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 Les premiers balbutiements…

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MessageSujet: Les premiers balbutiements…   Sam 1 Déc - 10:23

Les premiers balbutiements…
L’immense monstruosité se tenait dos appuyé contre le mur de brique froid d’une ruelle remplie de détritus. Il avait sélectionné cet endroit non pour l’espace, guère pour sa propreté, mais pour son isolement. Voilà quelques jours qu’il était arrivé en ville et la honte l’avait fait se cacher loin des gens. Honte de sa lourdeur cérébrale, honte de ce physique disgracieux, honte de tout ce qu’il représentait. Une gargouille à peine sculptée dans le granit avait plus d’attrait que le géant difforme. Dans l’esprit corrompu par le chagrin et embrumé par la lenteur chronique qui s’était vu affliger durant toute sa misérable existence, l’homme déformé se jura à son arrivée que ce n’était que pour une nuit. Mais le séjour du colosse balafré s’était échelonné sur quelques jours, à cause que le scientifique qui lui avait promis de sauver sa raison de vivre l’avait chassé du laboratoire et d’un petit miracle. Il ne restait que pour Panda. L’être divin qui ne le fuyait pas comme les moldus et les sang-mêlé des environs. Qui ne parlait pas dans son dos et se moquaient de ses innombrables défauts. Mais à part cette personne à la bonté si merveilleuse, Adam était de nouveau seul.

Des fois la nuit, quand Morphée refusait de prendre dans ses bras l’imposante carcasse de la chose immonde pour le laisser broyer du noir en silence, les oreilles du mineur percevaient des moqueries lointains qui brisaient le lourd silence et le repos éphémères des rues avoisinants son logement crasseux. Et quand la fatigue remportait finalement le bras de fer contre l’angoisse et la peine du géant, ce dernier revivait sans cesse la scène macabre qui l’avait anéanti. Mais dans ces songes cruels, les voix accusatrices de Sandra et Rosalie attaquaient les minces défenses psychologiques du géant et le tourmentaient avec des mots cruels et sans équivoques. Toujours le monstre de foire se réveillait en sursaut, son corps déformé et musculeux ruisselant de sueurs et le cœur voulant s’arracher de son torse. Comme cette nuit…

Des fois il surprenait Pandora dans le couloir. Toujours la grotesque créature  se laissa alors bercer par la beauté de la voix enchanté de l’ange à la chevelure doré. Comme un papillon qui se posait sur une fleur rare et précieuse. Une voix apaisante, sans arrière-pensée. Juste pour faire fleurir un sourire sur les traits à la perfection ciselé de la douce apparition divine. Mais bientôt la gêne et la honte assombrissaient les traits monstrueux de l’homme. Se sentant alors de trop dans les environs, un intrus dans l’aura de perfection de la sorcière trop parfaite pour lui, le monstre de foire se dépêcha de sortir son ignoble carcasse. Aussitôt à l’écart de la vision des yeux si purs de l’ange, le doute assaillait le monstre de foire. Des pensées sombres percutèrent l’esprit lent de la bête de foire avec la force d’un train lancé en grande vitesse.

Tu sais qu’elle va partir aussitôt qu’elle ne va plus avoir besoin de toi mon grand? Elle est trop gentille pour toi et bientôt elle ne va plus vouloir te voir, car tu ressembles à un monstre… Tout le monde te le dit, alors pourquoi ce serait différent maintenant?

Et la solitude glacée replongea sa lame dentelée dans le cœur de l’homme pour le remettre dans un état si lamentable qu’à ce rythme il ne pourrait plus rien ressentir. Plus d’amour, de tendresse ou bien de la bienveillance qui l’habitait depuis toujours. Juste un froid de désespoir et de peine qui tombaient comme une cape lestée de plomb sur les épaules massives du mastodonte. Une tristesse qui éteignait peu à peu la flammèche d’humanité qui brillait dans son cœur parsemé de cicatrices sanguinolentes.
Mais cette nuit-là, à la lueur de la lune, le regard de l’homme se perdit dans la douceur du tapis d’astres lumineux. La fraicheur du temps fit apparaître des petits nuages de vapeur à la sortie des lèvres exsangues du géant et ce dernier ne se doutait aucunement de l’éveil de l’ange endormi. Se frottant les mains l’une sur l’autre dans une tentative de se réchauffer et de se rassurer, l’être à la carapace hideuse sentait le désespoir le gagner de nouveau. Des pensées envers sa nièce et sa sœur adorées s’envolèrent vers les cieux, seul lieu de refuge pour deux âmes si merveilleuses selon le mineur. En fait les rares souvenirs rescapés  de l’expérimentation d’un dément assoiffé de pouvoir que le golem de chair chérissaient plus que sa misérable vie elle-même. Une prière toute simple fut formulée par l’esprit lent de l’homme du Kentucky.

Adam- Sandra, j’aimerais être avec vous…Euh… Viens me chercher, car je ne sais plus quoi faire…Euh… Je fais tout pour sauver Sandra… Euh… Je pourrais mourir pour qu’elle vive tu sais…

Des larmes salées creusèrent alors des rigoles dans la poussière qui parsemait l’horrible faciès du géant. À cet instant précis, la volonté de l’erreur de la nature se fissura. La tristesse et le chagrin tombèrent sur Adam comme la hache d’un bourreau impassible. Des pas avaient résonné sur le parquet du bitume menant à la sombre cachette du monstre de foire, mais celui-ci n’entendit rien durant ces instants de détresse impitoyable. Sortant le couteau qu’il portait à la ceinture, le mastodonte difforme regarda sa laideur renvoyer par l’éclat métallique de la lame. Armant son bras pour se porter un coup mortel et mettre fin à sa vie dénuée de sens, une voix céleste se manifesta soudainement. Une paire de bras translucides l’étreignit alors avec force et de stupeur le colosse laissa tomber l’instrument de mort de sa main immense. Sentant une tête fantomatique se poser sur son torse, les narines du monstre frémirent alors. Une senteur familière venait de déclencher un souvenir profond au subconscient pathétique de la Bête. Le shampoing à la fraise que Sandra affectionnait particulièrement. Aussitôt les mains de l’homme du Kentucky se déposèrent avec amour dans le dos et sur la tête de l’être translucide. Des ruisseaux salés se transformèrent alors en des rivières au fort débit. Flattant une chevelure que lui seul pouvait toucher, une voix faible s’échappa alors de la gorge nouée d’émotion du mastodonte.

Adam-Rosalie, je m’ennuie de toi… Euh… J’ai presque tout oublié… Euh… Sauf ton visage et ton sourire petite sœur…. Euh… Je sauve ta fille et ensuite je vais te rejoindre ok…

Une voix chantée répondit alors directement à l’âme terrifiée, mais bonne et avenante de la pathétique créature.

Rosalie- Je m’ennuie de toi, mais ce n’est pas le temps tu le sais… Tu as une personne sur qui veiller et quelques soit la décision ou l’attitude qu’elle va prendre, dis-toi que tu es la merveilleuse personne que j’apprécie toujours même dans l’au-delà et que tu fais le bien comme pas un.

