AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Saving Remus || UA - Rating M. [flood on] 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
 STAFF.  - bold, honourable, strong-willed

STAFF. - bold, honourable, strong-willed


Messages : 2411
Date d'inscription : 24/04/2016

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Saving Remus || UA - Rating M. [flood on]    Sam 10 Déc - 0:57

Salut à vous les loupiots What a FaceWhat a Face
J'ai décidé de poster Saving Remus - parce que j'sais pas j'ai rien trouvé de mieux à faire Arrow Si vous voulez la suivre sur Fanfiction.net : elle se trouve ici (de même que mon profil avec toutes les fanfictions Wolfstar que j'ai lu et kiffé #GrosseFanGirl)
J'laisse le Flood ON - en gros vous commentez si vous en avez envie :rire::rire: ALLER GO GO GO - et si vous avez des fanfictions, postez-les aussi :3:


Saving Remus
Prologue
« Appelle-nous dès que tu pourras. Coiffe toi correctement, et n'aie pas l'air aussi négligé ! Londres est une grande ville tu dois être confiant sinon les gens ne feront de toi qu'une bouchée. N'oublie pas de toujours rester poli, nous ne sommes pas des sauvages, n'est-ce pas ? Et ne traîne pas trop la nuit, j'ai entendu des choses affreuses. Et — » « Et j'ai vingt-trois ans, M'man. Je devrais pouvoir m'en sortir. »

Sans doute. Mais quand on venait d'une ville comme Gloucester, partir pour Londres c'était comme descendre les montagnes russes en se faisant croire que l'on n'était pas vraiment attaché. Et comment une mère comme Esperance Lupin était censée l'autoriser sans cette mine inquiète, reflétant une angoisse ancrée profondément et qui enserrerait la gorge de son fils jusqu'à la culpabilité si c'était possible. Mais Remus avait pris sa décision – à présent qu'il était diplômé du premier cycle il entendait faire sa vie ailleurs. Il n'y avait pas grand chose pour lui ici – plus maintenant – et il aspirait à la folie pour une fois. Sans doute parce qu'il avait enfin terminé de lire Into the wild et que quelque part il se sentait trop proche (et à la fois bien trop différent) du narrateur pour ne pas en être affecté. Suivre les cours de l'université du Gloucestershire était une chance – sans doute – mais Remus était un élève doué. De fait il espérait pouvoir vivre de l'écriture au lieu d'être simplement un professeur en manque d'inspiration condamné à faire cours à des étudiants qui n'en avaient rien à foutre. Il avait un esprit d'idéaliste, et devait en profiter avant que sa raison naturelle ne vienne lui tordre le ventre d'angoisse et ne lui remette les pieds sur terre.

Pour l'instant il avait l'impression de planer. Ses valises étaient faites, et son père l'attendait dans sa vieille Mercedes cabossée. Il avait acheté la voiture quand il avait eut vingt ans, son permis fraîchement empoché, et n'avait pas pu se résoudre à l'abandonner même si parfois elle décidait de n'en faire qu'à sa tête. Pas qu'il puisse se permettre de la remplacer de toute façon. Sa mère le serrait beaucoup trop, comme pour le convaincre de rester et de ne pas se rendre dans la Capitale pour des raisons infondées selon elle. Mais Remus avait présenté sa candidature pour être admis en second cycle à l'université londonienne. Suivre les séminaires de prestigieux écrivains vivant à la capitale était une perspective assez réjouissante pour qu'il accepte de sacrifier sa vie de fils unique vivant encore chez ses parents. Pas que cela ait toujours été le cas, il avait goûté à la joie de l'indépendance et il en gardait un goût amer.

« Je dois y aller M'Man. Promis, je t'appelle dès que je suis installé. » Promesse au creux de l'oreille de la femme blonde qui essayait de contenir ses larmes laborieusement. A moins qu'elle ne joua de la comédie, reniflant sévèrement alors que des larmes de crocodiles vinrent s'écraser sur ses joues, à moitié retenues par le mouchoir qu'elle passait compulsivement sur son visage. Mais la comédie ne marchera pas cette fois – deux ans auparavant Remus aurait finalement capitulé et promit à sa mère de ne jamais l'abandonner. Mais pas cette fois. Cette fois les choses étaient devenus bien trop insupportables ici.

Alors, sans plus attendre il se saisit de sa valise pour rejoindre son père resté au-dehors. Sa mère sur ses talons, le suivant en laissant échapper des gémissements plaintifs. Levant les yeux au ciel face à un comportement aussi puéril – et pathétique – son père lui lança un sourire compatissant avant de lui ouvrir la portière, l'invitant à s'enfuir le plus vite possible. Alors que la voiture démarrait, il eut l'impression de voir sa mère secouait le mouchoir blanc dans leur direction, à la manière des familles laissées au port au moment des grands voyages. Il avait le sentiment que ce serait son dernier voyage.

Étrangement, si sa mère était parfois excentrique et comédienne, son père semblait toujours savoir comment se comporter avec lui. Le voyage se fit dans une ambiance détendue et apaisante – ils échangèrent quelques mots sur les cours que Remus allaient suivre, et sur le dernier ouvrage qu'ils lisaient tous les deux en même temps – c'était un bon moyen d'avoir toujours un sujet de conversation n'est-ce pas ? – ils parlèrent de Londres que Llyall avait visité lorsqu'il était encore « jeune et fou ». Il y avait rencontré des gens totalement excentriques qui écoutaient de la musique barbare et se trouaient le visage en guise de contestations contre le monde. Remus supposait que la Capitale ne devait pas avoir beaucoup changé en une trentaine d'années.

