'autre tient la pinte. Moi qui ne suis en général personne, me voilà prête à suivre les pas d'une personne que je n'ai plus côtoyé depuis longtemps et qui pourtant, parvient à me donner des envies qui n'ont eu plus lieu d'être après Poudlard. Et même à mon retour dans cette école qui m'offre un aspect de vie qui me convient. Un rituel agréablement coutumier, mais aussi différent chaque jour par la surprenante créativité de certains élèves.

Emboîtant le pas d'Adriaan jusqu'à l'extérieur où en usant de magie, il fait apparaître une table avec un phonographe et où nous pourrions, lui et moi, poser nos pintes.

- Me feriez-vous l’honneur de m’accorder cette danse ?  

« Ici ? » J'étais surprise, je l'avoue. Mais, impossible de ne pas s'en douter, il a toujours été ainsi. À prendre des décisions étranges dans des lieux qui l'étaient tout autant. Danser au milieu d'une ruelle, certes déserte où les passages sont tellement rares, mais qui, restait tout de même public.

J'aurais pu refuser dans un premier temps, mais l'air qui s'élève produit une étincelle en moi. Mon cœur se met à battre plus rapidement. Il n'a pas oublié cet air où nous avons dansé jusqu'à échanger notre premier baiser. À la fois sûr et maladroit, mais je l'ai personnellement trouvé parfait. Nous étions jeunes, sans doute un peu fou, mais convaincu que l'avenir serait tranquille. J'avais osé même imaginé quelque chose de simple, un avenir à deux, mais...

Des circonstances ont que toutes mes rêveries d'adolescente ont volé en éclats par le biais de... De satanés moldus qui ont cru bon de malmener deux pauvres femmes amoureuses l'une de l'autre. Et voilà que sa pauvre sœur se retrouve à St-Mangouste plongé dans une folie. Très certainement enfermé dans un coin de sa tête où le bonheur chante comme le rossignol peut chanter le printemps.

Lentement, alors, je prends sa main et je me laisse entraîner par ce slow qui, étrangement n'est plus comme dans mon souvenir. Il est moins innocent. Toujours maladroit, je pense, mais il y a quelque chose d'assez troublant qui s'élève entre lui et moi. Comme un parfum qui m'attire. M'attise même. C'est impossible. Je n'y ai jamais cru au pouvoir de l'amortencia et pourtant, je sens... Un parfum de tarte aux citrons meringués fraîchement faite et... De la vanille.

Je me souviens de ce lieu que où nous avions été lui et moi, à l'écart des autres. Un lieu moldu, parce que je ne m'y suis jamais rendu. Entre un père qui les déteste et une mère qui vivait recluse dans une communauté de vélane, c'était dur de faire une telle demande. J'en avais parlé un jour, d'un endroit où l'on pouvait déguster et se restaurer avec des choses sucrées dans le monde des moldus et il m'y a emmené. Le premier parfum qui m'a frappé, ce fut la vanille et la tarte aux citrons meringué que j'ai tout de suite voulu goûter et je n'ai pas été déçu. Tremblante d'un plaisir rare dont mon palais se souvient encore aujourd'hui. Face à un Adriaan souriant à qui je partageais cette merveille moldu.

Et voilà que cela me revient à l'esprit. Il se trouvait entouré par ce parfum délicat et tentant. Aussi hypnotique qu'un serpent s'élançant et serpentant sur un sable désertique et ardent frappé par un soleil sans pitié, mais magnifique.

« Tu es toujours aussi surprenant Adriaan. » J'esquisse un sourire puis pose mon regard dans le sien. « Tu n'as rien oublié toi non. » Ce n'était pas vraiment une question, plutôt une constatation. Qui se souviendrait de la mélodie d'une musique sur laquelle un couple à danser pour la première fois. Sans m'en rendre compte, je me rapproche un peu plus de lui, nos souffles proches. Sans doute trop, mais qu'importe. « Je t'ai attendu, tu sais. Longtemps au point d'être ridicule pour mon père, mais... Je t'ai surpris au Ministère avec une jeune sorcière et... J'ai pensé que tu avais tourné la page. Pourquoi maintenant Adriaan ? Pourquoi après tout ce temps ? »



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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Sam 24 Nov - 17:04

Is it a date ?