Pendant quelques instants, le sosie du monstre de Frankenstein puisa du courage dans l’être fantomatique et les larmes se tarirent tout doucement. L’air changea subtilement, se remplissant d’éclats de rire fugaces et perceptibles seulement perçus par l’ouïe fatiguée du colosse couvet de stigmates causé par la violence et le rejet. Sentant une traction imaginaire vers le bas, les genoux du mastodonte immonde se fléchirent et des lèvres douces et translucides se déposèrent sur la joue mal rasée d’Adam. Tous les doutes, les peines et les peurs du géant cauchemardesque s’évanouir alors comme des nuages gris devant la pureté des sentiments de la sœur défunte du monstre de foire. Une dernière parole caressa alors l’âme reconstruite de la bête.

Rosalie- Chante-moi la chanson quand j’étais malade je t’en supplie…

Ne pouvant rien refuser à son ange, le mineur commença alors à fredonner. Mais avant que le contact imaginaire soit rompu, le mastodonte parla avec amour et franchise de sa voix rauque.

Adam- Je t'aimerais toujours petite sœur… Euh… Il n’y a que toi qui peut voir au-delà de la laideur…


Rosalie- Bien sûr mon gros nounours! Les gens ne voient que la chair, moi j’ai toujours vu ton âme… Allez essuie toi le visage mon gros bêta…

Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Une bénédiction divine si pure qu’on aurait pu jurer que les grands chanteurs d’autrefois s’étaient réincarnés dans ce réceptacle répugnant. Perdu dans des notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, le colosse tapa du pied en mesure. Les yeux presque fermés, essuyer du passage des larmes sur son horrible faciès par sa main titanesque, lunatique et perdue dans un état de rêve des plus soyeux, le monstre de foire farfouilla dans sa poche pour découvrir quelques délices sucrés produites par les moldus. Tout à ses souvenirs, l’esprit lent et pathétique de la Bête ne vit aucunement la forme gracieuse tout près de lui. La voix chaude, rauque souhait continuait de faire le prodige qui charmait totalement les oreilles chanceuses d’en percevoir le chant. Il déchira le sceller de l’enveloppe d’une barre chocolatée et le regard océanique si pur et doux perçut enfin une ombre. Le chant mourut subitement et la honte apparut sur le grotesque faciès du monstre. Arrêtant de respirer, la créature savait pertinemment l’image que la personne percevait. Un horrible sosie d’humanité de plus de deux mètres cinquante, aux muscles déformés et aux cicatrices labourant ses mains et ses bras. Une création d’un savant fou en quelque sorte. Les gens s’arrêtèrent là en général, oubliant de regarder dans le regard du colosse à la silhouette grotesque. De la pureté, de la gentillesse et de la compassion parcouraient son regard comme des vaguelettes sur un océan calme. Regardant autour, la pathétique créature trouva une zone d’ombre  épargné par la lune pour lui permettre de caché l’horrible apparence qu’il transportait comme un fardeau. Timidement, rassuré quelque peu d’avoir pu dissimuler sa carcasse ignoble, la voix rauque, rocailleuse  et aux mots à peine mâchés du golem de chair se manifesta dans un murmure.

Adam- Je suis désolé d’avoir chanté… Euh… de vous avoir réveillé… Euh…Je me tais promis? Euh… Je m’en vais promis…

La créature démesuré ne savait aucunement depuis combien de temps la personne l’espionnait…



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MessageSujet: Re: Les premiers balbutiements…   Lun 3 Déc - 11:14



 Les premiers balbutiements
avec @Adam

Transplaner, c'est un souffle éphémère de liberté pour ce soir. Le cottage de mon enfance ne semble pas avoir changé, mais l'air autour c'est une autre histoire. Il semble me raconter les souvenirs liés à mon enfance, ceux qu'ils ne me sont plus possibles de vivre désormais. Quand j'ai su que l'affreux destin a décidé de poser sa morsure maudite sur mon existence, j'ai pris la décision de m'éloigner de ce monceau d'humanité qui me retenait à toute envie de vengeance et de colère. Maman semble vouloir que je rentre et que j'explique ce qui a bien pu m'arriver, mais cela ne m'est pas possible. J'ai honte de ne pas m'être battu comme elle a pu le faire tout au long de sa vie depuis que papa est mort. Elle a démontré une force sans pareille malgré sa condition de moldu alors que moi, en tant que sorcière, je n'étais pas foutue de réagir. J'ai fait acte de silence en supportant la méchanceté d'une famille liée à mon sang. Des sang-mêlés qui ne sont rien de plus que mes prochaines victimes. Un jour, je le promets, je réagirais comme la bête qu'ils ont lentement forgée. De rage et de haine, je saurais leur faire ressentir dans la douleur ce qu'ils m'ont fait subir. Je n'ai plus rien à sauver pour ma part. En arrachant l'avenir que je voyais défiler dans mon bel horizon, ils n'ont fait qu'alourdir mes ressentiments à mon égard. Maintenant que j'ai vu le visage de maman, je me raccroche à cette petite lumière qui réside en moi. Néanmoins, venir en ces lieux ne fait que ranimer ce feu qui me consume, l'incendie qui prendra vie, personne ne pourra l'éteindre. Croyez-moi, se taire peut parfois être très mauvais pour ce que vous avez tenté de préserver. On ne peut pas toujours lutter et gagner contre les ombres de ce côté noir que nous possédons chacun en nous.

J'esquisse un sourire devant ces demeures mélangeant pureté de sang ou bien mêlé. Qu'est-ce que cela veut dire de toute manière ! Rien. La qualité d'un sang ne témoignera jamais pour ce que l'on est réellement au fond de soi. Seuls, nos actes prouveront cela. Pour les Barclay, il n'y a pas de doute. Ils sont bien plus pourris que toutes ces créatures qu'ils semblent haïr. Ils ont tellement de dégoût envers les nés-moldus et les simples moldus, mais nous vallons mieux qu'eux. Bien plus que cela encore !

Je suis là dans toute ma splendeur. Sourire ancré sur mes lèvres à observer ces maisons froides et dénuées pour la plupart de vies honorables. Des gens passent à côtés de moi, me souriant. Un bonsoir de leur part et du mien parce que je reste polie. Mais si ces derniers savaient qui je suis vraiment, sans doute fuiraient-ils loin de moi. Loin du loup-garou que je peux être lors des nuits de pleine lune. À ces moments, je ne fais plus de différence entre amis et ennemis, tout comme une harpie qui ne peut se retenir devant la chair d'un enfant. Je hurle à la lune, je me laisse aller à mes plus bas instincts de façon si grande, que le lendemain, je suis sans souvenir, mais épuisé de m'être laissé dominer par ce qui se cache en chacun de nous au final. Comment puis-je retourner auprès de maman en sachant que je risque de la mettre en danger ainsi que d'autres moldus. Non, si ma bête devient trop puissante, je deviens un danger à abattre.