Ils arrivèrent devant l'immeuble où se trouvait l'appartement de Remus en début d'après-midi. Le jeune homme sentit alors l'angoisse le faire trembler, devant un bâtiment austère et impérial. C'était un des ces immeubles victoriens, réhabilité pour accueillir des logements étudiants – pour les jeunes boursiers que l'université ne pouvait pas ne pas s'offrir du fait de leurs talents évidents. Remus avait envoyé un dossier avec quelque unes de ses critiques et des écrits personnels qui semblaient lui avoir ouverts les portes de cet archipel du savoir. Sortant de la voiture, son père l'aida à sortir ses trois valises de la voiture, et rentrèrent pour trouver l'accueil se situant à l'étage.

« Remus Lupin… Lupin… » - une secrétaire d'une cinquantaine d'année, le regard sévère mais tendre à la fois, regardait sur le registre depuis une bonne minute, laissant à Remus le temps de s'imaginer les scénarios les plus catastrophiques. Et s'il n'avait pas bien compris le courrier de l'université ? Et s'il n'avait pas été accepté finalement ? Et s'il n'avait pas de logement et était condamné à errer dans les rues malfamées de Londres cette nuit ? « Ah ! Vous voici, Remus Lupin, chambre 432. » Soupire apaisé, l'étudiant se sentit soudainement stupide et offrit à la secrétaire – quoi qu'elle s'était présentée comme « la gardienne des lieux » et Remus supposait qu'elle devait être à la fois une sorte de guide, de repère et de garde-fou – un sourire heureux. Elle lui laissa sa clé, et disparut quelques secondes dans une pièce adjacente à son bureau en exigeant que Remus et son père attendent un instant. C'est accompagnée d'une jeune femme de l'âge de Remus – aux alentours en tout cas – rousse, avec des taches de rousseurs sur les joues et le nez, le regard brillant d'un vert émeraude et un sourire rassurant sur les lèvres que la Gardienne revint finalement. « Je vous présente Lily Evans, du comité d'accueil de l'université. Elle vous montrera votre chambre, Remus, et vous fera une visite de l'immeuble. Monsieur Lupin, ce fut une joie de vous rencontrer. » Assura-t-elle en serrant la main de Llyall Lupin, puis de Remus avant de faire un geste assez éloquent, leur affirmant qu'ils n'étaient plus les bienvenus ici.

« Ne fais pas attention à McGonagall, elle a l'air sévère et un peu expéditive, mais c'est quelqu'un de confiance. » Assura la dénommée Lily alors qu'ils sortaient du bureau. Rapidement ils s'en furent dans les étages, l'ascenseur était – évidemment – en panne, pour rejoindre le quatrième étage et l'appartement dédié à Remus. Il y avait quatre appartements sur le pallier – « Ma chambre est en face de la tienne. Là c'est celle de Marlène McKinnon, mais elle est rarement là. Tout comme Peter Pettigrow ; il est sympa Peter, je pense que tu devrais l'apprécier. Je ne connais personne qui ne l'apprécie pas de toute façon. » Lily parlait avec jovialité et chaleur, et Remus se disait qu'il l'appréciait déjà. Il nota mentalement les noms de ses voisins de pallier, et se tourna finalement vers le numéro 432. « Ta chambre du coup. Je te laisse t'installer, je repasserai plus tard. Ou tu sais quoi, tu n'auras qu'à venir sonner à ma porte ! » « Lily ? strangulot ça fait des heures que tu es partie, tu viens ? » L'étudiante tourna un regard faussement exaspéré vers sa porte qui venait de s'ouvrir sur un garçon à moitié nu, les cheveux tombant dans tous les sens sans la moindre logique, et un air boudeur sur les lèvres. « McGonagall voulait que j'accueille Remus, James. Fais preuve de patience et de politesse pour une fois, et vient dire « bonjour » » « Bonjour. Tu viens maintenant. » Soupire exaspéré, avant que Lily ne reporte son attention sur Remus, pas le moins du monde bouleversé par le comportement pour le moins désobligeant et puéril de ce James. « Viens taper à la porte. Je te ferai visiter. »

Acquiesçant lentement Remus la regarda alors partir pour rejoindre son appartement avant de faire un geste vers elle – « Lily ! » - elle se tourna surprise. « Merci. » Stupide. Il se sentait profondément stupide, et elle semblait penser la même chose, restant un instant sceptique avant de finalement partir dans un rire cristallin et lui assurer que c'était son rôle après tout. Et que c'était sympa de te connaître – c'était bien une de ces phrases de jeunes que Remus avait du mal à adopter. Il avait le sentiment que lorsque lui sortait quelque chose comme « C'est sympa de te connaître » ou « T'es okay comme gars » ça sonnait faux. Il devrait sans doute s'y faire à présent. C'était une part inhérente de sa vie londonienne.

Il découvrit alors ce qui serait son appartement, sa chambre, son lieu de vie pour à présent. Une pièce unique, avec une salle de bain dans un coin où tenait tout juste une douche enveloppant toute la pièce dont le cabinet et le lavabo. Quelques rangements sommaires, un canapé convertible, une plaque chauffante et un frigo minuscule. Et une fenêtre ouvrant sur les rues agitées de Londres qui laissait percer un bourdonnement qu'il devinait être constant. Parfait. Absolument parfait. Il passa les deux heures suivantes à défaire ses valises – rangea ses quelques vêtement, entassa ses livres à même le sol, et ses quelques affaires de cours sur une table bancale dans un coin de la pièce. Il était chez lui – le début du voyage. Son père finit par lui faire ses « adieux » avec bien moins d'effusions que sa mère, lui conseillant seulement de prendre soin de lui. Une dernière étreinte, et il se retrouvait seul, le cœur battant.