@Ravenna Osborne & Adriaan


Son regard se posa sur moi et un doux sourire étira ses lèvres. Ravenna était une belle femme, une stupéfiante sorcière, une demie-vélane qui faisait bien tourner des têtes. Cependant, à cet instant précis, elle était éblouissante telle une étoile qui se démarquait des autres dans la voie lactée. Peut-être était-ce son côté vélane qui faisait effet, penseriez-vous ? Pas du tout. Elle en était capable, c’était indéniable, mais là, ça n’avait rien à voir. C’était à la fois timide et franc. Quelque part, elle s’était retrouvée, elle aussi, des années en arrière, comme si nous avions utilisé un retourneur-de-temps. Je ne pus que répondre à son sourire, le mien en coin, à la fois espiègle et timide. On aurait pu croire deux adolescents.

« J'ai l'impression que tu me connais mieux que quiconque. Mieux que mon père…
- C’est le cas
, répondis-je doucement. Ton père exposait ta beauté sans la connaître réellement, pleinement. »

Mes joues rougirent légèrement et je cachais ma gêne avec ma pinte de bièraubeurre. Cette phrase pouvait être vraiment cliché, mais elle était tellement vraie. Je ne l’avais pas dit sur un ton séducteur, alors que j’aurais totalement pu, mais je le pensais tellement que j’en avais été incapable. Le père de Ravenna avait toujours été cruel avec elle, ne la considérant même pas comme une sorcière, uniquement comme un trophée. Je détestais cet homme.

Je me levai et lui demandais de me suivre, chose qui n’était pas courante. Ravenna n’était pas une suiveuse, mais lui laissai-je le choix ? Oui, quelque part. Néanmoins, sa curiosité était beaucoup trop piquée pour qu’elle ne me rejoigne pas. Nous sortîmes dehors et je fis apparaître d’un coup de baguette magique un phonographe sur une petite table, assez haute pour que l’on ne se baisse pas, assez grande pour tenir l’instrument et nos pintes. J’enclenchai la musique et lui fis la révérence, lui demandant de m’accorder une danse. J’avais retrouvé ce je-ne-savais-quoi qui me donnait envie de voler sans balai, qui pouvait me permettre de voler sans balai.

« Oui. Ici et maintenant. »

Je la sentais à la fois surprise - je pouvais me vanter d’être un homme surprenant - et à la fois indécise. Pourtant, je sus qu’elle allait prendre ma main pour la bonne et simple raison que je n’avais pas choisi n’importe quelle musique. J’avais choisi LA musique, notre musique même, celle qui nous avait transporté sans que l’on ne quitte la salle de bal, celle qui avait marqué notre vie. Alors oui, je m’en souvenais et je m’en souviendrais jusqu’à ma mort, car ce moment, ce souvenir, m’était doux et précieux. C’était l’un de mes encrages dans la réalité qu’il m’arrivait de perdre.

Lorsqu’elle posa sa main sur la mienne, je me rapprochai, calant mon autre main à moitié sur sa hanche, à moitié sur son dos. C’était à la fois gentleman et provocateur, car tous les doigts étaient posés sur elle en plus de ma paume. Cependant, il était hors de question qu’elle bouge de serait-ce que d’un millimètre. Elle était placée, elle ne bougerait plus. Mon visage se plaça au-dessus d’une de ses épaules, ma joue non loin de la sienne, mon nez au-dessus de son oreille. J’inspirai lentement, fermant les yeux. Pas besoin de garder les yeux ouverts lorsqu’on faisait un slow. On se laissait porter, on dansait tranquillement, peu importait si nous n’étions pas en rythme parfait avec la musique. Il n’y avait que l’instant qui comptait de toute façon.
Son odeur me donna des papillons dans le ventre et je voyageai encore une fois. Plusieurs images s’enchaînèrent sans que je ne puisse faire quoique ce soit.

Je nous vis dans nos uniformes, nous souriant dans un couloir. Je nous distinguais dans le hall d’entrée alors qu’elle descendait les marches et que je l’attendais, subjugué par sa beauté - cette robe d’or et de paillettes qui l’affinait encore plus, lui donnant une allure de mannequin, de déesse grecque. Je nous revois dans les bras l’un de l’autre, dansant sur cette même musique, nous embrassant sur cet air et avec les notes qui se diffusent dans l’air, je nous vois faire l’amour pour la première fois. Je nous vois en vacances, tous les deux, lui faisant découvrir de la nourriture purement moldue et surtout, purement délicieuse. Ma gorge se noua. Trop d’émotions. Trop de ressentis. Trop de choses auxquelles je n’avais pas pensé un seul instant depuis des années. Pourquoi tout me revenait-il en pleine poire ?