Je protège des êtres qui pourraient réagir comme ces sorciers du Ministère. Ma mère restera indécise parce que je suis son enfant, elle se laissera sans doute sacrifier les bras grands ouverts face à la bête que je pourrais devenir devant elle. Je l'imagine aisément, sourire aux lèvres et les larmes aux yeux. Cette simple vision dans mon esprit me déchire le cœur.

Finalement, au bout de quelques minutes supplémentaires, je me détourne de ces édifices riches pour faire claquer mes talons sur le sol froid, mais qui pourrait tant raconter. Ces pierres sous mes pieds peuvent avec un petit coup de pouce devenir des conteurs passionnants.

« We are monters. We are proud.
We are monsters say it loud ♪♫ »
Chantais-je en boucle dans une démarche digne de la petite peste de princesse que je peut-être. Cela fait si longtemps que j'ai oublié celle que je fus autrefois. Celle qui se contente de gentillesse et qui ne répond pas à la méchanceté, préférant m'effacer estimant qui répondre ne ferait que nourrir une roue vicieuse. Une roue huilés par les paroles acerbes et méchantes. Une nourriture qui aujourd'hui me rend plus vivante que jamais envers ceux qui me dénigrent et me montrent du doigt.

Au bout d'une petite minute, je me mets à sautiller comme une gamine alors que je ne cesse de répéter ce si joli refrain à tue-tête. Sans doute que des gens sont outrés lorsque je passe à côté d'eux. Mais à cette heure-ci, il n'y a plus vraiment de gens bien qui foulent le bitume de ces rues. Ce sont les monstres qui sont de sortis. Et cela tombe bien, parce que je suis là. Parmi vous, sous mes allures d'adorable poupée qui peut lors d'une pleine lune, vous maudire à votre tour ou bien simplement vous effrayer. Je suis le croquemitaine qui effraie les enfants. Oui, je suis celle que l'on mentionne si l'on veut que les enfants restent sages.

Attention où le loup-garou te mangera.

Ce n'est pas illogique après si l'on a peur de nous. J'admets que tous ne sont pas comme moi. Quelque chose me maintient sur une certaine ligne de conduite. En pleine possession de mes moyens, il m'est impossible de faire du mal à un être qui n'a rien demandé. D'ailleurs, je ne sais même pas ce qu'il se passe durant ces moments où je n'ai plus conscience de mes faits et gestes. Ai-je mordu ? Ai-je griffé ? Ai-je goûté la chair humaine ? Le sang, a-t-il coulé par ma faute ? Me suis-je laissé aller aux réunions avec d'autres loups-garous ? Ai-je fait quelque chose d'inavouable avec l'un d'eux.

Impossible de le savoir parce que lorsque l'esprit de la bête est apaisé et que celui de la sorcière reprend le dessus, il n'y a plus qu'un épais brouillard d'incompréhension qui prend possession de ces souvenirs.

« We are monters. We are proud.
We are monsters say it loud ♪♫ »
Répétais-je à nouveau avant de m'arrêter soudainement dans mes pas.

Ai-je bien entendu ? Cette voix. Elle me vrille le cœur et pas d'une façon désagréable. Mes yeux se ferment et je sens toute ma colère disparaître. Est-ce de la magie ? Si oui, je ne la connais pas. Il y a tant de choses que je ne connais pas parce que l'on m'a renvoyé de Poudlard sans me laisser le choix, sans m'offrir une solution.

Je décide alors, de me laisser guider, à la recherche du propriétaire de cette belle symphonie qui pouvait naître de sa bouche. On dirait l'appel d'une sirène à laquelle on ne pouvait résister. Et ce n'est pas ce que je désire, loin de là. Plus que quelques pas, mon odorat, qui s'est affiné depuis l'apparition de ma malédiction, perçoit le parfum du chocolat.

Je bifurque à gauche pénétrant dans une ruelle plus sombre encore. Le peu de lumière offert m'offre le faciès d'un être qui est loin de ressembler à ce que j'ai pu connaître. Ni beau ni laid. Il est unique en son genre. Et malgré l’effrayante apparence qu'il peut avoir, je le considère plus beau que je ne pourrais l'être moi-même. Sa voix témoigne d'une humanité mille fois plus présente et puissante que la mienne. Elle me frappe facilement. En fait, c'est une gifle magistrale qui se pose sur ma joue.

J'applaudis. Enjouée d'avoir été la témoin d'une si belle musique. Cependant, mon apparition semble le paralyser.

Tiens ? Cette tête ne m'est pas inconnue. Et ce comportement tout autant. Mon regard se fait triste même si, rapidement, je me reprends.

- Je suis désolé d’avoir chanté… Euh… de vous avoir réveillé… Euh…Je me tais promis ? Euh… Je m’en vais promis…

J'arque un sourcil, le regardant se dissimuler plus encore dans l'ombre, par honte de ce qu'il est.

« Me réveiller ? J'suis pas d'ici et de toute manière, je ne vois pas qui viendrait se plaindre avec une aussi belle voix que la tienne. » Fis-je simplement en restant où je suis. Il ressemble à un animal apeuré qui viendrait à se montrer plus mal à l'aise encore si je m'approchais trop près. « On se connaît non ? J'suis sûre de t'avoir vu quelque part. Mais ma mémoire de poisson rouge me joue des tours. » Je ris doucement. « Tu as une très jolie voix. Mon côté artiste en est tombée amoureuse. Comment, c'est déjà le refrain ? » Je réfléchis et je finis par chanter les paroles qui me reviennent en mémoire m'approchant doucement de lui. « C'est ça ? J'adore, il ne me semble pas l'avoir entendu ailleurs. C'est toi qui l'as écris ? »
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MessageSujet: Re: Les premiers balbutiements…   Lun 3 Déc - 14:01

Les premiers balbutiements…
Le regard océanique si pur et humain du colosse balafré se porta vers la source et le reste de ses pathétiques paroles furent oubliées. Dans la douce caresse des rayons lunaires se profilait un être à la beauté absolue. Une apparence divine comme les artistes des temps passés aurait tué père et mère pour avoir la chance de porter le regard sur cette muse inspirante. La plupart des hommes aurait savouré les sublimes courbes de la jeune femme comme des requins regardant une pièce de choix. Ils auraient ricané entre eux de manière grivoise en pointant les lèvres pleines et douces, les traits angéliques finement ciselés dans le marbre de ce visage époustouflant. La chevelure ressemblant à un ciel d’été pur dans la lumière des astres nocturnes. La créature de cauchemar ne pouvait que décrire les yeux de l’apparition comme deux saphirs bleutés d’une telle luminosité qu’ils pouvaient ensorceler n’importe quelle âme. Mais avant que le géant ait pu faire son mouvement de recul d’une telle lâcheté, ce fut son empathie des plus aiguisés qui résonna dans son crâne déformé. Adam ressentait une sorte d’aura émané de l’être céleste, une vague de gentillesse et de bonté qu’il n’avait connu qu’avec deux personnes dans ses souvenirs confus et dérisoires. Rosalie et Sandra.