L'impression de vide et le vertige le saisirent, il resta pantelant durant plusieurs minutes au milieu de cette pièce à la fois vide et déjà remplie ; à la fois étriquée et immense pour lui seul. Il inspira profondément, le cœur battant, et cette angoisse tournant dans sa tête : « Merlin qu'est-ce que je fiche ici ? » Il alla vers la fenêtre, mais la foule en bas semblait immense, entassée sur le trottoir bien trop étroit. Et les voitures roulaient follement, bien qu'elles fussent trop nombreuses sur la route. Les coups de klaxons et les insultes lancées lui arrivèrent violemment, et il grimaça, reculant pour retrouver un semblant d'apaisement dans une pièce qu'il devait considérer comme un « chez lui ». Il était presque sept heures, et il se demandait si c'était une heure assez convenable pour prendre Lily au mot et allait frapper à sa porte. Finalement le sentiment d'oppression était bien trop grand, et il ne tint plus – il sortit de la pièce presque en courant pour se retrouver face à Lily et « James » qui sortaient justement de chez cette dernière. Ils étaient accompagnés d'une jeune femme blonde au regard perçant qui jugeait Remus avec stupeur – avant de lui offrir un immense sourire et de venir l'étreindre :
« Tu dois être Remus c'est cela ? Je suis Marlène McKinnon, Lily m'a annoncé ton arrivée. Bienvenue à Londres. »

Bienvenue à Londres – il n'en était pas si sûr. Pour l'heure. « Nous allions sortir au Hogwarts – tu dois venir au Hogwarts. Prends tes affaires, on t'attend, et ce n'est pas une question, c'est un ordre. » Marlène n'était pas le genre de personne qui acceptait qu'on lui dise facilement « non » et Remus n'avait pas à cœur de tenter l'expérience. Opinant il retourna prendre son porte feuille qu'il glissa dans la poche de son jean, et ses clés. Il ne chercha pas à savoir si sa tenue était adéquate – qu'en avait-il à faire à Londres où tout le monde faisait bien ce qu'il voulait concernant la mode et la manière de se comporter – et rejoignit finalement le petit groupe.

Ils descendirent rapidement les escaliers pour rejoindre la rue – elle était moins impressionnante à présent peut être parce que Remus n'avait pas le sentiment d'être aussi seul et démuni. Il était à Londres – pauvre fou – et il sentait déjà l'angoisse garder ses pieds sur terre. « Remus ? Un prénom original. » Le commentaire le fit sortir de ses rêveries, et il se rendit compte qu'il suivait machinalement les autres jusqu'à ce qu'ils soient rejoint par deux autres personnes : l'un était un garçon plutôt petit, au visage rond et candide et au regard rieur. Remus pensa que ce pouvait être Peter – ou en tout cas que si Peter était tant apprécié c'est qu'il devait ressembler à cela. A côté de lui, un homme de la taille de Remus, au corps aussi musclé que James mais il avait une telle prestance que Remus sentit une gêne lui tirailler le ventre. Il leva son regard jusqu'à croiser les orbes grises lumineuses, et un sourire moqueur. « Et Sirius on en parle ? » - la voix de Marlène s'éleva dans le groupe, fit s'esclaffer le dénommer Sirius qui s'approcha de Remus pour lui tendre une main immense aux doigts fins. Le geste semblait si aérien et gracieux que Remus se sentait presque gauche : « Sirius Black, enchanté. » « Remus Lupin. » Ils se sourirent mutuellement avant que leurs mains ne se séparent et que Sirius n'aboie un rire joyeux : « Bienvenue à Londres, Remus Lupin. »

Suivant le groupe dans les rues de Londres, Remus se mit alors à penser à ce livre aux pages jaunies et à la tranche déchirée qui se trouvait sur son canapé convertible, et ces phrases qui avaient motivé cette folie douce : « Je pense que tu devrais radicalement changer ton style de vie et te mettre à faire courageusement des choses que tu n'aurais jamais pensé faire, ou que tu as trop hésité à essayer. » Oui, Bienvenue à Londres, Remus. Profites en, ce voyage sera ton dernier.

maraudeurs era (art'n'stick)  

_________________

you see all my lights and love all my dark
wolfstar



That's all about me:
 

Revenir en haut Aller en bas
avatar
 STAFF. - ambition, cunning, adaptable

STAFF. - ambition, cunning, adaptable


Messages : 684
Date d'inscription : 01/08/2016

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: Saving Remus || UA - Rating M. [flood on]    Sam 14 Jan - 19:41

NON J'avais pas oublié :zad:Arrow
n'hésitez pas à commenter :uhu:


Saving Remus
Chapitre 1

Lorsque nous sommes revenus de cette première soirée, je savais que cela deviendrait rapidement une habitude. Étrangement, alors même qu'ils ne savaient pas grand chose de moi (pour ne pas dire rien du tout) ils m'avaient déjà adopté, m'incluant dans leur vie comme si j'en avais toujours fait parti. Pour ma part je restais silencieux la majorité du temps, acceptant les verres qu'ils me servaient sans savoir vraiment comme avoir l'air cool et branché – je me contentais en général de répondre « je prendrais comme toi » lorsqu'on me demandait ce qui me ferait plaisir, et de contenir les grimaces de dégoût lorsque l'alcool acre et amer me tordait le ventre. Je ne pense pas que l'un d'entre eux s'en soit rendu compte. Le Hogwarts était assurément l'endroit le plus chaleureux que je n'avais jamais vu, et j'y retournais assez souvent par la suite. Tous les soirs, comme Lily l'avait prédit, l'immeuble devenait assez calme parce que Marlène et Peter étaient souvent dehors. Pour sa part, si elle n'était pas enfermée dans son appartement avec James, Lily prenait le temps de venir me voir pour me parler un peu de la vie londonienne et des cours que nous suivions ensemble. Par la suite, elle glissa quelques mots sur ses amis, et je l'écoutais avec politesse. J'apprenais les noms de chacun : James Potter, Peter Pettigrow, Marlène McKinnon et Sirius Black. Ils formaient un clan assez uni. De ce que j'en avais compris, James et Sirius se connaissaient depuis la première année de lycée. Ils avaient suivi les mêmes cours dans un établissement privé du Nord de la ville, et étaient rapidement devenus inséparables. Peter s'y trouvait aussi, mais il avait fallu attendre deux ans avant que le duo ne le repère. Quant à Marlène, elle était l'ex-petite amie de James, avant de devenir celle de Sirius, et se trouvait être la meilleure amie de Lily – elle était un électron libre qui ne semblait pas capable de s'arrêter sur quiconque. Et Lily Evans les avait tous rencontrés lorsqu'elle était arrivée à l'université de Londres.