J’ouvris de nouveau les yeux, remarquant une odeur citronnée qui me titillait le nez. Mon esprit se jouait-il de moi ? Ravenna se décala et nos visages se firent face. Je lui souris, franchement, à tel point que ce sourire fendit mon visage en deux et tira mes yeux en amande, provoquant de petites rides - et marquant mes cernes malgré moi.

« Il y a certaines choses qui ne changent pas.
- Tu n'as rien oublié toi non.
- Jamais
, soufflai-je doucement, mais suffisamment pour sentir l’air que j’avais expiré de nouveau sur mon visage - nous étions vraiment proches. »

Je n’en avais pas le droit - c’était mon humble avis - mais mon nez toucha délicatement le sien en une caresse, aussi légère et douce qu’une plume. Le bout de mon nez se posa sur son visage, juste à côté du sien, sous l’un de ses yeux. Nos fronts se frôlèrent par moment et nos lèvres pouvaient se sceller en tout instant. Un passant qui nous bouscule, un pas fait de travers et qui ne nous fait pas bouger dans le même sens. Les possibilités étaient multiples. J’écoutais avec attention ce qu’elle me disait, les questionnements qu’elle avait, son souffle se mêlant au mien. Je crus pendant quelques secondes sentir de la menthe et l’image de la menthe citronnée me vint en tête. Je la chassais. Ce n’était pas le moment, mais si c’était fort agréable.

« Je ne vais pas te mentir, chuchotai-je presque. Je ne vais pas te dire que je n’ai connu que toi dans mon lit. Ce n’était pas le cas avant que l’on sorte ensemble et ce n’était pas le cas… après. »

Ce mot avait un arrière-goût amer et acide. Je grimaçai. Je n’allais pas lui vendre un mensonge, elle n’était pas sotte et elle ne méritait pas cela. De plus, pourquoi nier l’évidence ? J’avais tourné le dos à énormément de gens, elle y compris, mais j’étais jeune à l’époque et coucher avec la première venue ne me semblait pas un crime alors que j’étais célibataire. Je n’avais jamais couché avec une collègue, ça évitait pas mal de prises de tête, mais oui, j’avais eu pas mal de coups d’un soir et je plaisantais facilement avec la première sorcière que je croisais - sans pour autant coucher avec elle, juste pour la faire tourner en bourrique.

« Ca ne durait jamais plus d’une nuit, continuai-je sur le même ton. Il y a beaucoup de choses où je n’ai pas tourné la page. »

Triste constatation. Je n’avais pas tourné la page au sujet de ma sœur. Je n’avais pas tourné la page sur ces connards de moldus. Je n’avais pas tourné la page sur ma relation avec Ravenna. Ce soir, je m’en rendais réellement compte : une partie de moi était coincée à l’âge de dix-sept ans. C’était relativement problématique lorsqu’on en avait trente-trois révolus.
Je n’arrivais pas à répondre à ses « pourquoi ». Pourquoi maintenant ? Parce que j’avais le temps. Pourquoi après tout ce temps ? Parce que le temps m’était compté. Était-ce des excuses ? Probablement. Quelles étaient mes réelles intentions ? Revoir Ravenna, de mes propres yeux. Je n’avais pas prévu tout cela. Je n’avais jamais imaginé un seul instant que j’avais enterré autant de choses. Je ne m’étais pas douté un seul instant que quelque part, je l’aimais toujours - et je me demandais bien ce qui me retenait de poser mes lèvres sur les siennes (mon éducation, sans l’ombre d’un doute).
J’inspirai un grand coup, expirant par le nez doucement. J’usais du peu de courage qui me restait, parlant librement.

« N’était-ce pas le bon moment ? Tu n’es pas encore trop pris par les cours… et je suis… »

Encore libre de me déplacer.
Impossible de finir ma phrase, comme si un sortilège me contraignait à dire l’exacte vérité. Ce qui était, dans un sens, pas plus mal.

« Je sais que tu n’as besoin de personne pour te protéger, Ravenna. Mais je ne suis plus le bon et gentil garçon que tu as connu, j’en suis vraiment désolé. Je préfère te protéger de moi-même plutôt que de te faire du tort ou pire, te blesser encore une fois. »

C’était mieux que rien, mais c’était énorme. On aurait presque pu croire à une déclaration, mais c’était beaucoup trop sinistre pour que l’on puisse penser ce serait-ce qu’un instant à cela. C’était déprimant. J’avais choisi une vie, je ne l’avais jamais regretté et maintenant, je me rendais compte que cela m’éloignait de la personne dont j’avais le plus besoin dans ma vie.