Le mastodonte n’esquiva pas un geste, ne tenta même pas de faire une respiration durant l’agonie de la terrible attente dans sa cachette. Le géant déformé savait pertinemment ce qui allait se produire dans les prochaines secondes. La jeune dame, cet être de lumière descendu des cieux, allait changer d’attitude. Son visage, d’une délicatesse magnifique, portera les stigmates de la terreur en détaillant l’apparence horrible de la bête de cirque. Le regard doux et angélique de la superbe jeune femme deviendrait tout à tout rempli d’une dose de dégoût. Après avoir réussi à dire une première phrase des plus boiteuses, le regard bleuté de la Bête plongea vers le sol. L'homme était honteux de la parodie d'humanité qu’il était devenu sous les manigances d’un savant cupide et dément. Avant que les mots suivants puisent franchir le barrage de ses dents mal alignées, un bruit se fit entendre. Le claquement sur le bitume signala au colosse désillusionné que l’ange tombé du paradis venait certainement de faire un pas précipité vers la sécurité relative du la rue passante non loin. Bientôt le bruit sec et sans équivoque de la fuite vers l’avant claquerait dans l'air. Bruit qui va sonner le glas du début d’une autre relation plus d’incertain. Le sifflement sera semblable à celui de la hache du bourreau qui se ficherait dans la bûche après avoir accompli son sanglant office. Un supplice pour le phénomène de foire qui allait sentir un nouveau stigmate sur ce cœur débordant de douceur qu’était le sien. Quelques mots jaillissants de peine et de misère d’une gorge serrée par ce déluge d’émotions alimenté par ces visions néfastes. Pathétique défense contre l'inévitable conséquence de la laideur de l'homme. Adam s’excusa d’avoir dérangé la douce dame.

Un souffle poussé avec lenteur de la part de la magnifique dame fit naître un petit sourire sur le faciès monstrueux du géant déformé.

Ange- Me réveiller ? J'suis pas d'ici et de toute manière, je ne vois pas qui viendrait se plaindre avec une aussi belle voix que la tienne. On se connaît non ? J'suis sûre de t'avoir vu quelque part. Mais ma mémoire de poisson rouge me joue des tours.

La créature fut submergée par le doute. Négativement la tête en forme d’œuf répondit à l’interrogation de l’être céleste. Mais l’ouïe de la pitoyable Bête fut charmer par le timbre chanter et mélodieux de la voix de l’étrangère.

Ange- Tu as une très jolie voix. Mon côté artiste en est tombée amoureuse. Comment, c'est déjà le refrain ?

Alors elle poussa le refrain, une voix magnifique et douce comme Adam n’avait entendu qu’en de rare occasion. Le vent qui souffle au travers des feuilles d’un chêne centenaire, le bruissements mélodieux d’une cascade ou bien le chant guilleret des oiseaux étaient fades et sans intérêts pour l’ancien mineur.

Ange- C'est ça ? J'adore, il ne me semble pas l'avoir entendu ailleurs. C'est toi qui l'as écris ?

L’ange, venu certainement du paradis, fit deux pas hésitants vers la cachette grossière du monstre de foire. Cet acte insensé tenter par l’être dont l’aura chatoyant semblant pulser que de bonté et de gentillesse. En réponse de ce mouvement, la crainte fit faire un pas vers l’arrière à l'être monstrueux pour s’enfoncer dans l’obscurité bienfaitrice.

Alors, un souvenir vint percuter l’esprit si lent du Goliath des temps modernes. Le visage radieux de sa nièce quand le mastodonte pliait à sa demande et entamait un chant juste pour ses oreilles. Les doux encouragements de la part de son ange qui martelait que la voix du monstre de foire devait être connue de tous. Que c’était merveilleux d’entendre une voix si belle! Et aussitôt le mineur réfutait ces faits. Il disait qu’un être si laid et si inférieur à la société n’aurait pas un don si rare et précieux à la fois. Les yeux figés dans cette scène d’un passé si proche et si éloigné à la fois, l’imposant homme du Kentucky recula d’un nouveau pas. Cette fois le mur froid en béton de son petit refuge lui coupa toute voie de retraite. La gêne et la timidité aidant, les immenses mains de l’homme se mirent à plat sur la surface poreuse et froide. Un peu plus et Adam aurait essayé de creuser un trou dans la matière pour se retrouver hors de cette situation stressante.

Ne voyant aucune façon d’esquiver l’ange qui avait préféré ce monde infernal à son paradis doré, le golem de chair essaya tant bien que mal de relever son regard apeuré.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le parquet poussiéreux, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila à l’ange. Un rayon de la lune venait d’inonder de manière traîtresse la silhouette de cauchemar de l’homme. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes. La belle dame pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles resta à plat sur le mur, telle une immense araignée de couleur chair. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, était levée dans un signe universel de peur ou bien de supplication. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de la gêne et surtout de l’angoisse de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Adam devait dépasser la totalité des hommes d’un bon mètre et devait peser presque le double. Devant le regard si pur de l’ange, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte peut sembler être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, une barbe et des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, l’apparition céleste pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui.

Tel un duel à la Tombstone, le regard des belligérants se fracassa dans onde de choc. Adam ne pouvait aucunement deviner les intentions de la jeune femme, mais celle-ci pouvait lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui pulsait du regard bleuté de la chose. Il pouvait plonger au travers des yeux de Adam et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Adam prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Les mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres dans la bouche. Un ton intimidant si une trace de gentillesse et de bonté n’accompagnait pas la pitoyable envolée de mots.

Adam- Euh… N’approchez pas madame…Euh… Je ne veux pas vous faire peur.

Déglutinant avec peine, les traits atypiques de l’homme étaient maintenant un masque d’angoisse et de peur. De la terreur si la jeune femme à l’aura si flamboyante pouvait être corrompue dans celle du monstre de foire.

Adam- J’ai entendu des gens dans la rue et toute ma vie me traiter de monstre… Euh… J’en suis pas un j’espère…

Reprenant un souffle un peu normal, Adam rajouta timidement quelques mots. Il essaya de rejeter quelque peu sa gêne et sa timidité au loin, mais après tant d’années à endurer des sévices des gens, le géant avait accepté sa condition particulière.

Adam- Je chante depuis toujours je crois… Euh… Pour ma sœur, pour ma nièce… Euh… Sœur parti en haut et nièce très malade… Crois que c'est elle qui a écrit chanson, moi pas de cerveau donc stupide...Euh… Je chante toujours seul pour ne pas déranger le maître qui essaie de soigner Sandra… Euh… Moi pas belle voix… Euh… Vous belle voix… Euh… Moi ressemble à caverne qui s'effondre...