Les brides d'informations que j'obtenais à mesure des sorties et des conversations formaient un tableau encore flou pour moi. J'essayais d'en comprendre tous les tenants et les aboutissants, afin de comprendre ces êtres qui m'apparaissaient magnifiques et passionnés. Si je restais silencieux c'était pour mieux les observer, et apprendre d'eux. Apprendre ce qu'ils étaient, la manière dont ils pensaient, leur façon de percevoir le monde, la vie, l'avenir. Mais plus j'en apprenais, et plus j'avais le sentiment de manquer quelque chose d'important. Alors que j'avais été habitué à toujours me voir à travers le regard des autres, à ne jamais oublier de les considérer dans la moindre des décisions que je pouvais prendre, eux agissaient sans réfléchir. Rapidement ils eurent à mon égard des gestes et des paroles si impulsives que j'en étais perturbé et je n'ai pas eut le bon sens de les repousser. Lorsque Marlène me prit dans ses bras à notre première rencontre, je ne la repoussais pas alors que ces gestes m'étaient peu familiers. Lorsque James entra chez moi pour venir prendre un couteau la première fois, je me contentais de lui assurer que je n'en avais pas besoin et qu'il pouvait le garder... Lorsque Lily me prit le bras pour m'accompagner en cours, et entama la conversation comme si nous étions amis depuis longtemps, je lui répondais naturellement. Et lorsque Sirius prit l'habitude d'être incroyablement tactile en ma présence, jouant un jeu auquel je n'avais pas pris part depuis des années, je ne le repoussais pas. Je pense même, avec le recul, que je m'y attendais, que je l'espérais, et que pour rien au monde je n'aurais souhaité que ce soit autrement. Pourtant je pense n'avoir rien laissé paraître sur ce que j'étais, et lui ne parlait jamais de « relation » ou de « sentiments » alors que James était bien plus loquace (parfois trop) sur le sujet. Peut être qu'il ne s'agissait pas de cela tout compte fait. Que les sentiments n'avaient rien à voir là-dedans. C'était sans doute le cas, mais alors la raison à tout ceci m'échappait complètement – et quelque part ce n'était pas important. Il m'intriguait, il y avait quelque chose chez lui de troublant, de déroutant. Et je pense pouvoir dire qu'il posait sur moi un regard tout aussi intéressé. On se tournait autour sans cesse, comme étrangers qui se connaissaient par cœur. Je crois que c'est ainsi que notre histoire commença.


Il régnait dans l'amphithéâtre une euphorie étonnante qui faisait sourire Remus comme un parfait idiot. Le cours de l'écrivain John Fowles était attendu de tous – son séminaire sur les « désirs inavoués de l'homme dans la littérature moderne » était sans doute l'un des plus exaltants pour les étudiants de l'université de Londres. Voilà un mois que Remus avait commencé à y étudier, et il commençait à adopter une routine apaisante. L'angoisse et la sensation de vertige devant l'immensité de la capitale le quittaient à mesure qu'il trouvait ses marques et la présence de ses voisins de paliers n'y était pas étrangère. Il s'était considérablement rapproché de Lily avec qui il partageait la majorité de ses cours. Il pouvait profiter de la gentillesse de Peter et de sa maladresse : rapidement il se rendit compte qu'il n'y avait pas une journée sans qu'il ne vienne réclamer quelque chose chez lui (sucre, batteur, assiette et même un verre une fois sans que Remus n'en comprenne vraiment la raison). Marlène, Sirius et James avaient un rôle plus ambigu dans sa nouvelle vie, et il ne savait pas s'il pouvait vraiment les considérer comme des connaissances ou des amis. Peut-être aucun des deux – ils n'étaient pas le genre de personne à accepter la normalité et les « cases » imposées par la société (Marlène lui en avait parlé en ces termes). Remus devrait apprendre à s'y faire, parce que malgré tout il admettait être fasciné par cette jeunesse londonienne, totalement éprise de liberté et de rock'n'roll.

Lily s'installa à côté de lui, un sourire fixé sur les lèvres. Il lui avait gardé la place au milieu de l'amphithéâtre, sachant qu'elle n'aimait pas être dans le fond avec les perturbateurs, mais qu'elle ne supportait pas non plus être au premier rang où elle avait toujours l'impression que les professeurs la fixaient dans l'attente de ses réactions. Sa paranoïa était un trait de caractère attendrissant – Remus était persuadé que les professeurs ne la regardaient pas vraiment et qu'elle supportait assez mal la pression qu'elle se mettait toute seule. Mais il le comprenait, il avait tendance à fonctionner de la même façon. Alors ils se retrouvaient au milieu de la foule, se saluant naturellement et entamant une conversation sur leurs cours communs et leur dernière soirée au Hogwarts. Lily y sortait assez souvent, embarquant Remus quand ce dernier était trop fatigué, stressé ou mélancolique pour se battre. Il appréciait ces soirées, mais il se sentait souvent comme le spectateur, témoin de l'existence de cette jeunesse qui lui était inconnue. Et il en gardait une saveur amère qu'il ne comprenait pas vraiment.

Le début du séminaire le sortit de ses considérations, et il commença à prendre quelques notes – Le désir est inhérent à tout mouvement de l'univers. Il est à l'origine même de notre monde. Après tout, nous pouvons considérer le mouvement des planètes comme un ballet, un couple dansant un tango séduisant et passionné. Face à face, les deux corps s'attirent et se repoussent dans un mouvement circulaire et séducteur. Il y a du désir dans toute chose, dans chaque mouvement, dans chacun de nous, dans chaque élément constituant notre univers. Le désir est partout. Remus entendait le grattement des stylos sur les feuilles autour de lui, un silence presque religieux ayant à présent envahi la pièce. Seule la voix fluide de l'écrivain s'élevait à la manière d'un écho lointain, parlant à chacun d'eux, touchant chaque vie présente dans l'amphithéâtre surpeuplé. Remus faisait parti de ce tout, être désirant et pensant – et son but était de faire la part des choses entre ce qu'il pouvait faire, ce qu'il désirait, et ce qu'il voulait.