« J’espère que tu me pardonneras… quoiqu’il se passe… »

Délicatement, je posai mes lèvres sur sa joue, non loin de la commissure de ses lèvres, mais sans la toucher. Dans ce baiser, où mes yeux étaient clos, j’espérais lui transmettre ce que je ressentais, à quel point je pensais le moindre mot que je venais de prononcer et surtout, que j’étais sincèrement désolé.

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MessageSujet: Re: Is it a date ? [Ravenna/Adriaan]   Mer 28 Nov - 23:38


Is it a date ?  
Ravenna Osborne & Adriaan Van Hoof
J'ai appris, plus d'une fois, et parfois, bien malgré moi qu'il ne faut pas trop espérer. Laisser faire les choses simplement et d'attendre de voir ce que le destin pose sur notre route. Donner trop d'espoir à un événement qui ne se produira sans doute jamais, nous offre une tristesse au-delà de la normalité. Et j'en sais quelque chose. Malgré mon air froid et impassible, je n'en demeure pas moins une sorcière parfaitement émotive et sensible. Je le cache, par habitude, mais surtout par obligation. Et puis j'ai déjà tant pleuré qu'il me semble difficile désormais de verser une larme aussi facilement. Parfois, il m'arrive de souhaiter de ne plus rien ressentir parce que je sais pertinemment que mes émotions sont plus fortes que les autres. Sans doute, parce que je les ai trop refoulé et au lieu que cela vienne par petites doses, tout me vient soudainement et il m'est difficile d'y faire face comme je le souhaiterais. N'oublions pas non plus que j'ai en moins quelque chose qui me fait passer d'un extrême à l'autre. Adriaan s'en est toujours douté et il m'a appris à doser les choses au fur et à mesure. Mais j'ai comme l'impression que tout ceci s'est envolé lorsqu'il m'a quitté. Le chagrin du destin funeste de sa sœur l'a que trop chamboulé et sa rage envers les moldus doit être à son paroxysme. Adriaan n'a jamais été du genre à oublier, mais à se rappeler très clairement les mauvais coups qu'on pouvait bien lui faire. Vindicatif, il enrage et laisse exploser ce sentiment parfois, de manière bien plus virulente que moi. Gryffondor ou Serpentard, quelle importance, ces deux groupes ne nous définissent pas véritablement. Nous restons maîtres de nos actions et de nos paroles. Des non-dit aussi.

Danser au milieu de cette ruelle, c'est bien Adriaan. Se fichant si l'on peut nous voir alors, que j'ai toujours été réservé. L'impression constante que l'ombre de mon père trône derrière moi, en un empereur mille fois maudit. Du début de notre relation, j'ai ressenti la crainte avant de me rebeller pour ensuite faire ce que je jugeais juste et important. Ô bien sûr, à la disparition soudaine d'Adriaan, mon cher père, ne s'est pas gêné pour dire ces fonds de pensées appuyant sur le fait qu'il avait eu raison sur lui. Mais là encore, j'ai pris la défense du Gryffondor. Persuadée qu'il n'avait pas eu d'autre choix et qu'il se sentait immensément perdu avec ce qu'il s'était produit pour sa sœur.

Je l'ai défendue si longtemps, parfois avec une virulence qui m'étonnait moi-même. Puis, tout n'est devenue que silence, acceptation et il a bien fallu que je continue ma route. Et ce ne fut véritablement le cas, que lorsque j'ai vu Adriaan au ministère, draguant une jeune sorcière m'ignorant même si je le savais bien, qu'il m'avait vu même du coin de l’œil. C'est logique, parce que nous nous attirions comme des aimants. Tout du moins, ce fut le cas auparavant.

Donc, j'en viens à me demander. Cette danse, n'est-elle que le fruit d'une envie éphémère qui ne sera plus qu'un mirage posé là et odieusement par le destin ? Est-ce que ce n'est que le fruit de mon imagination ? Est-ce une envie commune réalisé par nos esprits tortueux, torturé, mais surtout envieux d'une telle possibilité ?

J'avoue que je suis perdue et pourtant, je continue d’interagir avec lui. Par besoin de comprendre et de savoir. Sans pour autant poser, LA QUESTION qui me soulagera de ses doutes qui ne cessent de grandir depuis que nous avons commencé à échanger nos hiboux.