Mais à la mention de sa famille arrachée trop tôt à son cœur meurtrie, les larmes firent un assaut vicieux pour essayer de couler le long de son visage à peine taillé dans le granite de son visage…


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Dernière édition par Tyméria L. Macpherson le Mer 12 Déc - 7:33, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Les premiers balbutiements…   Sam 8 Déc - 16:53



 Les premiers balbutiements
avec @Adam

Si je venais à connaître les pensées de cet individu, sans doute, me serais-je laissée aller à un fou rire. Je ne suis pas un ange, loin de là. Pour dire vrai, je ne me suis jamais sentie bien à l'aise dans cette catégorie même enfant. Nous sommes tous mi-ange et mi-démon. Ni tout blanc, ni tout noir. Les êtres que nous sommes façonnons ce que nous sommes, la définition que l'on veut emprunter par la suite. Pour ma part, je préfère être une diablesse aux allures sympathiques quand les choses lui servent. Je n'ai été que trop gentille dans ma vie d'avant et cela m'a plus desservie qu'autre chose. On dit que les gentils sont souvent récompensés, mais ce ne fut guère mon cas, parce que me voici maudite. Une bête qui ne fait plus aucune distinction prend le pas sur ma part humaine pour laisser éclater une rage sans limite. Un instinct que nous possédons tous au fond de nous. Une envie de liberté, de perte de morale pour nous laisser nous noyer dans des sentiments que nous pensons sans leur laisser libre court. Haine, violence, vengeance. Cela nous nourrit comme une roue vicieux et finement huilé par les contre-coups de ces souvenirs horrible qui ne veulent plus nous quitter. Mais qui au contraire, se refont en boucle dans nos esprits pour encourager à la pleine lune, cette bête chasseresse et tueuse. Celle qui ne fait plus de différence entre allié et ennemi. Celle qui blesse sans regretter. Celle qui mange sans se sentir rassasié. Et une fois le jour levé, nous avons oublié. Tout ce qui a été fait aussi mal que cela ait pu être. La mémoire de cette nuit sera éternellement perdue comme toutes les précédentes. Je ne sais jamais ce que je fais de toute manière. Ce que je sais, c'est les jours suivants où l'épuisement est si présente, que je n'ai qu'une envie, dormir ne me réveillant que pour manger et maintenir une bonne hygiène. Le reste n'a pas d'importance, même pas mon travail. Faible comme si nous devenions pour un moment éphémère handicapé d'une blessure physique invisible, mais bel et bien présente.

De cette nuit sans lune, ou à peine éclairé de son croissant qui parfois se dissimule sous une couche de nuages passagers, j'observe mon vis-à-vis même si je ne vois pas grande chose. Je ne m'en donne pas la peine, lui qui tente de se cacher plus encore dans les ombres que lui offrent les bâtiments de briques derrière lui. J'ignore pourquoi cette envie de ne pas être vu. De ce que je sens, je peux distinguer de la crainte et de la honte. C'est un parfum fort et pas très agréable pour nous les loups-garous, mais au moins nous savons sur quels pieds danser grâce à cet effluve qui s'élève des corps qui nous font face. En fait, nous restons de bons prédateurs mêmes sans pleine lune. Nous restons dangereux munis de nos diverses capacités et c'est ça qui effraie le monde et surtout le Ministère qui refuse de nous comprendre préférant nous loger comme de vulgaires bêtes à enfermer les soirs de pleine lune. Imaginent-ils seulement que c'est une horreur pour nous, toutes ces transformations ? La peau qui se déchire de toute part, ces os qui se brisent pour former la bête. Cette souffrance qui se fait plus puissante lacérant nos âmes et nos corps. Certains meurent parce qu'ils ne peuvent plus rien contrôler. Sous la folie ou l'envie de jeter l'éponge tout simplement. Quand j'y pense, je sais que notre existence ne tient qu'à un fil et certains membres du Ministère de la Magie espèrent sincèrement que ce fil se brise pour que nous décidions nous-même de porter le coup fatal. Ainsi seront-ils débarrassés d'une bête et de ce sentiment inutile et imprononçable pour moi. De toute manière, il n'y a guère de mot pour des gens qui veulent jouer le bon rôle alors qu'ils sont aussi pourris qu'une pomme tombé trop longtemps de son arbre délaissé par les hommes, mais habité par un vers qui s'engraissent comme la corruption dans ce monde sorcier. Et après, on parle du monde des moldus ! L'un ou l'autre peuvent se donner la main. Car les mauvaises langues, la méchanceté, la violence et la corruption sont partout. Ce sont des graines qui ont été posé là, il y a fort longtemps et à présent, les uns et les, nous les récoltons. Certains ont plus de chance de les éviter que d'autres.

- Euh… N’approchez pas madame…Euh… Je ne veux pas vous faire peur.

« Me faire peur ? » Répétais-je simplement alors qu'il semble, malgré sa stature impressionnante, vouloir se mouvoir plus encore dans les ombres afin d'échapper à ma vue. « Il en faut beaucoup pour m'effrayer. » Et c'est le cas. Autrefois apeurée de tout, maintenant, je défis la moindre peur. Mon seul épouvantard, c'est de tuer ma mère lorsque je suis un loup-garou. Le simple fait d'imaginer cela me fait frémir et c'est pour cette raison que je refuse de la revoir. De tout lui dire et de la voir en colère capable de se venger contre cette famille qui m'a fait souffrir. Je ne veux pas qu'elle se mêle de tout ça. Jamais. Je préfère qu'elle m'en veuille que de devoir lui faire face et lui dire que sa petite fille se transforme en un monstre incapable de se contrôler les soirs de pleine lune. Même si à force, j'ai réussi à accepter et à aimer cette bête qui sommeille en moi.

- J’ai entendu des gens dans la rue et toute ma vie me traiter de monstre… Euh… J’en suis pas un j’espère…

« Mon ami. » Dis-je en m'avançant afin de mieux le voir. « Nous sommes tous des monstres à notre manière. On peut avoir l'apparence la plus agréable qui soit et être un monstre à l'intérieur. Ou tout au contraire avoir un physique peut avenant, mais possédé une âme lumineuse. Personnellement, je me situe dans la première catégorie et j'en suis plutôt fière. En résumé, entre toi et moi, le monstre ici, c'est moi. »

J'affiche un sourire face à mes dires. Fière comme un paon, je pourrais défiler avec une banderole avec écrit dessus : I am a monster. I am proud.

- Je chante depuis toujours je crois… Euh… Pour ma sœur, pour ma nièce… Euh… Sœur parti en haut et nièce très malade… Crois que c'est elle qui a écrit chanson, moi pas de cerveau donc stupide...Euh… Je chante toujours seul pour ne pas déranger le maître qui essaie de soigner Sandra… Euh… Moi pas belle voix… Euh… Vous belle voix… Euh… Moi ressemble à caverne qui s'effondre...

Je l'écoute constatant que c'est une nouvelle âme en peine qui erre dans ce monde. Une de plus. Encore. Rien ne changera vraiment et de ce que je lis en lui, c'est que le monde n'a pas été sympa envers lui. Pour son physique sans aucun doute, pour son intellect moins sûr. Je ne le pense pas aussi bête qu'il veut bien le prétendre.

« Je suis désolée pour ta famille. » Mon empathie est sincère parce que pour moi, la famille est importante. La mienne se composant d'une mère qui reste dans mon cœur, mais loin de mes yeux et du Drunk Broom même si je ne m'entends pas avec tout le monde. Nous nous soutenons et sommes loyaux les uns envers les autres pour la simple et bonne raison que notre condition est semblable. Rejeté du monde et des gens en général par une différence trop marqué.