« C'est amusant. »Grave et moqueuse, la voix légèrement rocailleuse de Sirius s'éleva à côté de lui. Il se surprit à ne pas avoir remarqué le bellâtre plus tôt – sans doute était-il trop obnubilé par le discours du littéraire pour y faire attention. Peut-être.

« Qu'est-ce qui est amusant ? » demanda-t-il malgré tout, surprit par ce sourire moqueur que Sirius affichait. Il se tenait nonchalamment sur son siège, et à la différence de tous les étudiants présents, il semblait à peine intéressé par les paroles de leur pair et jouait avec un briquet. Il ne semblait avoir aucune feuille ou même un sac avec ses affaires de cours, ni quoi que ce soit qui puisse faire penser qu'il était un étudiant comme les autres. Il arborait un t-shirt à l'effigie des Stones – dont il était un grand fan – et un jean noir troué parfaitement hardcore qui allait de paire avec ses Docs Martens, et ses cheveux noirs tombant en boucles sur ses épaules. Il portait des lunettes de soleil – preuve que la veille il n'avait pas dû dormir énormément et se remettait encore des effets néfastes de l'alcool sur son organisme. Malgré tout, Remus devinait qu'il pourrait le retrouver dans un bar de Londres le soir-même.

« Vois-tu, Remus, je suis persuadé que le désir n'est pas uniquement fait pour nous tenter et pour qu'une part de notre raison nous en interdise l'accès. Beaucoup trop de personne se refuse à être eux-mêmes ou à être heureux parce qu'ils ont simplement peur de ce qu'ils désirent. »

Perplexe, Remus se disait que ce discours était celui d'un enfant capricieux à qui personne n'avait jamais appris à dire « non » ou même à le penser. Quelqu'un qui serait assez fou pour faire ce qu'il voulait quand il le désirait sans se soucier des autres ou de ce qu'il adviendrait. Il se rendit compte que – pour ce qu'il avait pu en voir jusqu'à présent – Sirius était typiquement ce genre de personne. Le genre que lui n'était pas.

« Tu pense que le désir définit ce que nous sommes, Sirius ? C'est peut-être rédhibitoire non… ? Je veux dire, peut être que l'on est nous-même aussi lorsque l'on arrive à combattre nos instincts. N'est-ce pas cela qui fait de nous des êtres humains : notre conscience, notre raison, notre — »

« N'as-tu jamais pensé que nous n'existions que parce que nous agissons selon nos désirs ? Que les plus inavoués étaient justement ceux qui nous représentaient le plus ? Que je suis parce que je désire, que je désire donc je suis, que si je n'étais pas un être désirant alors peut être que je n'aurais plus aucune raison d'agir. N'est-ce pas le désir qui t'a fait tout quitter pour Londres, Remus ? Et à présent ? »

La direction soudainement personnelle de la conversation perturba l'étudiant qui resta silencieux. Il ne réagit pas vraiment quand il sentit le reste de l'assistance se lever pour prendre une pause – ou quelque chose dans ce goût-là – plongé dans les orbes argenté de Sirius Black. Ils s'étaient rapprochés, parlant rapidement dans un murmure où leurs souffles se mêlaient.

Le désir… Remus avait été un être désirant comme tous les jeunes adolescents, et il s'était brûlé. Il avait été consumé par ce désir jusqu'à apprendre ce qu'il advenait de ceux qui se laissaient à leurs plus sombres desseins. Mais maintenant ? Sirius avait raison, c'était un désir passager qui l'avait poussé à arriver à Londres (il leur avait expliqué son attachement à Into The Wild lors d'une soirée quelques jours auparavant) et à présent qu'il y était il lui semblait avoir oublié pourquoi il avait prit cette décision.

« Je — à présent ? » Une lueur joueuse et inquisitrice illumina le regard de Sirius qui se pencha encore pour caresser la joue de Remus de son souffle.

« À présent que désires-tu ? » Il se trouva démuni, incapable de trouver une réponse adéquate – ou plutôt il en avait une qui n'avait peut être pas grand sens pour Sirius.

« Je désire vivre. »

Le silence s'installa entre les deux étudiants qui se jugèrent d'un regard perplexe. Sirius semblait être prit de court par cette réponse, ou ne pas y croire. Il sondait le regard de Remus comme s'il pouvait sonder son âme, et pencha sa tête de côté comme l'aurait fait un chien curieux. La comparaison était parfaitement trouvé, Sirius était parfaitement mignon quand il faisait cela, mettant de côté cette prestance qui le rendait impressionnant le reste du temps, de sorte que personne n'osait l'approcher ne serait-ce que pour lui demander l'heure. Parfois, même Remus n'osait pas lui adresser un mot bien que Sirius n'ait jamais été dédaigneux ou méchant avec lui. Il se sentait mal à l'aise, cependant, sous ce regard brûlant, et eut envie de disparaître. Il finit par baisser le regard et le fixer sur l'estrade où le conférencier répondait à quelques questions d'étudiants venus le rencontrer directement. Lily n'était plus là, et Remus ne savait pas vraiment ce qu'il se passait. Tout ce qu'il sentit, fut le doigt de Sirius qui vint caresser sa joue, et sa bouche près de son oreille :

« Alors qu'est-ce que tu attends ? » - cette fois ce fut à Remus de resté sans voix, et quand il se tourna il se rendit compte que Sirius était parti, laissant derrière lui l'écho de sa voix aux creux de son oreille.