Ce jamais qu'il me murmure, fait écho dans ma tête. Comme un glas qui sonne soudainement pour annoncer quelque chose de fort. Positif ou négatif, la question ne se pose pas, parce que l'on craint la réponse dans les deux cas. Mais au moins, je suis satisfaite de constater que notre passé en commun soit toujours aussi présent dans nos mémoires respectives. Nous éprouvons cette même tendresse, même si au fond, je le sais bien. Plus rien ne sera désormais semblable à nos premiers émois. Tout ceci est révolu, alors autant m'y faire à nouveau.

Mais dites-moi comment résister lorsque son visage est si proche du mien. Lorsque nos lèvres peuvent s'effleurer à tout moment. Nos souffles s'enlacent et se caressent à défaut de nous. On se contente de jouer dans la sagesse, de ne pas trop aller plus loin même si nos auras en décident autrement. Je priais pour que quelque chose intervienne pour qu'un petit incident vienne nous bousculer nous obligeant à nous embrasser. Mais rien ne se passe. Il n'y a que la musique, l'absence de passage et nos mouvements qui restent maître d'eux-mêmes.

- Je ne vais pas te mentir. Je ne vais pas te dire que je n’ai connu que toi dans mon lit. Ce n’était pas le cas avant que l’on sorte ensemble et ce n’était pas le cas… après.

« Je le sais bien. L'un comme l'autre, nous avons continué d'avancer. » À notre manière, aurais-je ajouté, mais j'ai peur qui le prenne mal, que cela le refroidisse et l'éloigne de moi. C'est étrange, n'est-ce pas ? Au quotidien, je me contrefiche d'être franche et directe quitte à passer pour une personne mauvaise, mais avec Adriaan, cela m'est impossible d'être ainsi. Je mesure mes mots faisant en sorte qu'ils n'ont pas d'impact agréable.

- N’était-ce pas le bon moment ? Tu n’es pas encore trop pris par les cours… et je suis…  

« Tu es disponible ces derniers. » Finissais-je à sa place. Je comprends donc, que dans un autre moment, il ne serait pas revenu à moi. Comment devrais-je prendre ça ? Je n'en sais rien. J'ai à nouveau une impression de vide et je ne sais plus comment agir et réagir. Donc, c'est un peu comme le personnage d'un livre qu'on lit encore et encore. Une boucle qui se fait. Comme un artisan qui répète les même gestes sans effort, sans y penser parce que c'est habituel pour lui.

- Je sais que tu n’as besoin de personne pour te protéger, Ravenna. Mais je ne suis plus le bon et gentil garçon que tu as connu, j’en suis vraiment désolé. Je préfère te protéger de moi-même plutôt que de te faire du tort ou pire, te blesser encore une fois.  

« Mais arrête de penser que je te vois encore comme l'Adriaan de Poudlard. » Cela commence à m'énerver ce besoin qu'on ait de me protéger. De supposer quoi que ce soit sans me laisser le temps de dire ce que je pense ou d'analyser la situation. « Tu me penses aussi stupide ? Aussi niaise que certaine. » Je prends une profonde inspiration. « Malgré ce rendez-vous, je ne m'attends pas à quoi que ce soit. »

Mensonge.

- J’espère que tu me pardonneras… quoiqu’il se passe…

Je ne suis pas en colère. En tout cas, elle s'efface quand je sens ces lèvres sur ma joue, proche de la commissure de mes lèvres. Ce simple contact me donne l'impression de vibrer en moi.

« Même si je devrais te détester et te repousser, je n'y arrive pas... » Fis-je en levant les yeux vers lui. « Parce que c'est toi... » Il a un pouvoir sur moi que je ne peux nier. Je sais bien que quelque chose ne tourne pas rond, que c'est sombre et dérangeant. Mais même ainsi, pouvais-je lui en vouloir ? Le rejeter ? Le détester ?

Non. Je manque de volonté et de force pour ça.

« Mais si toi, tu es là... C'est qu'au fond, tu t'attends à quelque chose de moi. Le pardon en premier parce que tu ne cesses de le mentionner depuis que nous sommes là. Mais après... Tu veux quoi. » Instinctivement, mes mains remontent en une douce caresse de son torse à son visage que je prends en coupe. « Que veux-tu Adriaan... » C'est un murmure. Je reste presque figée. J'ai dans la tête de souvenir d'une vie différente, d'une maladresse toute adolescente. « Embrasse-moi pas comme l'Adriaan que j'ai connu, mais comme celui que je veux connaître et que tu t'entêtes à cacher aux autres. Embrasse-moi parce que c'est ce qu'on veut toi et moi. »

Nous n'étions pas là pour ça au début, mais l'envie reste forte malgré tout pour nous. Je le sais, parce que nous possédons en cet instant le même regard.


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