« Mais t'as rien d'un monstre. » Je vais m’asseoir sur un tonneau abandonné, robuste et honnêtement, ça peut faire un bon meuble de rangement. Les sangs-pur jettent vraiment tout et n'importe quoi. « Tu as une belle voix. » Affirmais-je à nouveau. « On ne contredit pas l'artiste. » Je lui fais un clin d’œil. « Et moi, je ressemble à quoi ? Sans doute à un insecte qui se faufile dans la caverne pour y trouver un habitat sécuritaire. » Je le regarde. « Oublie ce que je viens de dire, c'est stupide. » Je lui souris. « Alors, comment tu t'appelles ? Moi, c'est Tyméria. Oui, c'est assez étonnant comme prénom et y a que moi qui le porte. Ma mère l'a complètement inventé, elle a aimé sa sonorité particulière. »

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MessageSujet: Re: Les premiers balbutiements…   Sam 8 Déc - 23:09

Les premiers balbutiements…
LAvant que la pauvre créature cauchemardesque n’ait pu esquiver une réponse potable dans son esprit lent à souhait, la divine apparition parla tout en essayant de mieux discerner la laideur excessive de la Bête.

Ange- Mon ami. Nous sommes tous des monstres à notre manière. On peut avoir l'apparence la plus agréable qui soit et être un monstre à l'intérieur. Ou tout au contraire avoir un physique peut avenant, mais possédé une être lumineuse. Personnellement, je me situe dans la première catégorie et j'en suis plutôt fière. En résumé, entre toi et moi, le monstre ici, c'est moi.

Un soupir de résignation s’échappa des lèvres exsangues de l’homme difforme. Une voix pâle, peu habituer de parler si ouvertement, s’échappa rauquement de sa gorge caverneuse.

Adam- Euh… Je ne crois pas. Mais si tout le monde le dit et qu’ils sont plus intelligents que moi, c’est vrai non? Euh… Ça fait si longtemps qu'on le dit alors... Euh… Non je ne crois pas vous monstre… Euh… regard gentil et sourire alors que tous essaie juste de faire du mal…

Le monstre de foire parla avec empathie et douceur, laissant son regard océanique si pur et débordant de candeur plonger vers le sol débordant de détritus. Voilà ce qu’il était en fait un déchet de la magie perverse et de l’humanité toute entière. Mais le sourire de l’ange descendu des cieux qui perdait son temps avec la lie de la société était aussi lumineux que mille soleils. Un coin de paradis pour l’être habituer aux grimaces de dégoûts et au venin des paroles dégouter.

Ange- Je suis désolée pour ta famille. Mais t'as rien d'un monstre. Tu as une belle voix. On ne contredit pas l'artiste. Et moi, je ressemble à quoi ? Sans doute à un insecte qui se faufile dans la caverne pour y trouver un habitat sécuritaire. Oublie ce que je viens de dire, c'est stupide. Alors, comment tu t'appelles ? Moi, c'est Tyméria. Oui, c'est assez étonnant comme prénom et y a que moi qui le porte. Ma mère l'a complètement inventé, elle a aimé sa sonorité particulière.

Le géant balafré par une multitude de stigmates fait par la magie transmutatrice et la violence fut accrochée totalement aux lèvres pleines de l’ange à la chevelure bleuté comme un ciel d’été sans nuage. De la sollicitude et de la bonté avaient remplacé l’amalgame de sentiments négatifs qui torturaient le cœur du géant. Ce cœur immense qui fut mis en charpie plus qu’une fois dans la vie de l’ancien mineur à la silhouette atypique. Il ne pouvait pas croire que la dame à l’aura si pure voulait rester à proximité de lui, de supporter son ignoble présence. Elle esquiva un sourire merveilleux, ce genre de geste qui pouvait ensoleiller une journée pluvieuse et morne à souhait. Une main audacieuse de sa part, semblable à de la soie la plus pure, glissa sur son avant-bras couvert d’irréalités à cause des muscles disproportionnés et des scarifications d’une vie de lutte. Mais le doute se dévoila quelque peu sur le visage de l’ange et l’esquisse de sourire de la gargouille à peine sculpté disparu à la seconde. Il se demandait tout simplement si c’était un rêve ou bien un ange, réel et véritable, qui venait apporter un peu de chaleur humaine au géant torturé et rejeté de tous. Mais un doux regard compatissant et assurant permit à la monstruosité de se ressaisir et de plonger dans un des rares souvenirs qu’il chérit comme la prunelle de ses yeux.

À ce moment le regard océanique du monstre de foire devint nostalgique et un mince sourire embellit quelque peu le faciès monstrueux camouflé dans l’ombre. Tel un animal au caractère doux, mais qui a été battu par son ancien propriétaire, Adam fit un pas hésitant vers la source lumineuse que représentait l’apparition. Un peu comme un papillon de nuit aux allures grotesques qui s’avance avec crainte vers la beauté absolue de la flamme d’une bougie solitaire, hypnotisé par sa fin prochaine. Un autre pas gauche et hésitant du mineur l’emmena alors près de la démarcation de la clarté des astres du ciel et l’obscurité de sa pitoyable cachette. Prenant un instant pour permettre à son esprit lent de bien décortiquer le flot de paroles de la bonté réincarné, l’erreur de la nature avala sa salive. Son ton lent et trainant, aux mots à peine mâcher franchit alors les lèvres exsangues de la chose. Le regard qui scintillait au tréfonds du visage aux traits durs du massif homme n’était que pluie d’étoiles qu’on pouvait nommer sympathie, bonté, gentillesse et tendresse.

Adam- D’accord… Euh... Si ça vous dérange pas trop de perdre du temps avec le monstre... Euh… Le Maître m’a appelé Adam… Euh… raconte un truc d’un livre et rigoler premier humain… Euh… Pas tout compris.

Essayant de se rappeler du nom de la dame à l’aura aveuglante de compassion, le monstre s’enfourcha la langue comme à son habitude. Les joues du géant piquèrent un fard lorsqu’il se décida de s’avancer complètement dans la lumière. Les cicatrices ornant la chaire dénudée de ses bras criaient les sévices et les préjugés que la bête avait dû endurer durant la totalité de sa vie.

Adam- Madame… Euh… Je me souviens plus de votre prénom… Euh... pas bon cerveau plein de trou dedans… Euh…

Un sourire sincère s’afficha alors complètement sur le visage épanoui du sosie du monstre de Frankenstein. Le mastodonte éprouva un bien-être et une sécurité à cet instant qu’il n’avait jamais eu avec aucun étranger avant Tyméria . Devant l’innocence et la pureté de ce sourire, les gens auraient surement oublié l’ignoble apparence de la chose déformée. Les mots qui sortirent alors de la bouche aux dents mal alignées du monstre venaient directement du cœur, n’ayant pas pris la peine d’être consultés par l’esprit.

Adam- Merci madame pour les beaux mots… Euh… Jamais entendu ça avant… Euh…

Regardant la douce dame s’assoir et l’être si timide et doux posa son arrière-train digne d’un éléphant sur le sol froid de la ruelle. En tremblant il tendit à l’être céleste un morceau de délice sucré. Ensuite le monstre de foire fit un geste que peu de gens auraient réalisé. Il cassa de nouveau le morceau en trois parts. Il en mangea une, la seconde il la plaça dans un petit mouchoir qu’il sortit de sa poche et timidement il redonna le dernier morceau de la barre à l’ange à la chevelure bleuté.

Adam- Merci madame… Euh… J’en garde pour une autre personne qui aura faim … Euh… Il y en a beaucoup par ici… Euh… Des enfants comme ma…

Le dernier mot refusa à cet instant de franchirent l’espace des lèvres qui venaient de se souder hermétiquement. De l’horreur pure venait d’éteindre la pureté des yeux du mineur et une tristesse affligeante tomba subitement sur ses larges épaules. Le regard dans la vague, Adam fut le seul qui put voir de nouveau la scène horrible qui fut le théâtre mortel d’une de ses anges. Les yeux grands ouverts de sa sœur, figés dans la mort et accusateur. Les plaies horribles qui parcouraient le corps de la femme et tout ce sang qui recouvrait une partie de la pièce et du mobilier. Sa nièce entourée par cette ombre malveillante. Le coma de la petite. Frissonnant d’impuissance, un bruit mat vient alors à la rescousse de l’âme en perdition du colosse. Ramener brutalement dans ce présent sans pitié, ce moment qu’il sut qu’il ne pourrait plus entendre les doux rires de Sandra à part dans son imaginaire, le géant secoua sa tête en forme d’œuf. Sentant poindre des larmes à l’embrasure de ses yeux, le mastodonte les écrasa sans pitié de sa main immense et rugueuse. Voyant une échappatoire vers le ciel, le sosie de Frankenstein tourna la tête. Fatalement l’erreur de la nature étant près de la douce dame et Adam fit son possible pour esquiver sa laideur à son regard si pur. Quand une certaine contenance fut regagnée par l’homme au corps impie, le mastodonte put enfin retourner son horrible facies vers le visage si magnifique de l’être céleste. Des piètres mots d’excuse ricochèrent alors dans la bouche immonde de la bête déformée.

Adam- Désolé pour tout à l’heure… Euh… Souvent je me perds dans ma tête. Euh… Tout le monde dit que c’est vide dedans dans mon cas…

Un immense index pointa le crane en forme d’œuf. Essayant de sourire de ce trait ironique fait à sa propre personne, le mastodonte continua avec une douceur et une sollicitude des plus touchantes. Souriant bêtement, respectant une certaine distance entre lui et Juliane, l’homme massif soupira. Il ne voulait en aucun cas corrompre l’aura de gentillesse qui se dégageait de l’ange. L’homme cauchemardesque n’osait pas s’approcher de la perfection en quelque sorte. Mécaniquement, la voix de l’homme brisé continua en essayant de rajouter une autre parole, mais l’image de sa nièce s’interposa à son esprit pathétique. Une grande détresse se peignit alors sur le faciès monstrueux du mineur. Le regard océanique de la chose se ternit quelque peu, revoyant une scène effroyable. Le regard de la chose s’humecta alors de rigoles salées. Aussitôt Adam pêcha son mouchoir dans sa poche de chemise. Sans le savoir, la double photo plastifiée s’échappa du compartiment de tissu. Dernier vestige de sa vie d’autrefois. Flottant allègrement dans l’air, le destin voulut que les portraits de souvenirs heureux chutassent près de l’ange. La créature brisée assécha alors la soudaine montée d’eau et se concentra alors sur le visage au trait divin de la femme. La voix faible, à peine un murmure, parvient alors à se faire entendre.

Adam- Je m’excuse mes anges… Euh… J’aurais dû être avec vous… Euh…

Photo de Rosalie et Sandra

Photo de Sandra peu de temps avant son coma



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MessageSujet: Re: Les premiers balbutiements…   Ven 14 Déc - 9:17



 Les premiers balbutiements
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- Euh… Je ne crois pas. Mais si tout le monde le dit et qu’ils sont plus intelligents que moi, c’est vrai non? Euh… Ça fait si longtemps qu'on le dit alors... Euh… Non je ne crois pas vous monstre… Euh… regard gentil et sourire alors que tous essaie juste de faire du mal…

« Ce ne sont pas les plus intelligents qui ont raison la plupart du temps. » N'ai-je pu m'empêcher de dire. Il y aura toujours quelqu'un de cet acabit pour entraîner d'autre dans un raisonnement faussé. On me pensait continuellement un danger d'où la raison de mon renvoi de Poudlard. Cependant, je ne l'être qu'une fois par mois lors de la nuit de lune pleine. Mais la méchanceté et les humiliations continuellement vécues dans mon passé m'ont rendu amère à tout, sans doute, parfois confiné derrière un bouclier de méchanceté sauf peut-être envers ceux qui sont comme moi. Différent et rejeté de la société pour des raisons stupides. C'est pour ça que j'aime la compagnie rafraîchissante et humaine de cet être assis à mes côtés à même le sol. Je me sens un peu comme une reine des rues sur un tonneau faisant office d'un trône humble et simple. Dans le monde des moldus, j'appartiens à une famille importante, un clan aussi vieux que le monde, si je peux m'exprimer de la sorte. « Y en a qui font des années d'études et restent cons au quotidien. Et crois-moi, chez les sorciers et particulièrement au Ministère, on en trouve. Y a qu'à se baisser pour les ramasser. »

Je ne suis que peu objective dans mon raisonnement. Sans doute, y a-t-il des exceptions, mais je ne les ai pas rencontrés et puis, nous les monstres de la société sorcière, on se méfie de ces derniers. Une descente d'aurors n'est jamais très bien vu. Il y a toujours anguille sous roche. Les plus salopards d'entre eux cherchent une petite erreur pour nous enfermer à Azkaban. Nous tuer en affirmant que c'était pas pure défense. Les créatures que nous sommes nous nous révolteront un jour et ce sera violent. Après tout, nous sommes le fruit de leur radicalisation. Au lieu de nous comprendre et de nous accepter, s'arranger avec notre nature, ils préfèrent nous délaisser. Aussi proche, aurions-nous pu l'être, nous sommes radicalement opposé à l'autre désormais. Je voyais ma vie dans le Ministère de la Magie pour la préservation des créatures fantastique, fasciné littéralement par eux. Mais on m'a tout pris, arraché, brisé, tué ce rêve avant même qu'il ne débute réellement.

D'un sujet, nous dévions sur quelque chose de plus fragile qu'est la famille. Je ne peux qu'être désolé pour lui comprenant sa douleur pour moi-même être en manque de ma mère. Je me suis éloignée d'elle pour la préserver d'un danger que je peux être pour elle. De la peur que celle-ci me rejette. Je ne lui en voudrais pas même si je m'en retrouverais blessée. Moldu, il lui serait difficile de savoir comment faire avec une évidence sombre, une vérité que j'affronte au quotidien. Vérité que j'accepte autant que je rejette quand la pleine lune s'annonce et que mon comportement change ou quand la fin de cet épisode se fait me rendant faible et épuisé durant plusieurs jours avec l'envie de me morfondre dans mon lit à dormir encore et encore.