« Tout va bien ? » - la voix cristalline de son amie le sortit de ses pensées, alors que Lily plaçait devant lui un de ces gobelets en plastique marron où un liquide fumant le fit saliver : un thé à la menthe.

« Merci. Oui ne t'en fais pas je…

– Sirius peut parfois se donner des airs de Gatsby le Magnifique. Ne le laisse pas te bouleverser Remus, sinon il n'arrêtera jamais. » Gatbsy – la comparaison était assez bonne, décida-t-il. En effet, Sirius avait cette même aristocratie assumée, sans que Remus n'en comprenne l'origine. Il avait ce mystère l'entourant comme un bouclier face au monde, alors qu'il embrassait le monde à la manière d'un affamé, le dévorant presque d'une voracité sans faille. Il était un être passionné, ne se refusant rien – mais à la manière de Gatsby, il semblait que son réel désir restait cacher de la vue de tous. Que voulait vraiment Sirius Black ? Qu'est-ce que lui désirait plus que tout ? Vivre – il était évident qu'il vivait comme personne, l'instant présent étant la seule chose qui importait dans son existence. Alors quoi ?

Finalement le cours reprit, et Remus laissa derrière lui ses pensés, se concentrant sur les quelques définitions et pistes de réflexions laissées par le maitre-conférencier.

Lily et lui avaient trois heures de cours de Littérature du dix-huitième siècle où ils s'installèrent l'un près de l'autre une fois encore. À la fin de la journée, ils rejoignirent le parc de l'université – un espace vert presque totalement sauvage où les étudiants se réunissaient pour refaire le monde, jouer de la musique ou fumer à outrance. Le soir venu c'était peut-être le lieu de toutes les débauches – mais ce n'était que des rumeurs que Remus n'avait pas eut à cœur de vérifier. Là ils retrouvèrent Sirius et James – ce dernier attira Lily contre lui sans arrêter la conversation avec son vis-à-vis et lui offrit un baiser rapide. Remus les trouvait étrangement assortis : James s'était avéré être un garçon je m'en foutiste et imprudent, avec un quelque chose d'insolent qui souvent n'était qu'une candeur incomprise pour un jeune homme de vingt-quatre ans ; quant à Lily elle semblait être incroyablement mature pour son âge, acceptant les responsabilités avec toute l'angoisse dont elle était pourvue, refusant de laisser les autres sous-entendre qu'elle n'en était pas capable. Le mélange pouvait parfois être explosif, mais Remus avait décrété qu'ils formaient un couple harmonieux.

« Alors, Gatsby, tu as joué les donneurs de leçon avec notre cher Remus ? » Sirius arrêta soudainement d'écouter James pour se tourner vers Lily, avant de tourner son regard sur Remus, arquant un sourcil interrogateur.

« Je n'ai fait que partager mon point de vue. Rien de plus. Gatbsy ? Tu n'as donc pas encore perdu l'idée que j'étais un Gatbsy des temps modernes, Lily ? » Demanda-t-il avec un rire dans la voix qu'il contenait malgré tout. Apparemment ce rapprochement lui semblait ridicule, et Remus ne sut déterminer s'il en était vexé ou non. De son point de vue c'était plutôt bien trouvé, et il ne pouvait plus vraiment s'en défaire. Après tout, Gatsby était un personnage fascinant et lumineux –

« J'ai toujours plutôt pensé à toi comme à un Dorian Gray. Brûlant la vie par les deux bouts, vendant son âme pour une beauté éternelle alors que tu pourris de l'intérieur. » Cette fois la moquerie perçait clairement dans la voix de James qui lançait à son meilleur ami un regard complice.

« Tu es simplement jaloux. Après tout si je suis Gatbsy cela fait de toi Nick Carraway non ?

– Je suis surpris que tu pousses aussi loin la comparaison. Mais contrairement à ce pauvre Nick, je n'ai jamais trouvé que ta manière de vivre était fascinante au point d'en faire un roman.

– Inutile de cacher ta vénération pour ma personne, Jamesie, personne n'est dupe.

– Je te prie de croire que je ne cache rien de la sorte, Votre Majesté. » Les piques, et les répliques devinrent rapidement incohérentes, alors que Remus les observait avec ce silence pensif.

Il était souvent silencieux en leur présence, totalement fasciné par leur manière d'agir les uns envers les autres. Il y avait cette exubérance et cette évidence dans leurs échanges, comme s'ils se connaissaient tous depuis toujours, et qu'ils se comprenaient sans même avoir à dire un seul mot ; ils étaient les jeunes fous d'un roman. Sourire aux lèvres, Remus s'imaginait déjà noircir les lignes d'un cahier pour tenter de faire percevoir cette passion qui les animaient à un lecteur. S'il était capable de faire toucher du doigt une infime part de ce qu'il pouvait ressentir à leur contact, alors il se considérerait comme doué.

« Remus ? » Lily toucha son bras, le faisant sortir de sa rêverie, et il se rendit compte que tous les trois le regardaient. James semblait amusé, Lily inquiète, et Sirius avait cet air détaché et insolent, une cigarette se consumant entre ses lèvres.

« J'étais dans la lune, navré. Que disiez-vous ? » - Sirius se redressa un peu, et passa la cigarette à Lily.

« Nous disions, cher Remus, qu'il était temps pour toi de véritablement embrasser la vie Londonienne. Tu sembles toujours perdu dans tes pensés, ou bien trop silencieux. » - James l'observait à présent avec une gravité qui inquiétait presque Remus. Quand il avait cet air il faisait souvent quelque chose de stupide par la suite.

« Alors, nous avons décidé que ce soir tu viendrais nous rejoindre au Hogwarts – aucune excuse ne sera acceptée. » Assura Lily, avec ce sourire réconfortant qui rassura Remus.

Il avait l'impression de vivre un véritable ascenseur émotionnel quand il était en leur présence, et cette sensation lui donnait le vertige. Comme s'il découvrait ces sensations pour la première fois, les effleurant timidement parce qu'elles faisaient naître chez lui des idées et des pensés qu'il n'avait encore jamais eut. A leur contact, il lui semblait commencer à vivre véritablement, que tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent n'était qu'un écho lointain de la vie qui se jouait maintenant.

C'est ainsi qu'il se retrouva à vingt et une heures, attablé dans un coin du Hogwarts. C'était un bar du centre ville, près de Picadilly Circus, où on pouvait boire des bières sucrées étonnantes, accompagnés de bonbons acidulés. Il y avait toujours une foule dense d'étudiants venus fêter la fin de leur journée ou de leur semaine, désireux d'oublier jusqu'à leurs noms si c'était possible. Il était venu accompagné de Lily – seule – et depuis ils étaient au milieu de la foule qui semblait plus nombreuse encore ce soir sans que Remus ne puisse l'expliquer. Lily avait insisté pour qu'ils soient plutôt proches d'une scène misérablement mise en place près du mur du fond – là où se trouvaient des posters d'anciens groupes venus sans doute dans leur jeunesse jouer dans le bar d'étudiants. Pourtant cette fois il y avait une batterie, des enceintes, une basse, et une guitare électrique, ainsi que deux micros branchés dans un fatras de fils. Regardant autour de lui, Remus ne voyait aucun des autres membres du « groupe » quand lequel il avait réussi à s'incruster. Lily n'était pas plus inquiète que cela, fixant le vide de la scène avec un sourire attendri. Elle en était à son troisième cocktail bleu fluorescent, et s'amusait avec les ombrelles en papier que le serveur lui mettait à chaque fois.

Soudainement le bourdonnement intempestif de la foule ne devint qu'un murmure, alors qu'une silhouette s'avançaient sur la scène – bientôt suivie de trois autres qui prirent place –

« Bonsoir Londres » - la voix de Marlène était grave, jouant sur des intonations séductrices qui fit frissonner Remus et lui tira un sourire extatique. Elle se tenait dans la lumière pourpre, ses cheveux blonds tombant autour de son visage barré d'un maquillage à la David Bowie. Elle portait une robe noire à dentelle incroyablement vulgaire qui ne laissait que peu de place à l'imagination, et des bottes compensés en cuir qui la mettait à la hauteur des trois garçons qui l'entouraient.

« Marauders va vous mettre le feu ce soir » - les sifflements appréciateurs répondirent à sa promesse alors que la guitare électrique entama les premières notes, bien suivi de la batterie, et d'un fond de basse totalement exaltant.

Peut être était-ce les effets de l'alcool, l'influence de la foule, et le mélange entre la voix grave de Marlène et les notes suraiguës jouées par Sirius, mais Remus eut l'impression d'être transporté. Ils ne jouaient pas bien et Marlène ne chantait pas toujours juste, tant et si bien qu'il but quatre bières, et un cocktail de Lily (pour l'empêcher d'être totalement éméchée n'est-ce pas) pendant le concert qui dura une heure tout au plus, afin de supporter la migraine que la musique risquait de lui causer. Il se surprit à un moment à danser un rock parfaitement ridicule au milieu de la piste de danse en compagnie de Lily, de hurler les paroles des chansons connues que le groupe reprenaient sans faire cas de ce que l'on pourrait en penser, et il poussa même le vice jusqu'à fumer une cigarette en compagnie de Lily – puis une seconde, puis une troisième. Emporté dans l'ambiance embrumée, et suffocante du bar, où chacun était transporté par le jeu du groupe de rock, et l'euphorie qui avait court dans le Londres des années 80. La folie de cette jeunesse exaltée s'exprimait librement, et Remus eut l'impression d'y prendre part.

Son cœur battait fortement dans sa poitrine, et dans ses tempes, sur sa nuque des grosses gouttes de sueur perlaient pour s'abattre sur son dos, et il avait les cheveux plaqués sur son front. Il n'avait plus de voix à force de crier les paroles des Stones, des Pink Floyd, et de Queen. Il avait une soif insatiable, et Lily dans ses bras qui riait aux éclats lui semblait la plus merveilleuse des créatures qui soit. Il finit par la serrer contre lui, alors que Marlène remerciait la foule, et lui glissa un « merci » des plus émus qui fit monter les larmes aux yeux de la jeune femme qui embrassa sa joue sans faire cas de la sueur qui y était accumulée. Elle était totalement ivre. Mais sans doute moins que lui.

« Vous avez un groupe de rock. »

Un rire aboyé par Sirius lui répondit, alors que ce dernier lui passa un bras autour des épaules pour le rapprocher de lui. La nuit devait être fraîche, mais l'alcool et les cigarettes qu'il avait fumé donnaient incroyablement chaud à Remus. Et la proximité de son vis-à-vis n'aidait pas à calmer la brûlure de son corps.

« Good job, Sherlock. Quel fin observateur tu fais. » Il foudroya le fourbe Black du regard avant de se recentrer sur James et Lily qui essayaient de suivre la route, se tenant maladroitement l'un contre l'autre.

« Ouais. Depuis quoi ? Trois ans maintenant. C'est genre Marlène qui en a eu l'idée – Madame voulait se la jouer Joan Jett ou un truc du genre. Et comme tu l'as vu c'est dur de lui refuser quoi que ce soit.

– Joan Jett aurait de quoi se pâmer d'admiration sur nous. »

Remus n'en était pas sûr, mais il n'eut pas l'envie d'argumenter sur le sujet. La chanteuse de Runnaway's devait – assurément – être devenu un exemple pour toutes les jeunes filles en manque de sensation forte qui voudraient hurler « I Love Rock'n'Roll » dans un pantalon de cuir, avec un coupe à la garçonne et un chewing-gum toujours coincé entre les dents.