- D’accord… Euh... Si ça vous dérange pas trop de perdre du temps avec le monstre... Euh… Le Maître m’a appelé Adam… Euh… raconte un truc d’un livre et rigoler premier humain… Euh… Pas tout compris.

« Adam ? » Fis-je en posant mon regard sur lui, c'est étrange comme il peut être subjugué par le simple fait que je sois là. Assis à côté de lui sans éprouver de la peur ou du dégoût. Franchement, cela serait malvenu de ma part si j'osais ressentir une telle émotion à son encontre. Nous sommes faits du même malheur. Victime d'un destin vicieux et dont le côté comique n'est compris que par ce dernier. Je hausse les épaules. « J'ai tout mon temps. Personne ne m'attend. » Je fais ma vie comme il me plaît. Et en toute honnêteté, j'apprécie ce côté libérateur que m'offre ma nature de loup-garou, se foutant des règles, vivant pour soi à l'allure de cette chasse libératrice. Oui, ce mot revient souvent, mais c'est ce que m'inspire le loup. Il est autant heureux dans sa solitude que entouré. Personnellement, je ne me sens pas attirée par la perspective d'appartenir à une meute, j'aime la famille qui m'entoure au Drunk Broom. J'y ai trouvé un équilibre qui me convient parfaitement. « Oui... Adam est le premier homme créé par Dieu chez les moldus. Ton maître s'est moqué de la croyance des moldus. » Est-ce si amusant de nommer un monstre ainsi ? Je ne trouve pas tout autant que je trouve que pour un monstre, il soit si doux et humain. Quand je dis monstre et que je le pense, il faut être fier. Car de ma bouche, cela ne sera jamais une insulte. Moi-même, je me considère ainsi avec une fierté qui se lit sur tous les pores de ma peau.

- Merci madame pour les beaux mots… Euh… Jamais entendu ça avant… Euh…

« Des beaux mots ? » Je le regarde un peu surprise parce que je me suis un peu perdue dans ma petite tête. « Oh... Et bien, c'est parce que tu fais parti des chanceux monstres hyper cool comme moi. Sinon j'aurais été moins sympa, plus peste et acerbe dans mes paroles. » Le commun sorcier, je m'en méfie, on ne sait jamais comment ils réagiront envers moi.

Le loup-garou fait peur.
Le loup-garou n'a pas sa place dans la société.
Le loup-garou n'a le droit à rien, il peut respirer, mais loin d'eux.

Je ne suis guère la seule créature dans cette catégorie. Nous sommes si nombreux à être incompris. Trop selon moi.

Mon regard se tourne vers le ciel étoilé et ce croissant de lune qui me passionne. Plus encore depuis que je suis devenue loup-garou. De toute façon, j'en ai toujours aimé le symbole. Comme l'évidence de ce que sera ma vie plus tard emplit de magie, mais de cette situation. Ceci dit, je reste fière malgré tout. Quand je vois sa main tremblante du coin de l’œil. Cette main est immense, honnêtement, je ne voudrais pas me prendre une baffe de sa part, je risque d'être dans le coma durant un bout de temps. Je ris intérieurement en imaginant quelqu'un qui parvient à le faire sortir de ces gonds.

« Du chocolat ? » Je le prends le mettant en bouche fondant sous la saveur qui fond sur ma langue. « Du chocolat au nougat... J'y crois pas. Merci Adam. »

- Merci madame… Euh… J’en garde pour une autre personne qui aura faim … Euh… Il y en a beaucoup par ici… Euh… Des enfants comme ma…

Je lui souris tapotant gentiment sa tête pour le réconforter même si j'ai l'impression de tapoter un pauvre animal rejeté par ceux qui croise son regard, un peu comme un animal fantastique incompris.

- Désolé pour tout à l’heure… Euh… Souvent je me perds dans ma tête. Euh… Tout le monde dit que c’est vide dedans dans mon cas…

« Aucun problème ça m'arrive aussi. » J'appuie mon dos contre le mur et je l'observe du coin de l’œil. « Si tu t'y perds, c'est que ce n'est pas aussi vide que ça. » Déclarais-je simplement. « Faut que t'arrête d'écouter les mauvaises langues mon ami. Y aura toujours quelqu'un pour être méchant et ces paroles ne sont que des stupidités et des mensonges. »

La suite me déboussola un peu. Sa détresse est si palpable que je la sens voler jusqu'à moi. Depuis que cette nouvelle nature s'est offerte à moi, les émotions sont devenues des parfums qui différent des uns et des autres. La tristesse n'est pas l'un de mes préférés, mais je fais avec parce que le monde est plus assailli par ce sentiment qu'on peut le croire.

La photo qui tombe de sa poche pour se poser au pied du tonneau sur lequel je suis perché attire mon attention. Je repose mes pieds au sol pour la ramasser et vis deux vies heureuses souriant au monde comme si rien ne pouvait leur arriver. J'ai l'impression de reconnaître ma mère et moi. Nous étions ainsi, fortes et constamment positive pour ne pas faillir.

- Je m’excuse mes anges… Euh… J’aurais dû être avec vous… Euh…

Mes yeux se posent sur le corps courbé par le poids de la culpabilité de ce pauvre homme. Doucement, je le rejoins m'agenouillant face à lui. Clairement, je ne suis pas impressionné par son visage, dans le sens d'avoir peur. Il n'y a pas pire que ce que je suis ou bien une harpie qui ne peut se retenir face à ce besoin qui la ronge. Oui un besoin de chair qui, personnellement me touche lors des nuits de pleine lune. Prenant sa main de la mienne, je dépose la photo pour qu'elle le réchauffe plus qu'elle ne le blesse sous des visages qui n'appartiennent plus à sa vie pour l'une et l'autre semble se retenir faiblement, si j'ai bien compris.

« Je sais ce que tu ressens. À nature m'a obligé à me tenir loin de ma mère. Elle est moldue et je ne veux pas la mettre en danger. Si elle savait ce qui s'est passé pour moi, elle serait capable de vouloir se venger. Sorcier ou pas, on ne touche pas à son enfant. Elle m'a élevé toute seule, mon père est mort avant ma naissance, avant même de savoir que maman était enceinte. Alors, je connais ta tristesse, mais ne te sens pas fautif. La vie peut être injuste par moment, mais faut faire avec et continuer en faisant en sorte d'honorer les mémoires plutôt que d'attrister leurs mémoires, tu ne penses pas ? » Je prends un de mes mouchoirs que j'ai ensorcela pour qu'il prenne le parfum qui rassure et calme le plus selon les personnes qui le sentent. J'approche le morceau de tissu de son visage et essuie doucement ces larmes. « Avec le temps ça ira. Je ne dis pas que la douleur disparaîtra, mais elle sera moins forte. »

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