« Ils jouent tous les mois au Hogwarts c'est genre la soirée à ne pas manquer ! T'as vu, c'était génial ! Du délire. Mon James – tu es tellement merveilleux ! » Lily n'avait décidément plus rien de mature à ce moment-là, alors qu'elle tournait le visage de James vers le sien pour l'embrasser de manière outrageuse, sans se soucier d'être contre un lampadaire au milieu de la rue.

Sirius emporta Remus dans son sillage, laissant le couple à l'arrière. Ils étaient suivis de prêt par Marlène et Peter qui étaient dans un état tout aussi lamentable.

« Je t'ai vu tu sais. »

Sa voix ne déraillait pas, ne marquait pas une seule fausse note, semblait être celle d'un homme parfaitement sobre, alors qu'il était glissé sa main de l'épaule à la taille de Remus pour le maintenir dans cette proximité agréable.

« Tu m'as vu ?

– Malgré les projecteurs qu'on avait dans la gueule et la fumée des clopes. Je t'ai vu. Tu dansais avec Lily, un sourire d'extase sur les lèvres, et tu semblais te foutre complètement du reste du monde. »

Remus aurait pu rougir – du plaisir de savoir que Sirius l'avait observé, ou peut être simplement de honte pour avoir agit de la sorte – mais dans son état il se contenta de rire comme si c'était une bonne blague.

Il laissa la remarque en arrière, alors qu'ils montaient les étages les menant jusqu'aux appartements leur appartenant. Une fois là, James et Lily disparurent assez rapidement, ainsi que Peter pour ne laisser sur le pallier qu'un Remus hésitant, une Marlène excitée, et un Sirius étrangement silencieuse.

« Sirius… » La voix traînante de la jeune femme accentuait les voyelles du nom du musicien qui lui fit un geste vague de la main qui voulait sans doute dire « Vas, je te rejoindrais » - boudeuse elle ouvrit la porte de son appartement pour s'y engouffrer et le laissa ouvert derrière elle.

« Et bien, je — Félicitations pour cette soirée, vous avez vraiment… bien joué. »

C'était faux, le groupe était assez horrible à tout bien réfléchir, mais c'était assez à la mode d'être « hard » « grunge » « rock'n'roll » sans pour autant être doué ou travailler vraiment. Malgré tout, ce n'était pas le genre de chose que l'on disait quand on était poli en société. Sirius restant silencieux, Remus décida de rejoindre sa porte, tentant d'y faire entrer la clé pour ouvrir la serrure. Mais sa vue était troublée, et ses doigts tremblaient – c'est une main sûre et chaleureuse qui se posa sur la sienne pour l'aider à atteindre son but. Et le torse de Sirius contre son dos l'enveloppait totalement. Il retient son souffle, arrêtant tout mouvement.

« Je t'ai vu ce soir. Tu n'étais pas seulement cet étudiant un peu gauche et timide qui débarque de la campagne pour rejoindre la grande ville pour se convaincre qu'il en est juste capable. Tu étais toi – soumis à ton envie sans te soucier du reste du monde qui te regardait avec stupeur et envie. Tu as laissé ton désir prendre le dessus, et je sais que tu as vraiment eut ce sentiment violent qui a épris tes membres pour te rendre presque fou. Ose me dire le contraire Remus. Ose me dire que tu ne l'as pas senti. »

Il déglutit difficilement. Sirius avait posé sa tête sur son épaule, et caché son visage dans son cou – une posture intime dont il ne cherchait pas à se défaire.

« Quel sentiment ?

– Me prends pas pour un con, ne joue pas l'innocent.

– J'ai… Je ne sais pas. » Sirius posa un baiser dans son cou, et lâcha un rire jovial.

« Pour une fois tu as laissé le moment présent prendre le dessus, et tu n'as pas simplement vécu l'instant, tu as existé. » Murmura-t-il à son oreille comme un secret évident et à la fois précieux. Mais tout cela n'avait aucun sens n'est-ce pas ?

« Je te l'ai dit – il est temps de vivre, Remus. Ceci n'est qu'un commencement ; bientôt ce sera toi le Magnifique. » Promit le bellâtre en se reculant, rejoignant l'appartement de Marlène en laissant dans son sillage un Remus perdu.

A cause de ce discours incohérent ? A cause de ce baiser qui avait laissé une trace humide dans son cou ? A cause de ce souffle à son oreille ? A cause de cette vérité crue : il s'était senti exister. Il n'avait plus seulement été spectateur de ce monde lumineux, il en avait fait parti, et son corps exaltait encore cette sensation démentielle. Ceci n'est qu'un commencement – la promesse résonnait à ses oreilles alors qu'il entrait chez lui. Il se déshabilla, trouva la force pour se doucher, et se retrouver dans le lit convertible pour trouver le sommeil. Mais avant de sombrer dans les bras de Morphée il se dit que finalement Sirius avait tord : James n'était pas Nick Carraway, le narrateur épris de liberté et de plaisir de Gatbsy le Magnifique ; le jeune Potter était bien trop indépendant, suivant sa propre philosophie pour cela. Mais lui, Remus, était totalement vierge de ce monde qui lui apparaissait comme un Eden terrifiant et fascinant. Et assurément, il était prêt à endosser le rôle, et à laisser Sirius l'initier aux désirs de cette existence magnifique.

maraudeurs era (art'n'stick)  

_________________

all i care about is how you feel
Gotta get away, gotta escape from the daylight. I can see the way painted beneath the moon. Hold on for dear life, until it's all gone, we'll come alive, and set fear on fire. Awaken in the dark with me. We're taking over, feel the rush feel this. Well at least like animals unleash
Revenir en haut Aller en bas
 
Saving Remus || UA - Rating M. [flood on] 
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Haiti: Saving the Environment, Preventing Instability and Conflict
» Halte au flood/HS/provocation/etc.
» [Jeux] Le Steeve Super Flood
» ¤ Dieu du Flood ¤
» (Jeu) Remus Menage à Mahora

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Partie de Bombabouses! :: Pottermania :: Fanarts et Fanfictions-
Sauter vers: